Dossier : Ingrédient caché

Observatoire du sucre

5/4/2018

Le sucre se cache dans de nombreux aliments transformés pour flatter le palais des consommateurs. Résultat: nous en mangeons trop, souvent sans nous en rendre compte. La FRC compare les produits et vous permet de mieux choisir.

05.04.2018 L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) annonce les réductions volontaires du sucre ajouté de la part des fabricants de yogourts et de céréales de petit-déjeuner. Le but final: abaisser la surconsommation de sucre ajouté de 110 g par jour et par personne à 50 g par jour. Les réductions annoncées aujourd’hui sont de 0,2 g en moyenne pour les yogourts et de 1,3 g pour les céréales. Donc une toute petite pincée par rapport à la diminution nécessaire.

Le plus déplorable: les céréales pour enfants restent toujours nettement plus sucrées que les produits pour adultes et la proportion de céréales non sucrées et non édulcorées a globalement diminué.

Ces constats rejoignent les résultats des comparaisons FRC des yogourts et des céréales. C’est une bonne chose que l’OSAV suive de près les engagements volontaires, mais d’autres mesures devraient compléter le tableau pour obtenir l’effet escompté.

Un enjeu de santé

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) le dit clairement: pas plus de 10% de l’énergie avalée chaque jour devrait provenir des sucres libres… Elle fixe même une barre idéale à moins de 5%. Car le sucre favorise non seulement l’obésité, mais également les maladies non transmissibles, les maladies cardiovasculaires, cancers ou diabètes qui tuent trop prématurément. En 2012, 4% de la population suisse était en traitement à cause du diabète et 16% à cause de l’hypertension.

Entre 1850 et 2014, la consommation moyenne de sucres par habitant est par ailleurs passée de 3 à 39kg (Agristat) et notre pays se situe en 13ème position dans le Baromètre global des boissons sucrées, consommant d’avantage de boissons sucrées que 67 pays, dont l’Espagne, l’Autriche et la Pologne.

Action mondiale et suisse

L’OMS alerte les gouvernements, mais leur propose également des solutions, notamment dans sa Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé et la Déclaration de Vienne. Au programme: limiter le marketing des aliments et boissons destinés aux enfants, rendre l’étiquetage nutritionnel efficace, améliorer l’offre alimentaire et taxer les boissons sucrées.

Par la signature d’un mémorandum par Alain Berset et les fabricants alimentaires, la Suisse a misé sur la diminution volontaire des sucres ajoutés. Dix entreprises se sont ainsi engagées à réduire la teneur en sucres de leurs yogourts et céréales de petit déjeuner. Une réduction qui ne concerne donc pas tous les produits sur le marché (voir test FRC).

Deux cantons ont complété cette action par des propositions de taxe nutritionnelle:

Intervenir auprès des fabricants et des autorités

Tous les tests FRC servent à interpeller les fabricants afin qu’ils allègent la dose de sucre, notamment sur les produits qui donnent l’impression de constituer un repas équilibré comme les biscuits aux céréales, les produits pour enfants et les céréales de petit-déjeuner.

Comme l’analyse a montré que les céréales pour enfants contenaient beaucoup plus de sucres cachés que les variantes pour adultes des mêmes fabricants, la FRC a enjoint les entreprises d’abaisser rapidement la teneur en sucres de ces produits ou de les retirer du marché. Habituer les enfants à ces repas trop sucrés, tout en faisant croire aux parents que ces produits leur font du bien, n’est pas normal!

La FRC est également intervenue auprès des autorités suisses et de l’Union européenne afin que les engagements volontaires des entreprises soient réellement efficaces et concernent tous les acteurs du marché.

Réduire sa consommation

Pour appliquer le principe de l’OMS, un adulte «moyen» qui consomme 2000 kcal par jour devrait se limiter à 50g de sucres par jour; 25g lui suffiraient déjà. Les besoins évoluent en fonction de la constitution et de l’activité, évidemment. Ces 50g correspondent à 12,5 morceaux de sucre qui ne sont en principe pas consommés tels quels.

85% des sucres sont ingérés via des aliments transformés dont la composition est décidée par le fabricant (Dictionnaire historique de la Suisse). Les consommateurs peuvent détecter la présence de ces sucres ajoutés dans la liste des ingrédients en cherchant les mots suivants:

  • sucre blanc brun, complet, non raffiné, inverti, de raisin, de fruits…;
  • se terminant en –ose: maltose, glucose, lactose, fructose, glucose, saccharose, galactose, dextrose, lévulose, etc;
  • sirop de malt, orge, maïs, riz, agave, érable, fleur de coco, betterave, fructose-glucose, glucose-fructose, etc;
  • jus concentrés: jus de fruit concentré, concentré de fruit;
  • caramel;
  • malt d’orge;
  • mélasse, miel;
  • également: poudre de petit lait, lait (maigre) en poudre

La déclaration nutritionnelle indique la somme de ces sucres ajoutés. Ils font partie de la grande famille des hydrates de carbone, avec les amidons et autres glucides complexes. Le dépliant de la FRC ou son calculateur nutritionnel  permettent d’évaluer rapidement la teneur dans les aliments composés.

S’il s’agit de lait, de yogourt nature ou de fruits et légumes au naturel, le sucre présent provient naturellement de l’aliment et n’est pas problématique.

Pour aider les consommateurs à choisir, la FRC a également analysé la teneur en sucres de nombreux aliments: goûters préemballés, biscuits aux céréales, boissons sport, céréales pour enfants, müeslis croquants, céréales pour adultes, energy drinks, boissons fruitées, etc.

Devenez membre

Notre association tire sa force de ses membres

  • Vous obtenez l’accès à l’ensemble des prestations FRC
  • Vous recevez notre magazine FRC Mieux choisir
  • Vous pouvez compter sur notre équipe d’experts pour vous défendre
Devenez membre