Test : Habitat

Vinaigre: le grand ménage

30.4.2019, Anne Onidi

Détartrant, nettoyant, assouplissant, multiusage: le vinaigre de ménage fait beaucoup d’adeptes. Mais un produit sur deux contient aussi du détergent sans forcément l’annoncer.



 

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L’an dernier, une étude scientifique de grande envergure pointait un lien entre activités de nettoyage régulières et diminution des capacités pulmonaires. Si les professionnels de la branche s’avèrent plus concernés par le problème, les personnes en charge du ménage au foyer (autant le dire, essentiellement des femmes) le sont aussi. En cause: les particules et substances inhalées agissent sur les poumons comme le fait la cigarette. Des conclusions qui ne devraient évidemment pas dissuader de faire maison nette. Mais qui peuvent inciter à recourir à des produits multiusages de composition simple. Opter pour le nettoyage au chiffon et à l’eau, dans un premier temps, et au savon noir et vinaigre ménager (en quantité raisonnable), dans un second temps, c’est donc non seulement mieux pour l’environnement, mais aussi pour la santé.

Performances égales

Cela dit, l’écologie c’est bien, mais ces produits dits de grand-mère sont-ils aussi efficaces que les nettoyants spécifiques du commerce? En 2016, nos confrères de l’émission télévisée A Bon Entendeur (ABE) répondaient par l’affirmative. Le savon noir s’est ainsi démarqué comme détergent, égalant, voire surpassant des produits industriels. Quant au vinaigre, c’est de loin le meilleur détartrant du marché. Pour cette raison, son utilisation est à proscrire sur les surfaces sensibles aux acides, comme le marbre ou la pierre calcaire. Savon noir, vinaigre et bicarbonate de soude peuvent donc tout à fait suffire pour s’acquitter de toutes les tâches, même celle de la désinfection (lire encadré). Trois produits à la composition simple et claire, à mélanger selon les besoins. Les recettes maison affluent d’ailleurs sur internet et dans les librairies. Certaines marques (Briochin, Starwax) en proposent sur leur site et dans des brochures au design rétro.

La FRC souhaite mieux connaître les habitudes de nettoyage des consommateurs afin de cibler ses actions dans ce domaine

Détergent caché

En achetant un produit portant l’intitulé «vinaigre de nettoyage », on s’attend en toute logique à ce que le flacon ne contienne que du vinaigre et de l’eau. Or, sur les six bouteilles indiquant cette mention, deux contiennent également du détergent, voire du parfum. Et si Bio- Natura l’indique en petits caractères sur l’étiquette arrière, Starwax en fait mention en lettres à peine lisibles. Dans ces deux cas, il y a donc erreur sur la marchandise. Plus équivoque, l’étiquetage du détergent Migros Plus Oeco Power affiche une mention «vinaigre de pomme» de manière bien évidente, qui peut laisser croire à un vinaigre pur. Une confusion qui serait évitée avec le simple ajout d’un «au» devant le vinaigre de pomme. Quant au produit de nettoyage Frosch, il annonce clairement la couleur, avec un flacon transparent rendant visible un liquide vert d’abord, ainsi qu’avec la mention «détergent au vinaigre».

Vaporisateurs sanctionnés

Côté emballages, les fabricants vont du plus simple (la bouteille en PET de 31 grammes, La droguerie éco-pratique) au plus élaboré (Starwax et Briochin avec leurs flacons diffuseurs pesant plus du double). Certes, ce type de contenant est un ustensile fort utile pour le ménage, mais est-ce bien raisonnable d’en équiper tous ses produits? D’autant plus que chez Starwax, les recharges n’existent pas et que le flacon ne contient que 500 ml de produit. Proposer du vinaigre qui n’en est pas dans un emballage destiné à la poubelle, voilà qui n’est pas des plus clair et net.

Aquama: superflu et ambigu

«Une maison propre est une maison sans microbe»: la croyance est bien ancrée dans certains esprits, mais non fondée. D’abord, parce que la propreté absolue n’existe pas, ensuite, parce qu’un habitat n’est pas une salle d’opération. Donc, à moins d’une indication médicale contraire, inutile de désinfecter son logement. Mieux vaut aérer et nettoyer fréquemment qu’utiliser des biocides nuisibles à la santé et à l’environnement. Ce conseil fondé sur le bon sens, la FRC l’a donné à une personne curieuse de connaître la composition d’un produit désinfectant vendu comme écologique.

Le produit en question était une solution de la gamme Aquama, de la société romande du même nom. Son modèle d’affaires: le client fabrique son propre produit de nettoyage en électrolysant une solution saline à l’aide d’une machine. Le résultat? De l’eau de Javel, jamais nommée comme telle et qui, bien que diluée, n’a rien d’écologique. Si le concept reste intéressant pour des hôpitaux ou des aéroports, il n’apporte rien aux foyers. Et pour une désinfection occasionnelle, le vinaigre dilué fait très bien l’affaire, confirme le test d’ABE.

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