Dossier : Alimentation

Etiquetage nutritionnel: les fabricants font machine arrière

23/11/2018

Cela pourrait sembler contradictoire: depuis plusieurs années, les organisations de consommateurs militent en faveur de l’étiquetage nutritionnel coloré et maintenant elles applaudissent quand les fabricants mettent un frein à leur projet d’étiquette colorée. La raison: le système des fabricants aurait semé la confusion et trompé les consommateurs.

Les consommateurs souhaitent avoir une déclaration nutritionnelle facile à comprendre sur la face avant des emballages, mais ils ne veulent pas du système biaisé des fabricants. Le sondage de la FRC et de ses collègues alémaniques et tessinois l’a clairement montré.

Ce système avait été développé par les multinationales Coca-Cola, Mondelez, Nestlé, PepsiCo et Unilever qui voulaient mettre leur étiquette sur le marché de plusieurs pays européens dès 2019. Leur logo devait ressembler au système britannique Traffic Light, tout en remplaçant la référence habituelle de 100 g par des portions choisies par les fabricants. Ces portions pouvaient être si petites que même des Smarties (Nestlé) ou des Oreo (Mondelez) n’auraient aucun point rouge et paraîtraient plus sains.

L’importante opposition des organisations de consommateurs suisses et européens contre cette étiquette trompeuse a eu du succès. Pendant que les représentants des consommateurs se réunissaient justement à Bruxelles, les fabricants ont annoncé vouloir arrêter l’introduction prévue du logo sur leurs aliments, mais pas pour les boissons. Nestlé se retire complètement du projet. Il devient alors plus probable de voir se déployer un système unique sur le marché suisse.

La FRC et ses collègues militeront pour l’introduction du Nutri-score, le système préféré lors du sondage. Il évalue l’aliment en entier en tenant compte des nutriments positifs et des autres moins favorables. Le résultat est montré sur une échelle de cinq couleurs associée à des lettres de A à E. Il a été développé par des scientifiques indépendants et il est soutenu par les autorités françaises, belges et maintenant aussi espagnoles… Un exemple à suivre.

Forces et faiblesses

Britannique
Traffic lights
Fabricants
Français
Nutri-score
Evaluation4 catégories, par 100g ou par portion4 catégories, par portion1 note globale, par 100g
Résultats pour les friandisesCouleur finale par calcul objectif en fonction de la teneur en nutrimentsCouleur finale selon la quantité par portion choisie par le fabricant (rouge devient jaune)Couleur finale par calcul objectif en fonction de la teneur en nutriments
ComparaisonOui, dans le cas des 100gNon, les portions sont différentesOui
Composants évaluésNégatifs: Graisses, acides gras saturés, sucres, sel

Positifs:

Négatifs: Graisses, acides gras saturés, sucres, sel

Positifs:

Négatifs: Energie, acides gras saturés, sucres, sel

Positifs: Fibres, protéines, fruits & légumes, légumineuses, fruits à coque

MandataireAutorités britanniquesCoca Cola, Mondelez, Nestlé, PepsiCo, UnileverAutorités françaises

En exemples

La FRC a également imaginé ce que donnerait le Nutri-score sur sa série 2018 d’analyse des étiquettes.

Mieux décrypter les emballages

Problématique

Les consommateurs devraient pouvoir se renseigner facilement sur la qualité nutritive d’un aliment, notamment sa teneur en sucres, graisses et sel. Ces nutriments ont une influence directe sur notre santé. Depuis le 1er mai 2017, la déclaration nutritionnelle est devenue obligatoire en Suisse, avec un délai transitoire de quatre ans. La déclaration nutritionnelle doit bien être indiquée par 100g de denrée afin de permettre la comparaison de produits concurrents.

Toutefois, contrairement à l’Union européenne, il n’est pas obligatoire en Suisse d’informer sur la teneur en sucres d’un aliment, alors que ce composant est l’un des facteurs de risque majeurs du surpoids et des maladies métaboliques dont souffre la population.

Des couleurs pour un choix éclairé

Ces chiffres sont utiles, mais difficiles à évaluer par les personnes non expertes en nutrition. En Europe, deux systèmes d’étiquetage colorés proposent d’aider les consommateurs à voir d’un coup d’œil la qualité nutritionnelle des aliments composés: les feux tricolores britanniques (Traffic Light) qui mettent en évidence la teneur élevée ou basse de quatre nutriments-clés, et le Nutri-score français qui montre sur une échelle de cinq couleurs le résultat global de l’évaluation de plusieurs critères.

Nutri-score: une évaluation globale graduée de tous les nutriments

Traffic Light: des évaluations séparées de quatre nutriments

Le Traffic Light est largement utilisé sur les emballages alimentaires en Grande Bretagne, depuis quelques années déjà. Egalement sur une base volontaire, le Nutri-score a été adopté par le gouvernement français en 2017. Plusieurs fabricants et distributeurs français se sont engagés à l’utiliser dès 2018. Ces deux types d’indicateurs se trouvent sur la face avant des emballages en complément aux informations détaillées sur la face arrière.

Les fabricants proposent leur propre version qui brouille l’info

En 2017, six grands fabricants européens ont commencé à élaborer leur propre système, inspiré du Traffic light. Il est positif que ces entreprises reconnaissent ainsi qu’un étiquetage coloré est supérieur aux “GDA” défendus jusque-là par l’industrie alimentaire. Les problèmes se cachent dans les détails: l’étiquetage proposé est basé sur les portions… décidées par l’industrie elle-même. Une manière de cacher les informations nutritionnelles au lieu de les révéler. Par exemple des céréales pour enfants renfermant un tiers de sucres apparaitront dans ce système-là comme étant neutres pour la santé.

La FRC s’engage pour un étiquetage compréhensible

En 2018, la FRC et ses collègues de l’Alliance des organisations de consommateurs s’engagent en faveur de l’indication du taux de sucres et en faveur de l’étiquetage nutritionnel coloré qui permet aux consommateurs d’évaluer facilement un produit. L’Alliance s’élève contre l’étiquetage nutritionnel des grandes entreprises agroalimentaires européennes et s’engage pour la mise en œuvre du système d’étiquetage nutritionnel qui soit le plus compréhensible pour les consommateurs suisses.

En attendant d’avoir enfin des informations parlantes, les consommateurs helvétiques peuvent évaluer eux-mêmes les valeurs nutritives. Grâce au dépliant de poche ci-dessous ou à notre calculateur.

Télécharger les guides en PDF

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