Test : Été

Crème solaire: bien couvert pour pas cher!

Crème solaire: tests et recommandations

4.7.2017, Anne Onidi

Sur quatorze produits à indice de protection 30, deux ne protègent pas suffisamment la peau. Et ils se classent parmi les plus chers du test !

Une journée ensoleillée et l’humeur rebondit, la vitalité grimpe, la mine s’illumine. Mais on le sait, le soleil n’est pas seulement bénéfique pour la santé. Ses rayons peuvent aussi brûler la peau, la faire vieillir et contribuer au développement de cancers. Pour profiter des bienfaits du soleil tout en se prémunissant contre ses méfaits, l’usage adéquat d’une crème solaire à indice de protection élevé fait partie des mesures à adopter. Encore faut-il pouvoir faire confiance aux nombreux produits du marché. Remplissent-ils leur mission de rempart contre les rayons UVA et UVB? Faut-il dépenser plus pour être mieux protégé? Pour faire la lumière sur ces questions cruciales, notre laboratoire a analysé quatorze références, issues de la grande distribution et des commerces spécialisés. Elles sont vendues à des prix oscillant entre 4 fr. 63 et 29 fr. 52 les 100 ml.

Deux produits insuffisants: indice 30? Non, 13!

Verdict des experts: la crème Sécurité de Clarins et le Soin solaire lait minéral corps de Clinique n’offrent pas la couverture escomptée, et de loin! Les mesures effectuées sur une dizaine de personnes (lire encadré) sont formelles, leurs indices de protection sont en réalité de 20 pour l’une et 13 pour l’autre. Concrètement, ils ont une capacité moindre que ce qu’ils affichent à bloquer les rayons UVB, responsables des brûlures et plus spécifiquement impliqués dans le développement de cancers. Le lait Clinique offre par ailleurs une barrière insuffisante contre les UVA, qui provoquent, eux, le vieillissement de l’épiderme. Ces produits, intolérables, ne méritent qu’une chose: le boycott! Une mesure profitable à la santé qui s’accompagne d’un soulagement pour le porte-monnaie, le prix de ces articles étant extrêmement élevé (jusqu’à 295 fr. le litre). Restent ainsi douze produits, dont un à 20 fr. le litre, qui honorent leur rôle.

12 produits s’en sortent: et les qualités subjectives, alors?

Un parfum suave, une texture légère, une peau délicatement veloutée après application, le tout accompagné d’une sensation de fraîcheur: voilà un peu à quoi ressemble une crème de rêve. Avec, à l’opposé, le cauchemar des plages: un produit épais, gras, collant, qui sent mauvais et blanchit l’épiderme. Evidemment, tous les produits de notre panel se situent entre ces deux extrêmes, avec une bonne acceptation globale de la part de la trentaine d’utilisatrices. C’est le lait Protect & Bronze de Nivea sun et le Solaire peau parfaite d’Yves Rocher qui ont été les plus plébiscités. Quant aux deux références Sun Look de Migros ainsi que celle de La Roche-Posay, elles séduisent moins, tout en restant agréables à utiliser. C’est au niveau du parfum que les différences les plus marquées se sont fait sentir. La crème Nivea a irrésistiblement séduit, alors que d’autres ont rebuté; la fragrance du produit Sun Look ultra sensitive se démarque ainsi de manière négative.

S’exposer au soleil est un plaisir à consommer avec modération. Une consigne que les fabricants devraient indiquer autrement qu’en tout petits caractères sur les emballages. Pour cette raison, nous avons sanctionné l’absence de cette mention sur le tube. Vous voilà prévenu, afin de passer un bel été, sans irritation ni lésion.

Voir notre test des crèmes solaires

 

 

Pour préserver votre capital santé, une lecture d’étiquette s’impose.

 

En coulisses

Les secrets des indices

Plus l’indice de protection (en anglais SPF, pour solar protection factor) est élevé, plus la crème bloque les rayons UV. Cependant, les différences de protection ne sont pas linéaires; une crème SPF 15 ne protège pas deux fois moins qu’une SPF 30. En réalité, le premier bloque 93,3% des UVB alors que le second en retient 96,7%. La protection totale n’existe pas: une crème SPF 50 stoppe 98% des UVB, et non 100%.

Mais trêve de théorie, place à la pratique. Pour mesurer l’indice de protection réel, le laboratoire utilise une méthode brevetée, effectuée sur le dos d’au moins dix volontaires, dans une zone de 36 cm2. S’il y a plusieurs zones, chacune est éloignée d’au moins 1 cm. Les zones sont recouvertes de la même quantité de produit, soit 2 mg par centimètre carré. Sous irradiation artificielle, les experts évaluent quelle dose minimale d’UV il faut pour produire la première rougeur perceptible. La protection aux UVA est quant à elle mesurée in vitro.

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