S'inscrire à la lettre FRC
S'inscrire à la lettre FRC

Article : Législation

Que vaut le Swissness trois ans après son introduction?

Utilisation de la croix suisse

25.1.2021, Barbara Pfenniger

La législation Swissness aurait atteint son but en apportant une plus-value à l’économie suisse, se félicite le Conseil fédéral. Certains fabricants annoncent au contraire avoir été prétérités. Comment comprendre cette différence d’interprétation? Et quel est le bénéfice du consommateur? Eclairage.



La Suisse s’est dotée, en 2017, d’une législation qui fixe les conditions d’utilisation de la croix suisse apposés sur des marchandises produites à l’étranger. L’instrument a été développé suite à la découverte de plusieurs cas frauduleux. Son but était de protéger le consommateur contre la tromperie et les entreprises helvétiques contre la concurrence déloyale. Car la «marque Suisse» vaut son prix, sur les marchés intérieur et extérieur.

L’industrie suisse bénéficie du Swissness.
Après trois ans, l’analyse montre que la législation a, dans l’ensemble, un impact modérément positif sur l’économie suisse. Déduction faite des coûts engendrés, son bénéfice global net s’élèverait à 1,4 milliards de francs par an. Le bénéfice serait notamment dû au maintien de la bonne réputation de la désignation suisse par la définition des exigences minimales, accompagnée d’une action contre les usurpations. Sur le marché intérieur, la prime de prix Swissness atteint en moyenne 9,5% du prix. Le chiffre d’affaires supplémentaire généré se monte en moyenne à 8,9% avec un maximum dans les secteurs cosmétiques et horloger.

La branche agroalimentaire est satisfaite mais veut bénéficier d’exceptions plus faciles.
De tous les secteurs de biens et services couverts par la législation, l’agroalimentaire est celui qui fait le plus souvent appel au Swissness. Parmi les entreprises interrogées, quatre sur cinq mettent très souvent en avant la provenance suisse de leurs produits et reconnaissent le bénéfice apporté par la «marque Suisse». Le prix des produits peut être plus élevé et les coûts engendrés pour respecter les nouvelles prescriptions légales ont été relativement modestes pour la plupart. Néanmoins, les firmes critiquent vivement la mise en œuvre de la législation Swissness et déplorent l’importance apportée à la provenance des matières premières. Pourtant le compromis négocié fait que seules 80% des matières premières doivent provenir de Suisse et l’industrie a obtenu de nombreuses exceptions pour des ingrédients qui ne seraient pas produits en quantité suffisante pour couvrir les besoins indigènes. Les fabricants voudraient obtenir ces exceptions plus facilement – tout en continuant de bénéficier d’une aura helvétique positive auprès du consommateur.

Le consommateur n’est consulté que pour son pouvoir d’achat.
Le rapport du Conseil fédéral reconnaît l’importance de réduire le fossé informationnel entre producteurs et consommateurs. Il admet aussi la nécessité d’améliorer la désignation des produits qui doit être exacte et crédible. Pourtant, l’étude se limite à cibler le porte-monnaie du client et non ses attentes et exigences. Elle demande uniquement quelle majoration il accepterait de payer pour certaines marchandises suisses non alimentaires. Mais elle aurait pu demander si les exceptions accordées étaient justifiées du point de vue du client, s’il préférerait que les matières premières importées soient signalées ou si la provenance des ingrédients principaux était indiquée de manière systématique. Une occasion manquée pour rendre la désignation claire et crédible comme c’était le souhait de départ de Berne.

Le monitoring n’analyse pas la situation sur le marché suisse.
Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, l’étude sur l’application Swissness n’a pas analysé le marché pour faire une statistique des apparitions de la croix suisse sur les produits dans les rayons et relever son utilisation plus ou moins correcte. Elle a plutôt demandé l’avis des entreprises et de leurs organisations. Elle en retire une recommandation: les sociétés devraient chercher elles-mêmes d’éventuels fraudeurs puis porter plainte. La création d’une plate-forme de dénonciation à l’attention du consommateur, comme demandé par la FRC, n’est pas prioritaire – alors que ce genre d’outil, ainsi que la publication des résultats d’investigations seraient importants pour marquer la confiance du consommateur et la crédibilité du système. Encore une occasion manquée.

Le rapport conclut que le Conseil fédéral va consulter les milieux concernés – l’industrie, l’agriculture et les organisations de consommateurs – pour améliorer le système. La FRC pourra donc défendre un point de vue et ramener la discussion à ses origines: Swissness doit servir à améliorer l’information du consommateur.

Devenez membre

Notre association tire sa force de ses membres

  • Vous obtenez l’accès à l’ensemble des prestations FRC
  • Vous recevez notre magazine FRC Mieux choisir
  • Vous pouvez compter sur notre équipe d’experts pour vous défendre
Devenez membre

Interpellation des grands distributeurs

 
Nous demandons aux distributeurs

  • cesser le marketing agressif sur les fraises, mais également sur d’autres denrées hors saison, que ce soit en rayon ou dans les différentes publications destinées à vos clients (catalogues, magazines, journaux, newsletter, etc.) ;
  • renoncer à disposer les fraises espagnoles aux endroits stratégiques de vos points de vente, à savoir en face de l’entrée, sur des ilots dédiés, ou en tête de gondoles ;
  • ne pas recourir à des mises en scène pour vendre la fraise hors saison (à savoir jusqu’en avril), en l’associant par exemple à de la crème et des tartelettes. Une demande valable aussi pour d’autres denrées, comme les asperges du Pérou associées à de la mayonnaise, viande séchée ou autre ;
  • indiquer clairement, de manière bien visible et transparente le pays de provenance ainsi que les noms des producteurs de fraises importées, que ce soit sur les affichettes qui accompagnent ces fruits en rayon, dans les publicités ou sur le dessus des barquettes ;
  • ne plus utiliser de formulations qui peuvent induire en erreur le consommateur sur la saison de la fraise en Suisse. Une demande valable pour la mise en rayon, ainsi que toute publication ;
  • être en mesure de prouver toute allégation de durabilité concernant l’assortiment.

Les dates de la tournée romande #Ramènetafraise

29.05.21Marché de Boudry (NE)
01.06.21Marché de Neuchâtel (NE)
02.06.21Marché de La Chaux-de-Fonds (NE)
04.06.21Marché de Fleurier (NE)
05.06.21Gare de Lausanne (VD)
12.06.21Gare de Genève (GE)
08.06.21Place fédérale (BE)
12.06.21Marché de Delémont (JU)
15.06.21Gare de Delémont (JU)
19.06.21Marché de Fribourg (FR)
27.09.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
29.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
29.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
09.09.21Semaine du goût Sion (VS)
25.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
26.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
05.10.21Les Jardins du Flon, à Lausanne (VD)
16.10.21Epicerie fine Côté Potager, à Vevey (VD)