Pouvoir d'achat
Économiser des sous et de l’énergie
Dans une économie de marché globalisée, il est difficile d’avoir un effet sur les structures d’approvisionnement et les marchés internationaux. Au bout de la chaîne, les consommateurs peuvent cependant influer sur les montants de leurs factures grâce à des gestes d’économie souvent simples.
08 mai 2026
Laurianne Altwegg
Responsable Agriculture, Énergie et Environnement
Juliette Ivanez
Responsable Alimentation
Sevan Pearson
Responsable Économie
Les récentes crises ayant particulièrement touché le prix des énergies, beaucoup des mesures d'économie évoquées ici les concernent. D'autant que dans ce domaine, et bien que ce soit dans une moindre mesure, réduire sa consommation permet aussi de limiter les importations et de contribuer ainsi à la sécurité de l’approvisionnement du pays (gaz, produits pétroliers, électricité). L'effet est donc doublement intéressant.
1. JE SUIS LOCATAIRE: QUE FAIRE?
Les prix de l’énergie ont un impact particulier sur les locataires, ceux-ci étant captifs de l’isolation du bâtiment et ne pouvant choisir ni le type de chauffage de leur logement, ni une grande partie de leurs appareils électroménagers. À quoi faut-il prêter attention?
1. Les charges
Lorsque les prix de l'énergie sont en hausse (mazout, gaz, électricité), les charges augmentent aussi pour une grande partie des locataires. Mais faut-il adapter les acomptes pour éviter un rattrapage en fin d’année? S’il est capital que les locataires soient en mesure de payer leurs factures afin d’éviter une résiliation du bail, ce n’est pas forcément une bonne idée. Cela constitue en effet un avenant au contrat de bail et les procédures pour faire ensuite baisser les acomptes une fois les prix redescendus sont complexes. Le plus important est donc de provisionner les charges afin d’éviter les mauvaises surprises en fin d’année.
2. Le loyer
Augmentation des charges ou non, l’inflation ne justifie pas une hausse du loyer. Car même si les coûts de l’immobilier prennent l’ascenseur, cela n’a pas d’influence sur le coût du logement. De manière générale, prix et loyers ne sont pas corrélés. Toutefois, certains baux incluant une clause indexant le loyer au coût de la vie, ceux-ci prennent malheureusement l’ascenseur à mesure qu’augmente l’inflation. En revanche, aucune hausse de loyer ne peut être justifiée si le taux d’intérêt de référence applicable aux contrats de bail baisse. Comme cela a été le cas en septembre 2025, où il est passé à 1,25%.
3. Économiser l’énergie chez soi
Bien que les locataires ne puissent souvent pas choisir leurs installations, p. ex. chaudière ou électroménager, certains gestes du quotidien ont des effets directs sur la facture: baisser le chauffage d’un ou de plusieurs degrés en hiver – voire se mettre d’accord avec ses voisins pour demander une diminution générale de la température à la gérance –, utiliser les programmes «éco» sur l’électroménager, ou encore faire des lessives à 20 degrés, voire renoncer au sèche-linge.
4. Inciter la gérance à adopter des pratiques plus efficaces
Parallèlement aux écogestes, rien n’empêche d’adresser un courrier à sa gérance lui demandant notamment de:
- renoncer à des systèmes de facturation basés sur le temps d’utilisation de la buanderie commune (frein à l’utilisation des programmes éco qui durent plus longtemps).
- isoler correctement le bâtiment et passer aux énergies renouvelables.
- installer des compteurs individuels de chauffage, seul moyen pour que les locataires bénéficient directement des économies réalisées chez eux.
- mettre en place des détecteurs de mouvement pour les lumières dans les communs de l’immeuble.
2. MOBILITÉ
Pour qui le peut, selon le lieu et la disponibilité de l’offre: passer aux transports publics!
Selon les chiffres du TCS, une voiture coûte en moyenne 10’280 fr. par année tout compris (assurance, carburant, impôts, perte de valeur, place de parc, etc.). Un abonnement général des CFF, malgré son coût élevé de 3’995 fr. représente une économie annuelle de 6’285 fr. Bien entendu, cela vaut pour une personne seule, pas pour une famille, mais les prix des AG étant dégressifs pour les membres d’un même ménage, une famille de 2 adultes et 2 enfants (moins de 16 ans) paiera 8'275 fr. soit une économie de 2’005 fr. par an. Il existe d’ailleurs toute une série d’astuces pour ménager son porte-monnaie lorsque l’on utilise les transports publics.
Lorsqu’une voiture à essence est indispensable: rouler moins vite et adopter une conduite efficace
C’est un fait: plus la vitesse est élevée, plus la quantité de carburant consommée est importante pour parcourir la même distance. Outre les réflexes d’éco-conduite mentionnés ci-après, lever le pied permet de faire des économies substantielles. Celles-ci dépendent bien sûr du véhicule, de la distance et de la limitation sur les routes utilisées. Selon la plate-forme d’information des services cantonaux de l’énergie et de l’environnement (energie-environnement.ch) une voiture qui consomme 8 litres à 100 km/h sur l’autoroute en consommera 10 à 120 km/h. Pour le Suisse moyen se déplaçant sur 37 km quotidiennement, rouler à 100 km/h au lieu de 120 permet dans cet exemple d’économiser 22 litres par mois, soit une économie de près de 44 fr. si le prix de l'essence atteint 2 fr. le litre.
Il est également intéressant d’adopter les bons réflexes d’éco-conduite tels que: passer rapidement le rapport supérieur, accélérer franchement, rétrograder le plus tard possible, vérifier la pression des pneus, réduire le poids inutile du véhicule, etc. (voir l’ensemble des conseils sur le ecodrive.ch). Ce type de conduite permet d’économiser jusqu’à 15% de carburant. Sur une consommation mensuelle moyenne de 84 litres, cela représente une diminution de 12,5 litres, soit d’environ 25 fr. chaque mois si l'essence coûte 2 fr. le litre.
Ensemble, ces deux mesures peuvent permettre d’économiser 34,5 litres mensuellement, soit de quoi compenser une hausse de prix pouvant aller jusqu’à 2,83 fr./litre. (calcul basé sur les prix de l'essence en 2021 (1,67ct/litre) et une consommation moyenne de 84 litres)
3. CHAUFFAGE
Pour les propriétaires: passer à un chauffage aux énergies renouvelables
Investir dans un chauffage aux énergies renouvelables (pompe à chaleur, pellets, etc.) est certes plus onéreux que dans une chaudière aux énergies fossiles (mazout, gaz), mais les coûts énergétiques liés à leur utilisation sont nettement plus faibles. D’autant que des subventions sont disponibles dans tous les cantons et au niveau fédéral pour le passage aux renouvelables. Il est particulièrement intéressant de le faire avant 2029 sachant que les déductions fiscales liées aux rénovations seront probablement supprimées suite à la votation du 28 septembre 2025 ayant aboli celles-ci.
Depuis avril 2022, les propriétaires peuvent aussi bénéficier du «conseil incitatif» gratuit d’un spécialiste pour mieux connaître les possibilités qui s’offrent à eux en la matière. Le site chauffez-renouvelable.ch permet en outre de calculer les gains financiers. A titre d’exemple, les frais annuels d’une pompe à chaleur avec sonde géothermique permettaient déjà d’économiser 373 fr. par an par rapport à un chauffage au mazout et 766 fr. comparé à une chaudière à gaz. Ceci sans prendre en compte l’envolée des prix du pétrole et alors que plus de la moitié des frais annuels concernent l’acquisition du combustible.
Pour ceux qui ne peuvent changer de type de chauffage: réduire la température dans son logement
Chaque degré de température en moins représente une économie de 6% des frais de chauffage (source: SuisseEnergie). En prenant l’exemple d’un logement d’une surface de 99m2 (moyenne suisse) qui aurait des frais de chauffage de 1'000 fr. par an, passer de 22 à 20 degrés permettrait déjà d’économiser 120 fr. Cela ne concerne toutefois que les 20% de Romands habitant dans un logement individuel; les autres verront malheureusement leurs économies noyées dans les charges communes de leur immeuble et n’en ressentiront les effets que si les autres habitants font les mêmes efforts.
4. ÉLECTRICITÉ
Réduire simplement sa consommation
Cinq gestes simples permettent de réduire la facture de 1000 kWh par année, soit 277 fr. au prix médian actuel de l’électricité (source: ElCom, tarif H4 2026):
- Faire des lessives à 20°C et faire sécher à l’air libre le plus souvent possible
- Remplacer toutes les ampoules par du LED
- Régler le frigo à 5°C et le congélateur à -18°C
- Remplacer les vieux appareils, par exemple l’aspirateur, par de l’électroménager moins énergivore
- Installer des multiprises avec interrupteur et des prises à minuterie pour limiter le mode veille
Vidéos explicatives et flyer à télécharger sur notre site.
Équiper son balcon d’une mini-installation solaire
Les systèmes Plug & Play ont la cote en ce moment. Il s’agit de petites installations solaires que l’on peut très simplement fixer sur son balcon et brancher directement sur une prise électrique. Toutefois, si ces mini-installations (puissance maximale de 600W) peuvent permettre d’économiser jusqu’à 10% de la consommation d’un foyer de 4 personnes, elles ne fonctionnent pas en cas de coupure de courant. En effet, comme toute installation photovoltaïque classique (c’est-à-dire ni autonome, ni hybride), les panneaux solaires sont équipés d’un onduleur qui doit être connecté au réseau électrique.
Economiser l’eau, c’est économiser de l’énergie
On le sait peu, mais le pompage et l’assainissement de l’eau constituent souvent le premier poste de consommation d’énergie des communes (source: projet EnergyView). Ainsi, appliquer les quelques conseils que l’on connaît tous (passer du bain à la douche, diminuer le temps de celle-ci, fermer le robinet lors du brossage des dents, etc.) contribue à réduire l’énergie consommée (en particulier l’électricité), ce qui contribue à limiter les risques de pénurie, notamment en hiver lorsque la Suisse doit importer une partie de son courant. En outre, sachant que chauffer l’eau de la douche requiert 50 fois plus d’énergie que son acheminement et que le traitement des eaux usées, économiser l’eau chaude, notamment en réduisant la température de la douche, est d’autant plus important.
Prévoir ce qu’il faut en cas de coupure de courant
Un réflexe que l’on devrait en réalité avoir en tout temps. S’il devait y avoir une ou plusieurs coupures majeures d’électricité, nombre de services dont les connexions internet – donc l’information – l’assainissement de l’eau ou les bancomats pourraient faire défaut. Sans parler des appareils du ménage, au premier rang desquels les chaudières (quelle que soit leur alimentation), les onduleurs solaires d’installations non autonomes, les cuisinières électriques, réfrigérateurs, etc., qui nécessitent tous du courant pour fonctionner.
Comme le rappelle l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) "La pandémie de COVID-19 et les phénomènes météorologiques extrêmes qui ont frappé différentes régions de Suisse montrent que l’imprévu peut survenir à tout moment". C'est pourquoi il publie la liste suivante des réserves qu’il faudrait toujours avoir chez soi pour pallier les éventuels problèmes d’approvisionnement (voir aussi la liste détaillée publiée sur son site):
- 9 litres d’eau par personne
- Aliments pour une semaine
- Radio à pile
- Lampe de poche
- Piles en réserve
- Bougies
- Allumettes/briquet
- Réchaud à gaz
- 50 masques et autres articles d’hygiène, désinfectant et médicaments courants
- Un peu d’argent liquide
- Nourriture pour animaux
5. ALIMENTATION
En période de crise, les prix de certaines denrées alimentaires peuvent également connaître une augmentation, parfois très importante. En plus de la hausse des autres charges dites "incompressibles", ces augmentations se répercutent encore davantage sur le budget des ménages. La FRC propose les conseils suivants, qui permettent de diminuer le budget des courses tout en préservant sa santé:
- Réduire au maximum le gaspillage alimentaire.
- Faire baisser les coûts des postes les plus onéreux. Selon notre étude des budgets alimentaires, ceux qui pèsent le plus sur le porte-monnaie sont la viande, les boissons et… le gaspillage alimentaire. Réduire ces trois postes dans des proportions raisonnables permet de faire une économie de plus de 1’200 fr. par an!
- Privilégier les les produits bruts et de saison et partir à la chasse aux bons plans dans les circuits courts autour de chez soi.
- Comme le démontre notre test, les denrées des marques bon marché ont la plupart du temps des qualités nutritionnelles identiques, voire même parfois meilleures que celles des marques plus onéreuses.
6. TÉLÉPHONIE
Réduire sa facture de téléphone? C’est possible. Bien déterminer ses besoins, négocier de meilleures offres ou encore résilier au bon moment, tels sont quelques-uns des conseils dans le domaine.
7. SANTÉ
On l’anticipe déjà, les primes devraient augmenter en 2027. Le premier conseil est toujours le même: changer de caisse, voire de modèle alternatif. Nos fiches détaillées sur les différents modèles vous permettent de comparer les conditions et restrictions éventuelles. Elles seront mises à jour cet automne.
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