Test : Alimentation

Composition du chewing-gum, un direct dans la mâchoire

Nanotechnologies

28.4.2020, Lionel Cretegny et Barbara Pfenniger / Autant privilégier une dragée estampillée Sympadent. Mais elle ne remplace pas un brossage propre en ordre !

La composition des gommes à mâcher n’a rien de reluisant. Survol des substances les plus problématiques.



Il a peut-être des ancêtres remontant au paléolithique, mais le produit manufacturé qu’on connaît aujourd’hui est aussi ricain que le Coca-Cola, débarqué sur le Vieux-Continent au début du XXe siècle. Populaire, le chewing-gum est de presque toutes les poches et trône en bonne place aux caisses des supermarchés. Dans le cadre de ce test, 22 échantillons ont été sélectionnés en grande surface, en kiosque et dans certains rayons jouets. Ils ont été classés en produits pour enfant et famille.

L’intérêt à se pencher sur le chewing-gum tient au nombre de ses additifs: ceux qui confèrent à la gomme plus ou moins de souplesse, ceux qui lui donnent de belles couleurs ou un goût si particulier. Nos testeurs ont donc pris leur loupe et ce qu’ils ont trouvé n’a rien d’une douceur!

DIOXYDE DE TITANE (E171) | Ce colorant blanc est très largement utilisé dans l’industrie cosmétique pour la fabrication de dentifrices, de savons, etc. mais aussi dans les sucreries et pâtisseries industrielles. Contrairement à la Suisse, la France en suspend l’utilisation dans l’alimentation depuis le 1er janvier 2020. Une décision qui fait suite à un rapport de l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). On soupçonne le dioxyde de titane de notamment provoquer des lésions cancéreuses et d’attaquer le système immunitaire. A éviter donc. Autant privilégier Fruity Fresh, qui est le seul de notre sélection à ne contenir aucun ingrédient indésirable.

ACIDE CARMINIQUE (E120) | Ce colorant naturel rouge est issu de la cochenille, un insecte parasite de différents cactus. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de limiter autant que faire se peut ce composant qui peut dans certains cas provoquer des allergies respiratoires et alimentaires, et qui est également suspecté d’engendrer de l’hyperactivité chez les enfants. Quatre gommes destinées aux plus jeunes en contiennent, Bubblicious, Fun, Felko et Vidal Melons.

BHA (E320) | Le Butylhydroxyanisol est un antioxydant de synthèse qui protège du rancissement et ravive les couleurs. Un nombre important d’études ont montré qu’il provoquait des cancers chez le rat. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l’a classé comme cancérogène possible pour l’humain. De plus, il est fortement suspecté d’agir comme perturbateur endocrinien. A fuir. On le trouve dans Orbit, Airwaves Extrême, Vidal Melons et Hubba Bubba.

BHT (E321) | Cet autre antioxydant, le Butylhydroxytoluène, est suspecté d’être cancérogène et de perturber le système endocrinien, même s’il apparaît que les doses journalières ingérées restent en deçà. Néanmoins, davantage de recherches sont nécessaires, ce à quoi s’est attelée l’Anses. Dans l’intervalle, et par mesure de précaution, autant l’éviter. On le trouve dans V6, Stimorol, Mentos et Bubblicious.

PHOSPHATE DE CALCIUM (E 341) | A la fois antioxydant, régulateur d’acidité, agent épaississant, ce composé est accusé d’augmenter les risques cardiovasculaires. Il est particulièrement néfaste pour les personnes atteintes d’insuffisance rénale. L’EFSA a récemment réévalué la consommation de phosphates via les additifs alimentaires et abaissé les valeurs limites. Dans ce contexte, mieux vaux faire l’impasse sur Vidal Melons.

ÉDULCORANTS | Dans cette catégorie d’additifs, il existe deux grandes familles. La première concerne les édulcorants de masse ou polyols, comme le sorbitol ou le xylitol, qui ont l’avantage de ne pas avoir d’effet cariogène. On les trouve dans les produits sans sucre. S’ils apportent de la douceur au palais, ils peuvent provoquer des inconforts intestinaux (effets laxatifs et flatulences). La seconde concerne les édulcorants intenses, comme la saccharine, le cyclamate, l’aspartame et l’acésulfame K, dont le pouvoir sucrant est puissant. Dans ce cas, il faut veiller aux doses journalières globales, rapidement atteintes chez les jeunes qui consomment beaucoup de boissons light par ailleurs. Vigilance donc avec les chewing-gums pour enfant.

Rappelons enfin que la FRC dispose d’une application gratuite et d’une base de données ouverte à tous sur les additifs, permettant, au-delà du choix pour une marque de chewing-gum, de faire le tri dans tous les aliments ultratransformés. Qu’on se le dise!

Plus d’infos: FRC tests

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