Session parlementaire
PFAS dans l’eau et dans la viande: le Parlement doit mieux faire
Après la session «spécial PFAS» de septembre 2025 et ses résultats en demi-teinte, le Parlement persiste avec des mesures tièdes et insuffisantes en matière de protection de la santé.
05 mars 2026
Juliette Ivanez
Responsable Alimentation
La motion «Fixer des valeurs limites pertinentes pour les PFAS en tenant compte des conséquences pour l'agriculture et les distributeurs d'eau et introduire des mesures de soutien à l'agriculture», contre laquelle la FRC et les autres associations de consommateurs en Suisse ont pris fermement position, vient d’être acceptée par le Conseil des Etats. Cette motion presse le régulateur d’accepter le mélange de viande contaminée aux PFAS et de viande non contaminée, afin d’abaisser artificiellement la quantité de PFAS dans le produit final.
Très peu de ces substances, dont certaines sont classées comme cancérigènes, sont actuellement régulées en Suisse. Pourquoi le Parlement envisage-t-il de déroger aux quelques normes déjà en place? Les partisans de la motion affirment défendre les intérêts des agriculteurs dont les exploitations sont polluées par les PFAS. Mais les mesures proposées constituent une grave entorse au principe selon lequel les denrées doivent être conformes à la législation sur les denrées alimentaires et ne présenter aucun risque pour la santé tout au long de la chaîne de production et de transformation. Une énorme concession faite au prix de la santé des consommateurs.
Le texte voté envisage aussi de ne pas s’aligner sur la norme européenne en matière de PFAS dans l’eau potable – et donc d’ignorer le principe de précaution en rejetant les seuils de sécurité appliqués par les pays voisins. Un tel non-sens est particulièrement problématique quand on sait que les PFAS s’accumulent dans l’organisme avec le temps, alors que leurs effets néfastes pour l’humain sont de plus en plus documentés.
Petite avancée néanmoins: le Conseil National avait introduit dans le texte voté la volonté de limiter la production et l’utilisation de produits qui pourraient contenir des PFAS. On reste au stade de la déclaration d’intention, mais la chambre a eu le mérite d’aborder le problème à la racine.
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