Dossier : Santé

Cosmétiques

11/3/2019

La FRC hausse le ton contre les substances indésirables. A l'occasion de ses 60 ans d'existence et autant de combats, l'association a décidé d'en faire un sujet central de son action en 2019.

Les premiers concernés sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’allergies spécifiques. Mais à travers l’«effet cocktail», c’est toute la population qui doit aujourd’hui faire face à des risques de santé inutiles. Une situation d’autant plus scandaleuse qu’il n’existe aucun moyen pour le consommateur de se fier aux allégations présentes sur l’emballage.

La FRC s’engage à proposer une solution pragmatique à travers le lancement de son application, FRC Cosmétiques, mais aussi à faire bouger les choses au niveau politique.

L'application FRC Cosmétiques

Comment ça marche?

Vous scannez le code-barres du produit via l’application sur votre mobile. Vous recevez instantanément l’analyse de la composition du produit. Si le contenu présente des risques pour votre santé, de meilleures options vous sont proposées.

L’application est évolutive et participative.

Si un produit ne se trouve pas dans la base de données, vous le photographiez et il nous est immédiatement envoyé. Notre équipe analysera les composants et complétera la base de données de manière régulière.

Vous trouvez l’application sous le nom FRC Cosmétiques dans votre Apple Store pour les iPhone ou sur Google Play pour Android.


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Le problème

Il existe quatre types de substances à éviter: les agents irritants, les allergènes, les perturbateurs endocriniens et les nanoparticules. Si les molécules présentes dans les cosmétiques vendus en Suisse sont autorisées individuellement, le problème vient d’une exposition cumulée, puisque chacun utilise jusqu’à une dizaine de produits chaque jour et durant toute une vie.

Les substances à éviter

Il convient en outre de poser un cadre restrictif sur les allégations affichées sur les emballages des produits cosmétiques.

En savoir plus avec nos dossiers spécifiques:

Perturbateurs endocriniens

Nanoparticules

Allergènes

L'action de la FRC

La FRC compte mettre la problématique à l’agenda politique en 2019.

La Suisse ne peut pas accuser de retard sur l’Union européenne comme c’est le cas sur d’autres dossiers chauds tels que la LCD (Loi contre la concurrence déloyale) ou le RGPD (Règlement européen sur la protection des données). Il en va de la santé des consommateurs.

L’association demande au Conseil fédéral de s’engager et d’adopter une stratégie nationale de lutte contre les substances indésirables. Elle souhaite s’appuyer sur l’Intergroupe parlementaire latin consommation pour réunir une coalition prête à porter le débat aux Chambres fédérales et à déposer une série d’interventions et de motions sur le sujet.

L'état de la science

Le combat contre les substances indésirables ne peut se mener qu’avec une caution scientifique indiscutable. Si l’«effet cocktail» (ou effet cumulé) est désormais reconnu comme un danger (le premier rapport accablant de l’OMS date de 2013), il s’agit d’identifier au fur et à mesure quelles sont les molécules problématiques en se fiant à l’état de la science. Chaque molécule signalée comme indésirable par la FRC est sur la liste parce que son risque est confirmé par la communauté scientifique.

Ce focus sur la preuve a aussi son prix: il n’y a aujourd’hui pas de consensus scientifique sur des substances problématique telles que les sels d’aluminium ou le dioxyde de titane. Dans l’application, nous projetons une catégorie «substances controversées» pour pallier ce souci sans mélanger risques avérés et soupçons.

Si vous avez raté le début

En 2011, la FRC lance une vaste campagne participative destinée à identifier 17 molécules problématiques dans les cosmétiques, sensibilisant le public et confrontant une première fois les fabricants.

Cette mobilisation de la FRC et de ses membres contribue à faire réagir certaines marques et à la prise de conscience des risques liés à ces substances, en particulier Paraben et Triclosan.

En 2012, l’Union européenne demande d’agir face à l’«effet cocktail», en 2015 elle réduit les concentrations de certains types de Paraben admises dans les cosmétiques et interdit leur usage dans les produits d’hygiène pour enfants de moins de 3 ans.

La FRC poursuit ses tests, dont un premier grand test avec les associations européennes, en ciblant notamment des produits pour enfant ou les gels de douche se proclamant «naturels»…

Depuis, et même si les Paraben ont presque disparu et sont interdits dans les produits pour enfant, les tests se succèdent et démontrent que le problème persiste, parfois avec de nouvelles molécules amenant de nouveaux problèmes. Certaines «stars décriées», telles que le Triclosan, sont même encore visibles dans les étalages.

Aujourd’hui, la FRC estime qu’il n’est plus possible d’agir au cas par cas ni de laisser la responsabilité aux consommateurs d’éviter les substances indésirables. Elle demande une prise de conscience des fabricants et une stratégie nationale.

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