Article : Dioxyde de titane

Colorant E171 interdit en France dès 2020 – et la Suisse?

Nanotechnologies

26.4.2019, Barbara Pfenniger

L’additif alimentaire E171 (dioxyde de titane) sera interdit en France dès le 1er janvier 2020. Ce colorant blanc, présent notamment dans des confiseries telles que chewing-gums et bonbons, est généralement composé d’une fraction importante de nanoparticules. Il est soupçonné de provoquer des lésions précancéreuses de l’intestin et d’affecter le système immunitaire. La FRC demande d’appliquer le principe de précaution aussi en Suisse.



En 2017, des chercheurs français de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) avaient pour la première fois pu montrer l’effet du colorant E171 quand il est ingéré par des rats: des nanoparticules pénètrent dans la paroi de l’intestin et se retrouvent jusque dans le foie. Outre des troubles du système immunitaire, une consommation chronique avait chez les animaux un effet initiateur de la cancérogenèse colorectale. Les chercheurs s’étaient retenus d’extrapoler leurs conclusions sur les humains et sur d’autres stades de la maladie, mais demandaient d’étendre les études sur les humains. Comme les fabricants de cet additif n’ont pas fourni d’études prouvant l’innocuité de la substance, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) n’a pas pu lever les incertitudes et garantir la sécurité de l’utilisation du dioxyde de titane. Aucune dose journalière admissible n’a pu être fixée pour l’additif, ce qui a amené le gouvernement français à suspendre sa mise sur le marché par principe de précaution.

En Suisse, le dioxyde de titane est également présent dans des denrées alimentaires (autorisation quantum satis dans de nombreuses catégories d’aliments, selon l’ordonnance sur les additifs), dans des médicaments et dans des cosmétiques. L’indication de la présence de nanoparticules sera seulement obligatoire dès 2021. L’analyse de la FRC  avait montré en 2018 la présence de nanoparticules de dioxyde de titane dans des m&m’s et dans du chewing-gum Hollywood, mais également dans des comprimés de Dafalgan et dans un stick de lèvres Avène – risquant d’être avalé. Les dentifrices sont également problématiques, notamment pour les enfants.

La FRC demande donc aux autorités suisses de tirer les mêmes conclusions que le gouvernement français: il faut appliquer le principe de précaution et interdire le colorant E171, tant que l’innocuité du dioxyde de titane n’a pas pu être prouvée. La FRC se joint à ses collègues français pour demander également l’application du principe de précaution sur les médicaments et les cosmétiques qui risquent d’être ingérés, notamment par les enfants.

En attendant, les consommateurs peuvent éviter l’exposition inutile en choisissant des denrées qui ne contiennent pas de colorant E171, notamment pour les enfants. L’application cosmétiques de la FRC sera mise à jour en fonction de l’état des connaissances.

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