Alimentation
Enfants: marketing et malbouffe
En Suisse, environ 15% des enfants et des adolescents sont en surpoids. Une consommation d’aliments trop gras, trop salés et trop sucrés et pas assez d’exercice physique en sont la cause. Si la prévention est essentielle afin d’acquérir de bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge, elle peut perdre de son impact lorsque l’industrie matraque les enfants et les adolescents de publicité pour de la malbouffe. Il est donc essentiel d’agir pour le limiter ce marketing alimentaire.
25 février 2026
Rebecca Eggenberger
Responsable Alimentation et Prévention
Depuis plus de 10 ans, certaines marques se sont engagées volontairement via le Swiss Pledge à restreindre certaines publicités à destination des enfants. Les différentes analyses réalisées depuis lors par la FRC notamment démontrent que cette initiative ne déploie pas les effets escomptés. A ce stade, il est donc indispensable que des dispositions légales contenant des limitations au marketing alimentaire destiné aux plus jeunes soient adoptées. De plus, les supports publicitaires auxquels les plus jeunes sont le plus souvent confrontés ne sont plus les mêmes: réseaux sociaux et plateformes diverses doivent impérativement être intégrés dans ces réflexions.
En 2023, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a présenté les résultats d’une étude démontrant la nécessité d’encadrer cette publicité. Un projet de régulation était en préparation pour s’intégrer à la révision de la Loi sur les denrées alimentaires, mais le Conseil fédéral est revenu en arrière. La FRC et d’autres associations ont exprimé leur mécontentement dans une lettre adressée à la Conseillère fédérale Baume Schneider lui demandant de réintégrer ces dispositions dans le projet de loi. Ce dernier a été intégré dans la consultation liée aux accords bilatéraux, sans prendre en compte nos revendications. La FRC a pris position.
Fin 2025, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) annonce mener des discussions avec des représentants des secteurs de l’alimentation et de la publicité. La perspective d'une loi est définitivement écartée. Les autorités tentent maintenant d'obtenir de ces acteurs un engagement volontaire à restreindre la publicité destinée aux enfants pour les aliments trop gras, trop sucrés et trop salés. L'enjeu est de les convaincre d'utiliser le profil nutritionnel de l'OMS Europe dont les critères, plus stricts que ceux du Swiss Pledge, excluent les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés.
Le projet d'autorégulation volontaire de la publicité s'applique à la presse écrite, la télévision, la radio, les réseaux sociaux, les écoles et aires de jeux. Il ne concerne pas la publicité sur le lieu de vente (par exemple dans les supermarchés), ni l'emballage des produits. Il exclut aussi malheureusement d'autres mesures qui ont fait leurs preuves à l'étranger, comme la restriction de toute publicité télévisée à certains horaires, ou l'interdiction de parrainage d'événements sportifs dont les enfants pourraient être le groupe cible.