Plateformes e-commerce
Sur Galaxus, des fournisseurs vendent des articles Temu
Un lecteur du magazine Saldo a commandé sur Galaxus un couteau provenant en réalité de la plateforme d'e-commerce Temu. L'entreprise suisse plaide une erreur due à la quantité d'articles et de fournisseurs tiers disponibles sur son site, alors qu'elle est aussi responsable de garantir la sécurité de l'assortiment proposé.
14 juillet 2026
Jessica Monteiro
Journaliste
Galaxus critique régulièrement le modèle d’affaires de Temu, le géant chinois de l’e-commerce. Différents articles du blog de Galaxus rappellent l'impact écologique de la plateforme, la concurrence déloyale causée par les petits prix pratiqués par ces concurrents étrangers ou encore la non-conformité des produits aux normes suisses.
L'entreprise se place, dans ses communications, en opposition avec ce modèle d'affaires. La clientèle paie certes des prix plus élevés sur Galaxus mais c'est parce qu'elle obtient en échange des garanties absentes chez son concurrent chinois: «des contrôles sur les produits», «une livraison plus rapide», «un respect de la législation suisse» et «une responsabilité clairement définie chez le fournisseur comme le vendeur».
Pourtant, un lecteur du magazine Saldo a commandé un couteau via Galaxus... provenant de Temu. L’article a été revendu cinq fois plus cher sur Galaxus: 14.90 francs contre 2.91 francs sur la plateforme chinoise.
Système de fournisseurs tiers
À la suite de l’article de Saldo, Galaxus s’est fendu d’un argumentaire de 9 pages pour se justifier. Beaucoup d'informations mais une seule conclusion: malgré tous les contrôles qualité opérés, des articles Temu sont bel et bien vendus sur Galaxus via des fournisseurs tiers.
Bien que le couteau ait désormais été retiré de la vente, ce problème peut concerner d'autres vendeurs tiers. Dans ce modèle, le contrat de vente lie directement le client au fournisseur, Galaxus n'agissant «que» comme intermédiaire. En cas de litige, l'entreprise suisse renvoie systématiquement la clientèle vers le fournisseur concerné.
C'est par ailleurs grâce à l'arrivée massive de ces nouveaux vendeurs que l'assortiment Galaxus a augmenté de 25% début 2025, atteignant 8 millions d'articles et ouvrant la porte à des produits non conformes aux normes suisses.
«Pas de contradiction»
L'entreprise se défend d'une dissonance entre ses critiques de Temu et la disponibilité de produits issus de cette plateforme sur Galaxus. «Le fait qu’un seul fournisseur ait introduit subrepticement des produits Temu chez nous ne change rien à notre position. Au contraire: ce sont précisément ces produits non contrôlés que nous ne voulons pas dans notre gamme», affirme Galaxus.
Mais de son propre aveu, les millions d'articles couplés au nombre de partenaires actifs sur la plateforme empêchent une vérification minutieuse de marchandise. L'entreprise suisse concède ainsi que la commercialisation de produits Temu sur sa plateforme peut se reproduire à l'avenir.
Trop d'articles pour tout contrôler
Galaxus se décharge d'une grande partie de la responsabilité sur le fournisseur tiers à l'origine de cette vente. «Nous devons pouvoir compter sur le fait que les fabricants et les fournisseurs respectent la législation», écrit l’entreprise, à qui il appartient pourtant de contrôler les articles qui transitent par sa propre plateforme.
Pour rappel, 70% des produits de Temu et Shein ne respectent pas les normes européennes et sont illégaux, selon une enquête de l’International Consumer Research and Testing (ICRT), dont fait partie la FRC, publiée en décembre dernier.
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