Article : Marketing

La fleur de l'âge est périssable, bonbons ou pas

Cassis de Dijon

29.6.2015, BP

La beauté éternelle grâce à des bonbons? Après les crèmes miracles, ce sont les fabricants de sucreries qui s’engouffrent dans le marché des produits de beauté: des traces de coenzyme Q10, d’aloe vera et de collagène pour donner bonne conscience aux grignoteurs de bonbons.



Les aliments fonctionnels sont le grand trend du marketing alimentaire, avec des promesses de bénéfices pour la santé. Des céréales de petit-déjeuner pour baisser le risque d’infarctus, des margarines pour diminuer le cholestérol, des yogourts pour renforcer la défense immunitaire… Ces allégations de santé rendent les produits attractifs par rapport à ceux de la concurrence et elles font aussi grimper les prix. Pour limiter la tromperie des consommateurs, les autorités européennes ont décidé d’autoriser seulement les allégations qui sont scientifiquement prouvées.

Comme les plus de 250 allégations de santé autorisées ne lui suffisent pas, l’industrie a trouvé la parade avec les allégations dites « de beauté ». Car celles-ci ne sont pas règlementées.

Le cas peut-être le plus exemplaire est celui des bonbons Beauty Sweeties, fabriqués en Allemagne. La  « beauté vient de l’intérieur » clame la marque, affirmant que la consommation de ses produits entraîne des « bienfaits certains pour votre beauté », avec une « alliance d’ingrédients » (coenzyme Q10, aloe vera et collagène) constituant un véritable cocktail anti-âge. Un pseudo-argument puisque, comme tous les bonbons, les Beauty Sweeties contiennent en premier lieu du sirop de glucose et du sucre. Ensuite il y a de la gélatine, des jus à base de concentré et des arômes. Le coenzyme Q10 ne représente que des traces infimes de 0,015 %, tout comme l’aloe vera et le collagène. De telles traces seront sans aucun effet.

Pour combler une éventuelle déficience (rare) en coenzyme Q10, il faudrait avaler entre 1 et 20 kg de bonbons par jour. L’effet garanti de cette cure de jouvence serait donc de faire grossir le consommateur au lieu de l’embellir.

Vous vous demandez pourquoi ce genre d’attrape-nigaud est maintenant en vente en Suisse, alors que le coenzyme Q10 était plutôt autorisé dans les crèmes de beauté que dans les aliments ? C’est une décision « Cassis de Dijon » qui a permis au fabricant de venir écumer le marché suisse. Marché juteux, car ces bonbons coûtent le double du prix de ceux de la concurrence.

Détail piquant, le fabricant allemand a dû renoncer à ses allégations dans son pays suite à un jugement; il communique désormais sur le « naturel », le « fait-main » et la « tradition ». Nouvelle aberration du « Cassis de Dijon »…

En savoir plus:
Test FRC des crèmes anti-rides
Registre des allégations de santé
Décision EFSA sur le coenzyme Q10
Dossier FRC sur le Cassis de Dijon

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