Article : Paniers des ménages

Manger durable est à la portée de tous

29.8.2017, Photo: Jean-Luc Barmaverain

Dépenser moins tout en mangeant mieux, c’est possible. Tel est le constat d’une étude réalisée par la FRC au printemps.



Certaines idées préconçues ont la vie dure. L’alimentation durable par exemple, considérée comme inaccessible par beaucoup car bien trop onéreuse. Le panier de la ménagère composé de produits locaux, sains, respectueux de l’environnement, issus du commerce équitable, de culture bio ou conventionnelle à un prix raisonnable est-il impossible en Suisse? C’est la question à laquelle la FRC, mandatée par la Direction générale de l’environnement/Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA) à l’Etat de Genève, a répondu au printemps, donnant lieu à la publication d’une «Etude comparative sur les budgets alimentaires selon divers régimes» (PDF).

Six budgets types ont été comparés: du panier du ménage moyen résidant en Suisse à celui d’une personne suivant un régime végétalien en passant par un carnivore ou encore un flexitarien (lire Lexique). Paniers qui ont précédemment été définis par une étude d’ESU-services qui en a analysé le profil écologique. Les prix des articles de chaque panier ont été relevés. Au menu: viande, denrées d’origine animale, fruits et légumes, céréales, produits laitiers, alternatives à la viande, oléagineux et matières grasses, sans les boissons.

Focus sur la viande et l’eau

L’adulte dépense en moyenne plus de 4400 fr. par an pour satisfaire ses papilles. Végétaliens, végétariens et flexitariens s’en sortent entre 3500 fr. et 3900 fr. Mais la facture s’envole à plus de 5000 fr. pour ceux qui mangent de la viande avec excès. Est-ce à dire qu’il suffit de sortir la viande du cabas pour améliorer son budget? Supprimer, non, se fier aux recommandations nutritionnelles, oui. Car avec une moyenne de 51 kg par an (environ 1 kg par semaine ou 140 g par jour), le Suisse consomme plus de viande que nécessaire. La quantité idéale pour allier équilibre et durabilité se situe entre deux et trois portions par semaine, pour un total de 200 g à 360 g. C’est ce que préconise la Société suisse de nutrition, parmi d’autres conseils réunis sous l’intitulé Foodprints (lire ci-contre), proche des conseils du programme Bien manger à petit prix de la FRC. En les suivant scrupuleusement, le panier de la ménagère ne reviendrait plus qu’à 3202 fr. 20. Soit une économie allant de 290 fr. à 1959 fr. selon le budget de départ.

Et l’économie ne s’arrête pas là. Dans la catégorie boissons, en un an, sodas, thé, café, alcools, jus et eau en bouteille représentent 1402 fr. 50 par panier. Le modèle durable montre des gains possibles, à hauteur de 563 fr. La somme, certes moindre, porte avant tout sur la suppression de l’eau… en bouteille. Rappelons- le, en Suisse, l’eau du robinet est excellente. Sans l’énergie et les matières premières nécessaires à la fabrication des emballages, sans transport supplémentaire, elle est avantageuse en tous points.

Si ces conseils se basent sur les recommandations de la pyramide alimentaire (utiliser beurre et huile avec modération, consommer snacks et sucreries en petites quantités…), ils appliquent en plus divers aspects de l’alimentation durable. Des aspects chers à la FRC. Comme soutenir les producteurs locaux, considérer la saisonnalité des denrées, privilégier les labels, ou encore éviter le gaspillage. Autant de points qui, réalisés au quotidien, permettraient non seulement au porte-monnaie mais aussi à la planète de se porter mieux.

L’étude d’ESU-services sur l’impact environnemental de chacun de ces paniers l’a d’ailleurs démontré: l’achat de produits locaux et de saison a une influence très positive sur le bilan écologique. ESU-services a en outre chiffré que la consommation de viande est responsable de 25% de l’ensemble de l’impact sur l’environnement dû à l’alimentation (2011).

Le bio devance le conventionnel

Selon plusieurs études, la production biologique de denrées alimentaires entraînerait entre 5 et 30% d’émissions de CO2 en moins. C’est pourquoi nous avons décidé de calculer à combien reviendraient les six paniers si les fruits, légumes, viande, produits laitiers, farine, céréales, oeufs et pommes de terre provenaient de culture biologique.

Les comparaisons réalisées ces dernières années par l’Office fédéral de l’agriculture ont démontré que les produits bio étaient environ 40% à 50% plus chers que les produits conventionnels. La comparaison FRC n’a donc rien révolutionné; en version bio, nos paniers ont effectivement un coût plus élevé. Malgré tout, les résultats obtenus ne peuvent que nous réjouir. En effet, le panier bio Foodprints se monte à 4277 fr., soit près de 127 fr. de moins que le panier moyen non bio (4403 fr. 89).

Conclusion: ce panier rempli de produits bio, locaux, sains, respectueux des producteurs et de l’environnement, à un prix en dessous de la moyenne, existe bel et bien. Au consommateur de s’y plonger. Revoir son alimentation, repenser ses achats, accorder de l’importance à la qualité et non pas à la quantité, essayer d’abandonner les emballages inutiles au profit de récipients réutilisables sont autant de réflexes à garder au quotidien. Alors, on s’y met aujourd’hui?

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Empreinte alimentaire: comment la rendre plus légère

En harmonie avec les recommandations de la FRC, les astuces Foodprints de la Société suisse de nutrition, contribuent non seulement à notre propre santé, mais aussi à la protection de l’environnement, à l’économie locale, à l’équité sociale et au bien-être des animaux. Six exemples phares, équilibrés et durables par excellence:

• Je fais mes courses à pied ou à vélo
• J’achète juste ce dont j’ai besoin
• Je consomme surtout des aliments végétaux
• Je fais attention à la provenance des aliments
• Je me soucie des conditions de production
• Je bois de l’eau du robinet

Lexique: qui mange quoi ?

VÉGÉTARIEN | Il ne mange aucune chair animale. Donc pas de viande, mais pas de poisson non plus. Il consomme 25% de plus de légumes et 30% de plus de fruits que la moyenne suisse.

VÉGÉTALIEN | Il fait l’impasse non seulement sur la viande mais aussi sur tout ce qui provient de l’animal. Il ne se nourrit par exemple ni de produits laitiers, ni d’oeufs, ni de miel. Et compense par des protéines végétales (tofu, légumineuses…). Il avale deux fois plus de légumes et de fruits que la moyenne suisse.

FLEXITARIEN | Aussi connu sous le nom de semi-végétarien, il veille à réduire sa consommation de viande et de poisson. Il mange un petit peu plus de légumes (20%) et de fruits (10%) que la moyenne suisse.

Expérience pratique: six familles ouvrent leurs cabas

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