Info : Santé

Quelles substances éviter

Cosmétiques

1.11.2017

Perturbateurs endocriniens, allergènes... Ils sont partout mais on peut au minimum les identifier et en diminuer la consommation.



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Conseil: imprimez recto-verso, ne l’ajustez pas à la page A4, c’est un format de poche, découpez-le et prenez-le avec vous en tout temps!

In italiano: Ecco le sostanze da evitare quando si comprano i cosmetici

 

Les substances et les risques en détail

Ces informations sont le fruit d’une collaboration avec nos collègues français de l’UFC Que choisir. Ils sont classés par ordre d’importance des risques.

BHA (butylated hydroxyanisole)


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Heureusement, le butylated hydroxyanisole, antioxydant plus connu sous le nom de BHA, se fait rare dans les produits cosmétiques. Non seulement il est classé «cancérogène possible» par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), mais il fait partie des substances proposées par la France à la Commission européenne pour une évaluation précise d’urgence de ses propriétés toxiques. Il serait en effet à la fois toxique pour la reproduction et perturbateur endocrinien.Certains produits vendus sans ordonnance ont le statut de médicament (Mitosyl, par ex.). Le BHA est alors nommé Butylhydroxyanisole.

 

Butylparaben, propylparaben, sodium butylparaben, sodium propylparaben, potassium butylparaben, potassium propylparaben


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Ah, les parabens! Que de slogans plus blancs que blancs ont-ils fait fleurir sur les emballages! Se revendiquer comme «sans parabens» semble être devenu le passage obligé pour vendre un cosmétique ou un produit d’hygiène. Quitte à remplacer ces conservateurs par d’autres pas très nets non plus, comme la methylisothiazolinone (lire ci-dessous). En réalité, tous les membres de cette famille ne sont pas à mettre dans le même panier: ceux à courte chaîne, ethylparaben et methylparaben (et les composés qui contiennent ce nom, comme sodium ethylparaben) ont été blanchis par les experts européens. A l’inverse, les plus dangereux (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben) sont interdits depuis 2014. Mais le butylparaben et le propylparaben restent autorisés (ainsi que les ingrédients dont le nom composé accole un de ces mots à «sodium» ou «potassium») alors qu’ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens. Un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir? Ceux qui commencent par P ou B ne sont «Pas Bons»! Pourtant, on en trouve encore, y compris dans des références destinées aux tout-petits, comme certaines lingettes, aux enfants (quelques dentifrices), ou encore à la sphère génitale. Concernant les moins de 3 ans, propyl et butylparaben sont interdits dans les produit non rincés destinés à être utilisés dans la zone du siège (nettoyants, lingettes, crèmes) mais on en trouve dans des lingettes supposées être utilisées sur le visage ou les mains. Certains produits ont le statut de médicament, même s’ils se rapprochent des cosmétiques. C’est le cas de certains dentifrices ou crèmes. Le propylparaben est alors appelé parahydroxybenzoate (ou p-hydroxybenzoate) de propyle, pour le sodium propylparaben, on ajoute «sodique».

 

Ethylhexyl methoxycinnamate


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Egalement appelé octyl methoxycinnamate (mais pas sur les étiquettes, qui doivent respecter une nomenclature bien précise), ce filtre anti-UV n’est pas réservé aux produits solaires. On le trouve dans certaines crèmes de jour ou fonds de teint, même sans indication d’une protection contre les ultraviolets. Les recherches sur cet ingrédient ont démontré in vivo une perturbation des œstrogènes et de la fonction thyroïdienne. Pourtant, il est assez souvent utilisé, y compris dans des produits «sensibles» comme les sticks pour les lèvres – produit parfois appliqué quotidiennement, restant longtemps en contact avec les muqueuses et dont de petites quantités peuvent être avalées – ou dans des gammes dont le marketing insiste sur l’absence de parabens et autres composés connus du grand public pour leur toxicité.

 

Triclosan


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Ce puissant agent antibactérien était encore largement employé il y a quelques années. Depuis, il a été montré qu’il est perturbateur endocrinien à plus d’un titre: il agirait non seulement sur les hormones œstrogènes, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Double peine au sujet de laquelle quelques grandes marques, heureusement de plus en plus rares, préfèrent se voiler la face.

 

Benzophenone-1, benzophenone-3


Perturbateur endocrinien,
allergène non irritant

Produit non rincé

Produit rincé

Responsables d’un trop grand nombre d’allergies, ces filtres anti-UV ne sont a priori plus inclus dans les crèmes solaires. Ainsi, lors d’une expérience visant à mesurer le pouvoir allergisant de différents composés après exposition au soleil, la benzophenone-3 a provoqué une réaction chez plus d’un quart des sujets. Par ailleurs, elle est classée perturbateur endocrinien sur la base d’une faible activité œstrogénique in vitro. En 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis un avis visant à limiter l’utilisation de benzophenone-3 dans les produits cosmétiques. Parfois, elle n’est pas employée pour protéger des UV l’utilisateur, mais plutôt la formule elle-même, car lorsque le flacon est transparent, celle-ci peut souffrir de l’exposition au soleil. On ne saurait trop suggérer aux industriels d’opter pour des flacons opaques ou de changer de protecteur de formule… et aux adolescentes d’éviter les vernis contenant de la benzophenone. A noter que la benzophenone-4 est utilisée dans certains produits à rincer ou non. Même si l’on est tenté de lui imaginer un profil toxicologique peu différent de celui de ses congénères 1 et 3, elle n’est pas classée perturbateur endocrinien dans l’état actuel de la science.

 

Cyclopentasiloxane, cyclotetrasiloxane, cyclomethicone


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Cyclopentasiloxane et cyclotetrasiloxane ont montré des propriétés de perturbation endocrinienne. Par ailleurs, le cyclotetrasiloxane est classé toxique pour la reproduction, il est donc à éviter en lui-même. En outre, des traces de ce dernier peuvent «polluer» le cyclopentasiloxane. Enfin, un avis publié en avril 2015 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, a mis en lumière un risque en cas d’inhalation: aérosols, sprays, poudres, etc. devraient éviter ces composés. Quant à la cyclomethicone, elle est en partie constituée de ces deux autres ingrédients.

 

BHT (butylhydroxytoluene)


Perturbateur endocrinien

Produit non rincé

Produit rincé

Cet agent antioxydant permet d’éviter l’oxydation des formules, notamment de la phase grasse des émulsions, susceptible de rancir. Il est assez fréquemment utilisé, en particulier pour remplacer le BHA, décrié du fait de ses multiples potentialités toxiques (voir BHA ci-dessus).
Malheureusement, le BHT semble être un perturbateur endocrinien.

 

Methylisothiazolinone (MIT), methylchloroisothiazolinone (MCIT)


Allergène

Produit non rincé

Produit rincé

Allergène de l’année! C’est la peu enviable distinction reçue en 2013 par la methylisothiazolinone (MIT). Une société savante de dermatologues américains (American contact dermatitis society) désigne ainsi chaque année l’ingrédient qui a fait le plus de dégâts chez les patients.
Methylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT) restaient jusqu’à une date récente relativement discrètes, mais la mise en cause des parabens a incité trop d’industriels à les remettre au goût du jour, au grand dam des allergologues et dermatologues. Les autorités de santé se sont penchées sur la question et ont interdit le mélange MCIT-MIT dans les produits sans rinçage à compter d’avril 2016. Puis la MIT seule a, à son tour, été proscrite dans ces mêmes produits: à partir du 12 février 2017, aucun cosmétique sans rinçage en contenant ne doit subsister en rayon. Rincées ou non, fuyez les références qui en contiennent, même si elles affichent des mentions trompeuses telles que «peau sensible», «hypoallergénique» ou «testé dermatologiquement».

 

p-phenylenediamine et composés analogues (dont le nom comprend p-phenylenediamine)


Sensibilisant susceptible
de provoquer
des allergies

Produit non rincé

Produit rincé

Largement présent dans les teintures capillaires permanentes, ce colorant fait partie des composés dont on se demande pourquoi ils ne sont pas encore interdits. La seule lecture de l’avis publié en 2012 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, est édifiante. «Il a été démontré que la p-phenylenediamine est un allergène de contact très puissant chez l’animal, c’est aussi un allergène fréquent chez l’homme qui peut engendrer des réactions graves. C’est un sensibilisant extrêmement fort, qui fait partie des tests de routine (pour déterminer la cause d’une réaction allergique, ndlr). Son utilisation dans les teintures capillaires demeure une préoccupation considérable en termes de sécurité des consommateurs.» Nombre de cas d’eczéma ont été rapportés chez des utilisateurs et des coiffeurs. Alors, pourquoi le trouve-t-on encore dans tant de produits, y compris de marques leaders de la coloration? Cela dit, les colorations permanentes sont susceptibles de renfermer de nombreux autres composés irritants. A noter que la p-phenylenediamine peut aussi se retrouver dans les tatouages éphémères.

 

Phenoxyethanol


Toxique pour le foie

Produit non rincé

Produit rincé

Ce conservateur a été jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie). Compte tenu d’une concentration de 1% dans les produits, de l’absorption cutanée et de la dose sans effet, l’agence a jugé ce composé sûr pour les adultes mais a posé des limites pour les enfants de moins de 3 ans. Selon elle, le phenoxyethanol ne devrait pas être employé dans les cosmétiques destinés au siège, qu’ils se rincent ou non: ces produits étant les plus fréquemment et abondamment utilisés, une absorption excessive de phenoxyethanol par la peau serait à craindre. Pour les autres cosmétiques destinés aux tout-petits, sa concentration devrait être limitée à 0,4%.

 

Sodium lauryl sulfate, ammonium lauryl sulfate


Peut provoquer
des irritations

Produit non rincé

Produit rincé

Essentiellement exploité comme tensioactif (qui permet aux corps gras de la formule de se disperser dans l’eau), le sodium lauryl sulfate est un irritant bien connu, les scientifiques le savent depuis des décennies. Il n’est qu’à compulser leurs publications pour s’en convaincre: ici, on le désigne comme «l’irritant standard», là, on introduit le propos par «le sodium lauryl sulfate (SLS), un tensioactif fréquemment utilisé pour induire expérimentalement des dermatites de contact»…
Son proche parent, l’ammonium lauryl sulfate (ALS), n’est pas en reste: lorsqu’on l’applique en grande quantité, il se révèle «hautement irritant». Seul un rinçage très soigneux peut limiter les dégâts. Ces ingrédients sont tout de même présents dans un très grand nombre de références. Mais ce sont le plus souvent des produits rincés, les doses ne sont pas forcément très élevées et certains consommateurs les supportent bien. Chez d’autres, en revanche, les produits lavants laissent une sensation d’inconfort sur la peau et les dentifrices provoquent des aphtes. Les industriels devraient au minimum les éliminer des produits pour enfants et de ceux destinés aux zones intimes, mais aussi s’abstenir d’apposer des allégations liées à la douceur lorsqu’ils utilisent ces ingrédients.

 

Les 26 allergènes


Produit non rincé

Produit rincé

Les substances: Alpha-isomethyl ionone, Amyl cinnamal, Amyl cinnamyl alcohol, Anise alcohol, Benzyl alcohol, Benzyl benzoate, Benzyl cinnamate, Benzyl salicylate, Butylphenyl methylpropional, Cinnamal, Cinnamyl alcohol, Citral, Citronellol, Coumarin, Eugenol, Evernia furfuracea, Evernia prunastri, Farnesol, Geraniol, Hexyl cinnamal Hydroxycitronellal, Hydroxyisohexyl, 3-cyclohexene carboxaldehyde, Isoeugenol, Limonene, Linalool Methyl 2-octynoate.

Les substances allergènes proviennent principalement des parfums incorporés dans les formules pour les rendre plus plaisantes. Mais présence de parfum n’est pas forcément synonyme de présence d’allergènes, et le contraire n’est pas vrai non plus. On trouve des allergènes notamment dans les conservateurs, c’est par exemple le cas du benzyl alcohol. Les molécules susceptibles de provoquer une réaction allergique sont extrêmement nombreuses, mais les 26 qui en provoquent le plus sont obligatoirement étiquetées dès lors qu’elles sont présentes à hauteur de plus de 0,001% (10 ppm ou mg/kg) dans les produits non rincés et 0,01% (100 ppm) dans ceux qui sont rincés. Cette liste pourrait évoluer à l’avenir. Les allergènes sont indiqués en fin de liste d’ingrédients, ils sont très fréquents dans tous types de produits. Les mentions rassurantes du type «testé sous contrôle dermatologique», «hypoallergénique» et autres «peaux sensibles» ne garantissent en rien l’absence d’allergènes.

 

Huiles minérales et hydrocarbures de synthèse

Baumes et rouges à lèvres sont des cosmétiques à part puisqu’ils sont susceptibles d’être ingérés. On ne devrait donc pas retrouver dans leur composition d’ingrédients interdits dans les aliments à cause de leur toxicité. C’est pourtant le cas des huiles minérales et des hydrocarbures de synthèse (1) autorisés dans les cosmétiques, mais pas dans les denrées. Dans les produits pour les lèvres, ces substances sont même souvent au cœur de la formule puisqu’on peut en retrouver dans les cires − qui forment la structure du produit et forment un film sur les lèvres − et les émollients – qui confèrent un peu de souplesse au stick et adoucissent la peau.

Problème, ces huiles sont susceptibles d’engendrer des composés indésirables: les Mosh et les Moah. Les premiers, du moins une partie d’entre eux (2), peuvent s’accumuler dans l’organisme, notamment dans les ganglions lymphatiques et le foie, provoquant des réactions inflammatoires dont on ignore les conséquences exactes. Une étude sur 37 sujets menée en 2014 a montré qu’un quart d’entre eux en hébergeaient plus de 5 g! Quant aux Moah, ils sont cancérogènes.

Comment les repérer?

Voici les noms qu’il faut traquer sur les listes d’ingrédients des baumes et rouges à lèvres. A noter qu’ils sont absents des produits bio mais pas seulement.
– Cera Microcristallina
– Ceresin
– Hydrogenated Microcrystalline Wax
– Hydrogenated Polyisobutene
– Microcrystalline Wax
– Ozokerite
– Paraffin
– Paraffinum liquidum
– Petrolatum
– Polybutene
– Polyethylene
– Polyisobutene
– Synthetic wax

Notes
(1) Mineral oil saturated hydrocarbons, ou hydrocarbures d’huiles minérales saturés et Mineral oil aromatic hydrocarbons, hydrocarbures d’huiles minérales aromatiques.
(2) Ceux dont la chaîne carbonée est longue d’au moins 16 carbones et ne dépasse pas 35.

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