Alimentation

Un mois, un défi: vivre sans chocolat? À dose homéopathique, alors!

Une série en mode «je» que la FRC partage avec vous sur ses expériences pour changer certaines habitudes. Ce mois: renoncer au sucre.
Alimentation

Archive · 05 août 2022

Photo: FRC

Dans l’équipe FRC, chacun a eu droit à son défi. Le mien, imposé, a été de renoncer à toutes les tentations sucrées, y compris et surtout à mon péché mignon: le chocolat.

Habituellement, je traite la thématique du sucre sous l’angle politique, portant les revendications FRC jusqu’au Parlement fédéral. Déclaration de Milan, Swiss Pledge, mesures destinées à diminuer la teneur en sucre des denrées, réduction drastique du marketing enfants, indication de la teneur en sucres (cachés aussi), je maîtrise. Et je trouve toujours cyniques les personnes qui me parlent de responsabilité individuelle: j’ai expérimenté le manque et je sais pour l’avoir tenté que le changement de régime ne se fait pas sans effort. Mais pour la bonne cause, je renouvelle l’expérience.

En décembre 2021, donc, j’ai démarré une sorte de cure, écœurée de tout le sucre que j’avais ingurgité durant l’automne, ce «moment écureuil» où la nourriture apporte un soutien psychologique renforcé. Au fond, je dois aussi admettre une autre motivation cachée, celle que ma famille s’y mette. Pour la santé de chacun bien sûr, mais tablant également sur le fait que plus on est nombreux, plus on est persévérants.

Version light

Les premiers jours de sevrage, on s’envoyait des messages. Le soir à la maison, on se demandait mutuellement si on avait bien tenu durant la journée. On est partis sur un régime facile: pas de sucre ajouté. Ma foi, le sucre caché, on l’a accepté – et sans rechigner. Le chocolat, j’en ai aussi acheté. Mais il était sans sucre et avec un pourcentage de cacao tellement élevé que je n’en ai mangé que des quantités infimes. Autre largesse, on a instauré de la souplesse pour le week-end: confiture, pain au chocolat ou gâteau sont autorisés. L’entorse a permis de vite mesurer qu’il fallait y aller mollo, le corps s’habituant agréablement à un allègement. Les abus ont d’ailleurs été sanctionnés: gros coup de fatigue et légère nausée. C’est un bon point et un rappel à l’ordre si besoin était.

Le plus difficile pour moi aura été de tenir le coup l’après-midi ou le soir. Il y a eu des moments au bureau où je tournais comme un lion en cage sans ration de chocolat pour accompagner les moments plus exigeants. Le sucre est une substance psychoactive, et la dimension psychologique a eu  son importance. «Si je suis au four et au moulin, que je m’impose un rythme effréné, j’ai bien le droit de m’octroyer une petite douceur!» C’est dans pareils moments qu’on réalise à quel point un apport élevé en énergie est indispensable à la survie pour nos cerveaux reptiliens. Si ce n’est qu’entre-temps l’industrie a fait en sorte de renforcer et cultiver notre dépendance.

Bref, privée de mon «doudou», j’ai passé par la révolte. Puis, petit à petit, j’ai senti d’autres effets nettement plus positifs. Je me suis sentie bien, j’avais davantage d’énergie en journée, j’étais moins soumises à des hauts et des bas, plus légère, d’humeur régulière. En revanche, je n’ai pas observé d’assez près si mon teint s’était éclairci, comme d’autres l’affirment. J’ai aussi agrémenté l’expérience de pas mal de sport, car c’est une bonne manière de réguler l’humeur quand on n’a pas d’alternative.

Combat perpétuel

Je me souviens d’un repas en face d’Ueli Maurer. Les desserts étaient si appétissants que je trouvais vraiment dommage de les sauter. En même temps, je ne devais pas faire d’entorse, pas à ce moment-là, en pleine session parlementaire. Sinon, j’allais en faire d’autres durant ces trois semaines bernoises, c’était écrit d’avance. Sagement, j’ai renoncé. Et de voir que notre ministre des Finances faisait de même m’a mis du baume au cœur.

Six mois plus tard, le frigo familial est à nouveau garni de yogourts au goût de dessert et les armoires de céréales qui croustillent sous leur enrobage. Je tète des frappés vanille, n’oublie jamais mon cappuccino, je me fais des sirops d’orgeat, la tablette trône sur le bureau. Sans chocolat, je ne suis pas complétement moi. Mais si j’ai vaincu deux fois, je vais m’y remettre. Sûrement.

 

Lire aussi Trente jours sans aucun sucre ajouté dans les repas (défi de Camille en 2015)

Défi de sportive, bien plus simple

C’est dans le cadre de la préparation d’une course en montagne que notre juriste Malika s’est interrogée sur sa consommation de sucre. Son défi à elle, la suppression des sucres transformés pendant un mois. Elle raconte:

«Je suis du genre attentive et j’ai pour habitude de lire les petits caractères. C’est mon travail lorsque je scrute les conditions générales, du coup, passer à la loupe tous les produits que je mange n’est pas si différent pour moi! Et bonne nouvelle: il n’y a pas tant de produits à base de sucres transformés dans mon habituel panier, sauf le chocolat, les boissons végétales ou l’alcool. Après deux jours, où le circuit de la récompense m’a joué des tours, j’ai été très étonnée de pouvoir me passer aussi facilement de sucre. L’envie de chocolat en milieu d’après-midi n’était donc pas si irrésistible… Petit à petit, fatigue et «coup de barre de l’après-midi» ont laissé leur place à une meilleure concentration et une appréhension plus sereine des potentielles sources de stress. Clairement dans mon cas, l’appel du sucre relève plus de l’envie que d’un besoin physiologique. C’est probablement cette prise de conscience qui m’a fait survoler ce mois avec facilité… puis permis de me rassurer pour la suite. Je peux m’octroyer un carré de choc ou un verre de vin sans scrupule, ni l’un ni l’autre ne me feront sombrer dans de mauvais travers. J’ai terminé ce défi comme je l’avais commencé, c’est-à-dire sans effort. Mais j’ai gardé l’habitude d’être plus attentive à la composition de ce que j’achète.» Malika Pessard

 

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