Agriculture

Des OGM sous couvert de sélection végétale?

La dernière conférence de presse de l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) a le mérite d’avoir lancé le débat nécessaire sur les nouvelles techniques de manipulation génétique (NTMG). La FRC aurait toutefois préféré à cette présentation partiale et orientée un dialogue constructif entre les acteurs de la recherche et la société civile.

Alimentation Agriculture Emballages et étiquetage Enjeux collectifs Transparence

Archive · 20 août 2016

Si la SCNAT présente son "Forum Recherche génétique" comme une plateforme qui "favorise un discours large et neutre sur le génie génétique", sa conférence de presse du 18 août a clairement démontré qu’il n’en est rien. Alors que les nouvelles techniques de manipulation génétique (NTMG) utilisées pour la sélection végétale n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation des risques indépendante, la SCNAT défend leur innocuité et souhaite éviter qu’elles ne tombent sous le coup de la Loi sur le génie génétique (LGG). Car une telle régulation impliquerait que ces techniques soient reconnues comme conduisant à des OGM, signifiant ainsi que les semences ou autres plantes qui en sont issues ne puissent être utilisées par l’agriculture suisse en raison du moratoire. En outre, ces produits devraient être spécifiquement autorisés et étiquetés, ce qu'elle souhaite manifestement éviter.

Arguant dans sa nouvelle "Factsheet" dédiée au sujet que ces techniques sont très précises et que les modifications apportées au génome pourraient tout à fait se produire dans la nature, faisant miroiter une amélioration de la durabilité et un accroissement des rendements de l’agriculture, la SCNAT oublie que ces procédés restent invasifs et présentent des risques qu'il est nécessaire d'évaluer. En l'attente de plus amples connaissances, le principe de précaution doit s'appliquer.

La SCNAT fait également l'impasse sur la nécessité de faire sortir ce débat de la seule arène scientifique pour permettre à des personnes autres que les généticiens de se prononcer. Comme le rappelle l’Alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique – dont la FRC fait partie – cette orientation va à l'encontre de la volonté populaire qui ne souhaite voir d'OGM ni dans les champs, ni dans les assiettes. Ainsi, la FRC et ses alliés comptent bien faire en sorte que des avis plus critiques et nuancés que ceux des chercheurs de la SCNAT soient entendus dans un débat qui concerne autant la recherche scientifique, la politique agricole, la santé publique et l’environnement que l’éthique.

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