Étude suisse
Le lien entre alimentation et PFAS se précise
Une nouvelle étude coordonnée par Unisanté confirme que l'ensemble de la population est exposée aux PFAS. Ces nouveaux travaux mettent surtout en évidence un lien net entre les habitudes alimentaires et la concentration de polluants éternels dans le sang des personnes testées.
06 juillet 2026
Les régimes à dominante végétale sont associés à des concentrations plus faibles. A contrario, la consommation de poisson constitue une cause importante des niveaux d'exposition. Quant aux embalages, ils ne sont pas anodins non plus.
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Juliette Ivanez
Responsable Alimentation
Une pollution généralisée
Rejetés dans l’environnement comme conséquence de certains processus industriels, les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) contaminent les sols et les eaux. Invisibles mais omniprésents, ils se retrouvent alors dans les denrées alimentaires. En 2025, une campagne d’analyse menée par les Chimistes cantonaux et l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) sur des échantillons de viande, de poisson, d’œufs et de produits laitiers confirmait le caractère généralisé de cette pollution: si très peu de denrées excédaient les seuils légaux, les produits analysés présentaient quasi systématiquement des traces de PFAS, dans des quantités toutefois infimes. Un constat somme toute préoccupant, quand on sait que ces composants s’accumulent dans l’organisme et en sont éliminés très lentement. Sans oublier l'effet cocktail lié aux nombreuses autres sources d'exposition à ces substances.
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Un pas en avant, un pas en arrière
Des mesures fermes pour réduire les contaminations à la source se font pressantes. Pourtant, les autorités planchent sur une révision temporaire du droit alimentaire qui permettra, à son entrée en vigueur, de commercialiser des denrées issues de mélanges entre de la viande trop contaminée aux PFAS pour être vendue comme telle, et de la viande exempte de pollution. Une pratique interdite dans l’Union européenne, et que la FRC dénonce. Le projet de loi mis en consultation prévoit tout de même que la viande issue d'un mélange soit étiquetée comme telle: une disposition qui, si elle tombe sous le sens, permettra au moins aux consommateurs qui le souhaitent d’éviter ces produits en supermarché. Dans la restauration en revanche, il y a fort à parier que la mention risque fort de ne pas apparaître, connaissant les lacunes en matière de respect des dispositions légales de déclaration.
Point positif: le projet de loi en consultation prévoit, dans le même temps, d’adopter des valeurs maximales plus strictes pour les PFAS dans l’eau potable. Ces nouveaux seuils seront en partie repris de la réglementation européenne, et ils couvrent plus de PFAS que les quatre sortes actuellement régulées en Suisse – il faut malheureusement rappeler qu’il existe des milliers de types de PFAS différents. Et si l’OSAV précise que ce serrage de vis pour l’eau potable servira à éviter la contamination du bétail, la FRC se réjouit que, par ricochet, la protection de la santé des consommateurs soit aussi renforcée.
Où sont les PFAS dans l'assiette?
Si elle ne vise pas à démontrer une causalité, l’étude coordonée par Unisanté, menée sur 630 adultes en Suisse, aide à comprendre plus finement les associations entre consommation de certaines denrées et exposition aux PFAS. Y est notamment relevé l'intérêt de s'alimenter avec une part plus faible de produits animaux: un régime riche en végétaux était en effet associé à une forte réduction des chances d'avoir un niveau intermédiaire ou élevé de PFAS dans le sang, comparé à un régime traditionnel suisse.
Les personnes consommant du poisson, en particulier le saumon et le poisson d’eau douce local, semblent en revanche plus exposées. D’autres facteurs d'exposition sont aussi pointés du doigt, comme la consommation d’alcool, l'utilisation de fart de ski ou de sprays imperméabilisants et certaines activités professionnelles.
Il faut rappeler que les PFAS sont une problématique systémique, et que réduire son exposition par des actions individuelles est très complexe. Les bons réflexes toutefois: adopter une alimentation la plus variée possible, et diversifier ses sources de protéines en incluant des denrées végétales (légumineuses, céréales ou encore tofu). Et pour les objets du quotidien, les tests de la FRC aident à trouver des alternatives sans PFAS.
Cette étude a le mérite d'apporter une meilleure compréhension des facteurs influençant l'exposition aux PFAS et fourni une base de référence pour des travaux à venir.
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