Affichage des prix

Les actions douteuses et les incohérences de prix se multiplient

Entre l’étiquette, le rayon et la caisse: il est souvent compliqué de comprendre combien coûte un produit.

Argent … Prix

23 septembre 2026

Indiquer un prix de manière claire et transparente, c’est plutôt simple, non? Eh bien, non, et cela ne date pas d’hier! De nombreux commerces de détail usent de pratiques complexes, sans parler des erreurs qui se font presque toujours au détriment de la clientèle. Et quand le pouvoir d’achat est sous pression, c’est double peine pour les consommateurs, qui doivent faire preuve d’une vigilance particulière. Petite sélection du moment.

MANOR ET SON «SPECIAL PRICE»

Une étiquette peut en cacher une autre. Chez Manor, un client a relevé un produit proposé au «Special Price» de 35 francs au lieu de… 35 francs. Interpellée, l’enseigne explique que cette mention désigne «des offres avantageuses ponctuelles dans le temps et en quantité, concernant des produits qui n’avaient pas été proposés à la vente auparavant à un prix plus élevé». Ce terme ne se réfèrerait donc pas à une réduction par rapport à un prix de vente antérieur. Les rabais, eux, sont signalés par le mot «Sale». La pratique interroge; surtout, elle porte à confusion, d’autant plus que dans les deux cas, les étiquettes sont signalées en rouge… Pour se dédouaner, Manor invoque – dans ce cas – une erreur où l’ancienne étiquette n’aurait pas dû être recouverte mais remplacée par l’indication «Special Price». Les consommateurs auront bientôt besoin d’une encyclopédie pour se retrouver dans le dédale de la nomenclature des réductions de prix!

MIGROS ET L’ERREUR D’AFFICHAGE EN RAYON

Une envie de chocolat? Un témoin a voulu acheter une barre chez Migros. Le prix en rayon: 2 fr. 20. Et 2 fr. 70 à la caisse automatique. L’enseigne répond que le prix correct était de 2 fr. 70 et qu’il s’agit d’une erreur locale d’affichage, «le prix en rayon n’ayant pas été mis à jour correctement. Cette situation ne correspond pas à nos exigences en matière d’information claire et fiable.» Cela tombe bien, cette situation ne correspond pas plus aux exigences de la FRC. Pour mémoire, le fait d’exposer une marchandise avec une indication du prix est considéré comme une offre formelle qui lie le vendeur. On peut donc exiger de payer le prix affiché, sauf si l’erreur est manifeste (un téléviseur à 99 fr. au lieu de 999 fr.), et, si nécessaire, faire appel au service clients ou à la direction du magasin.

LIDL ET LA RÈGLE DE TROIS

Qui aime les maths, va chez Lidl! Dans cet exemple, le dentifrice est proposé en action. Par rapport à quel prix? On cherche encore… En revanche, vous saurez qu’un tube de dentifrice coûte 1 fr. 39. Pour cela, il suffit de diviser le prix au litre (13 fr. 90, écrit en tout petit) par dix. Et pour arriver à 6 fr. 95, comme sur la photo, il faut multiplier le résultat (donc 1 fr. 39) par 4 x 125 ml, à savoir par 5. Facile, non? Contacté, Lidl explique que «la clientèle bénéficie d’une remise quantitative évidente. Le prix promotionnel se réfère, par le biais d’une autocomparaison, au prix de base ou à l’unité régulier de l’emballage individuel standard (nous ne l’avons pas trouvé, ndlr). La clientèle bénéficie d’un avantage de prix significatif par unité de volume par rapport à un achat standard.» Évident... ou pas!

COOP ET «VALORISER AU LIEU DE JETER»

Mieux vaut avoir l’oeil! Chez Coop, un client signale une barre chocolatée vendue au prix normal au milieu d’articles en action. Interpellé, le géant orange répond: «Grâce à l’étiquette «Valoriser au lieu de jeter», nous proposons à prix réduit des produits dont la date limite de vente approche. (…) Les points de vente sont priés de ne pas faire de mélange (ce que la FRC salue, ndlr) dans la mesure du possible. Ce qui n’est toutefois pas toujours réalisable (ce que la FRC ne salue pas, ndlr).»

MIGROS ET LE DÉTAIL QUI TUE

Deux emballages quasi identiques, mais des prix qui diffèrent pour la même quantité: la cliente n’a pas compris. Chez Migros, un steak haché de boeuf est proposé en action à 7 fr. 95 au lieu de 10 fr. 80, soit une réduction de 26%. Un troisième produit vendu à 6 fr. 50 semble en tous points identique. Réponse du géant orange: «Malgré une recette similaire, les processus de fabrication, d’emballage et de logistique diffèrent. Ces variations ont un impact sur les coûts et peuvent expliquer des écarts de prix de vente et au kilo.» Bref, l’emballage ne fait pas le produit! Et dans le cas présent, la différence est (très) subtile. Faut-il s’armer d’une loupe et être accompagné d’un scientifique pour faire ses courses? L’intervention de la FRC donnera peut-être matière à réflexion à Migros.

Ces exemples sont loin d’être isolés. Il ne se passe pas une semaine sans que la FRC ne reçoive des témoignages. Et les enseignes trouvent toujours des explications empreintes d’un langage de communicant bien rodé. Or ce qu’il faudrait, c’est passer de la parole aux actes. La FRC encourage tout un chacun à lui signaler tout cas, ce qui lui permet d’interpeller les détaillants. Même si le droit suisse est loin d’être favorable aux consommateurs, il existe des règles que les commerçants sont tenus de respecter.

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