Article : Un mois, un défi

Ma vie sans additifs: mission quasi impossible

Additifs alimentaires

16.3.2021, Barbara Pfenniger

Une série en mode «je» que la FRC partage avec vous sur ses expériences pour changer certaines habitudes. Ce mois: la traque aux codes E.



La Suisse autorise quelques 350 additifs dans les aliments, ainsi que des milliers de molécules aromatiques. Moi qui décrypte les étiquettes à longueur de journée, suis-je capable de les supprimer? J’ai relevé le pari en famille, pensant être près du but en mangeant normalement: ne pas acheter d’aliments tout prêts allait suffire. Et puis, ce gâteau italien reçu à Noël peut rester au placard sans me faire craindre ni entorse à la règle ni scrupule face au gaspillage alimentaire. Sa date limite expire en juin.

En fait, les complications ont commencé le premier jour au petit-déjeuner. Le pain du magasin contient des améliorants de farine. De ce fait, ma famille me laisse généreusement le bout de pain maison au levain fait deux jours plus tôt. Il est bien conservé puisqu’il est à base de farine intégrale bio locale. J’aurais aimé confectionner une tresse, mais je n’avais pas de levure fraîche: la séchée, bien pratique à garder en réserve, contient un émulsifiant. Viennent ensuite les confitures; toutes contiennent de la pectine (E 440). Heureusement, il me reste de la marmelade de coings maison sans sucre gélifiant. Les autres aiment aussi le miel; je préfère une purée d’amandes avec des lamelles de pomme de la région.

A midi, la moutarde de Dijon dans la sauce à salade maison sépare la famille en deux. En attendant d’acheter une moutarde bio sans acidifiant ni conservateur, je me contente d’une vinaigrette simple. Notre balsamique bio n’a ni antioxydant ni colorant, contrairement à d’autres. L’huile pressée à froid ne contient jamais d’additif. Enfin un truc facile!

Le grand dilemme aura été le sel. Les variantes iodées contiennent un antiagglomérant (E 341, E 535, E 536), dont on se passe volontiers. Au fond de l’armoire, je retrouve un bocal de gros sel marin, il fera l’affaire un mois pour cuisiner ou confectionner un bouillon de mon cru. Mais je ne suis pas dupe: sur le long terme, un sel non iodé pose problème. La bière en revanche est un souci vite réglé: la boisson locale, contrairement à d’autres, indique bien sa composition – sans additifs, chouette. Ma fille nous mijote un rôti de porc goûteux, juteux et légèrement caramélisé… une merveille.

Le chocolat nous procure enfin une bonne surprise. Contrairement à l’étude de marché que j’avais faite il y a six ans, on trouve maintenant du noir sans émulsifiant ni arôme. Nous avons le choix entre des plaques Favarger, Naturaplan et Lindt, c’est bien assez pour traverser 31 jours.

Au rayon des surprises, nombreuses, il y a eu la présence d’épaississant et d’acidifiant dans la conserve de haricots rouges du jour végétarien, remplacés par des haricots séchés qui se sont avérés bien moins chers. Il a fallu renoncer à la crème UHT contenant un épaississant, traquer les antioxydants de la choucroute, le correcteur d’acidité des bretzels bio, alors que les non bio s’en passent. La pizza, même maison, n’a pas été une mince affaire. Le jambon, compliqué à choisir, contient soit des nitrites, des conservateurs probablement cancérogènes, soit des arômes… Des anchois ont servi de solution. Autre garniture, les olives noires. Les dénoyautées, pratiques, sont noircies au gluconate ferreux (E 579). Mais là, c’est un faux problème: celles avec noyau sont bien plus goûteuses.

Le mois terminé, j’ai réalisé deux choses: j’avais mangé d’excellents plats et consommé moins de sucre. Et ce gâteau qui nous avait nargués un mois dans son emballage clinquant n’était pas si exceptionnel!

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