Arnaque
Reconnaître une fausse boutique en ligne
L’habit ne fait pas le moine. Des sites internet font croire qu’ils vendent les produits d’une boutique locale alors qu’elle n’existe pas.
08 septembre 2026
Cindy Lerin
Juriste
L a méthode qui consiste pour le vendeur à revendre à un prix plus élevé des produits qu’il n’a pas en stock se nomme dropshipping. En soi, elle n’est pas interdite. Cependant, elle peut mener à des situations d’abus laissant les internautes sans réels moyens d’action pour faire valoir leurs droits. Il faut alors miser sur la prévention afin de pouvoir détecter au mieux les signes d’une éventuelle arnaque.
Informations lacunaires
Avant de procéder à tout achat, il vaut la peine de prendre connaissance des mentions légales – notamment nom de la personne physique ou
de l’entreprise qui se trouve derrière le site internet, adresse postale et numéro de téléphone – ainsi que des conditions générales de vente, en particulier les conditions de retour de la marchandise.
Bien qu’il faille parfois un peu fouiller pour les trouver (elles sont souvent en bas de page, ndlr), ces informations sont à la base de la relation contractuelle et leur absence peut légitimement faire douter du sérieux du prestataire. S’il y a une adresse e-mail, il ne faut pas hésiter à écrire pour demander où ces mentions se trouvent ou les obtenir.
Proximité exagérée et erreurs de l’IA Afin de gagner la confiance de leurs utilisateurs, les sites frauduleux peuvent avoir tendance à exagérer leur «suissitude». Ils recourent à l’intelligence artificielle (IA) afin de déployer des textes ou des visuels mettant on ne peut plus en avant les clichés sur la Suisse (drapeau national sur tous les meubles, caquelon à fondue à côté du canapé, etc.). L’IA devenant de plus en plus performante, il convient alors d’affûter son œil et son esprit critique face aux incohérences, absurdités, exagérations, mises en scène trop parfaites, etc. Le diable se cache dans les détails…
Cette apparence de proximité est souvent agrémentée de commentaires de prétendus clients que le site fait défiler. Dans ce cas, il est toujours intéressant de remonter à leur origine afin d’en vérifier l’existence et la crédibilité. Le fait que le nom de domaine du site soit en «.ch» n’apporte aucune garantie de véracité et la connexion «https» signifie uniquement qu’elle est chiffrée mais pas que le site est fiable.
Pour aller plus loin, voir aussi le Guide des achats en ligne du Seco, le Secrétariat d'État à l'économie
Bons réflexes
- Ne cédez pas à l’urgence, ces sites offrent très souvent des rabais exceptionnels (–50%, –70%) pour des périodes limitées («plus que 3 jours!», «plus que
2 articles!»). - Avant tout achat, consultez les mentions légales et les conditions générales de vente du prestataire.
- Vérifiez que l’entreprise ou la personne gérant le site figure bien dans un registre du commerce (l’index central zefix.ch, p. ex.).
- Assurez-vous de la crédibilité des commentaires figurant sur le site en remontant à leur source.
- Faites vous-même des recherches sur le site en question afin de voir ce qu’il en ressort.
- Si vous êtes à l’aise avec la technologie, faites une recherche d’image inversée (Reverse Image Search) du produit qui vous intéresse afin de voir s’il figure ailleurs.
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