Dossier : OGM

Organismes génétiquement modifiés sous surveillance

17/5/2017

Le Conseil d'Etat et le national travaillent sur des modifications de la Loi sur le génie génétique. Les résultats finaux sont attendus pour la session d'été 2017. La FRC suit le dossier.

Derniers développements

17.5.2017: Le Parlement européen s’est opposé au projet de la Commission européenne d’autoriser l’importation de produits dérivés de deux plantes modifiées génétiquement pour résister à certains herbicides:

  • un maïs résistant à la substance 2,4-D qui est soupçonnée d’être perturbateur endocrinien et d’influencer le développement de l’embryon,
  • un coton résistant au glufosinate d’ammonium, classifiée en Union européenne comme substance toxique pour la reproduction.

Les eurodéputés ont exprimés leurs inquiétudes concernant les résidus d’herbicides liés à ces OGM et sur le fait qu’une éventuelle autorisation d’importation encouragerait l’usage de ces substances. Bien que n’étant pas contraignant, le vote clair du Parlement européen (435 contre 216 et 425 contre 230) est encourageant pour les consommateurs européens et suisses.

14.3.2017: Après le National, le Conseil des Etats a accepté la mise en place d’un étiquetage des denrées alimentaires issues d’animaux nourris sans plantes génétiquement modifiées. Un gain de transparence en faveur duquel la FRC travaille depuis cinq ans.

Les consommateurs pourront enfin savoir si la viande, le lait ou les œufs sont issus d’animaux élevés avec ou sans soja ou maïs OGM. La FRC reste attentive à l’intitulé qui figurera sur l’étiquette. Aurons-nous droit à un «gentechfrei» (sans OGM), suivant l’exemple des Allemands, ou une formulation plus précise «nourri sans OGM»?

Cette décision est intervenue deux semaines après une autre décision positive du Conseil des Etats qui a prolongé le moratoire sur les cultures OGM en Suisse jusqu’en 2021. Un autre beau succès pour la FRC qui a précisément défendu ces deux points sous la Coupole, en plaidant toutefois une interdiction définitive.

Les combats de la FRC

  • Un étiquetage clair pour les denrées produites avec ou sans recours à des OGM: en Suisse, les agriculteurs s’engagent volontairement – sans que la loi ne les y obligent – à ne pas nourrir leurs bêtes avec du fourrage génétiquement modifié. Ils ne peuvent en revanche pas étiqueter leur viande comme «produite sans recours à des plantes génétiquement modifiées». A l’inverse, alors que nos voisins nourrissent parfois leurs animaux avec du maïs ou du soja génétiquement modifiés, impossible de le savoir pour le consommateur puisque cela ne figure pas sur l’étiquette.
  • Une agriculture suisse sans génie génétique: la FRC est membre du Comité de l’Alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique (StopOGM). A ce titre, elle suit les développements des nouvelles techniques de manipulation génétique et lutte pour qu’elles ne soient pas autorisées avant que de sérieuses évaluations des risques aient été conduites.

Les grandes étapes

2016

Le débat continue

Le débat concernant la qualification des produits issus de nouvelles techniques de manipulation génétique fait rage. Alors que les risques ne sont pas évalués, les adeptes de ces nouveaux procédés tentent de les faire passer pour de simples techniques de sélection végétale.

Juillet

Après l’avoir prolongé deux fois jusqu’en 2017, le Conseil fédéral annonce une nouvelle prolongation du moratoire jusqu’en 2021. Il laisse toutefois la porte ouverte à une coexistence entre cultures GM et non-GM.

2013

Janvier

Un projet de coexistence entre cultures GM et non-GM est mis en consultation. Il est largement refusé, mais le Conseil fédéral ne l’annoncera qu’en décembre 2015.

2005

Novembre

Le moratoire sur les OGM interdit l’utilisation de plantes, semences ou animaux génétiquement modifiés (GM) par l’agriculture suisse. Il n’interdit toutefois ni la recherche, ni les importations d’OGM destinés à la consommation humaine. Ces derniers doivent toutefois être d’abord autorisés par l’OSAV et mentionnés sur l’étiquette du produit. L’importation d’OGM destinés à l’alimentation animale est également autorisée, même si les éleveurs renoncent à y recourir en Suisse.

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