Article : Alimentation durable

Evaluation des labels alimentaires

20.10.2015

Plus de 65 d'entre eux se concurrencent sur les emballages alimentaires en Suisse. Le guide des labels édité par la FRC, Pusch, Helvetas et WWF permet d’en comparer une trentaine des plus fréquents afin de mieux choisir en connaissance de cause.



Le guide en dépliant PDF

Produire des aliments a un impact important sur l’environnement, sur les animaux et sur les êtres humains tout au long de la chaîne, de la terre à l’assiette. La législation donne un cadre pour empêcher les exactions trop importantes pour toutes les denrées. Allant au-delà de ce cadre minimal, les labels alimentaires garantissent une production encore plus durable. Contrairement à un simple logo, un label apporte une véritable plus-value aux consommateurs par des directives et des règlements transparents, des critères régulièrement mis à jour et des contrôles indépendants. Il peut être généraliste, comme Max Havelaar, ou limité à un seul distributeur comme Bio Natur Plus (Manor). Ces démarches privées peuvent être basées sur des standards établis, sans que cela ne soit visible aux yeux des consommateurs. Le guide permet de voir clair dans cette jungle des labels.

Le but de l’évaluation
Les labels durables promettent donc une plus-value invisible au consommateur. Celui-ci accepte de payer plus cher pour soutenir cette démarche. Notre analyse lui permet de bien choisir laquelle il veut soutenir par son achat. La comparaison transparente permet également aux détenteurs de labels de voir quels points ils devraient encore améliorer pour monter dans le classement. Cet effet s’est avéré utile, car l’évaluation 2015 des labels a montré de nombreuses améliorations par rapport aux dernières évaluations. Par ailleurs, les différences entre les labels situés au milieu du peloton se sont atténuées.

Les labels analysés
Pour avoir un impact maximal, un label durable devrait couvrir tous les aspects du développement durable. Pour cette raison, les labels qui couvrent un seul aspect n’ont pas été évalués. Des labels d’origine (p. ex. Suisse Garantie), de qualité (p.ex. Label rouge) ou d’efficacité (p. ex. CO2) ne font donc pas partie de la sélection. D’autres labels durables moins présents sur le marché ont dû être écartés par manque de moyens. Qu’ils ne soient pas mentionnés dans le guide n’est donc pas un jugement de la pertinence de leur démarche.

La comparaison des labels
L’évaluation des labels s’est faite sur la base de leurs règlements, donc sur la plus-value durable promise aux consommateurs et la crédibilité. Les critères d’évaluation développés depuis 2003 (environnement et aspects sociaux, processus et contrôle) ont cette fois été élargis par la rubrique «Gestion» (respect des lois, systèmes de gestion, formations, contrôles d’efficacité) en accord avec les critères de référence développés au niveau international. Ces critères ont été appliqués aux groupes de produits: denrées d’origine végétale, denrées d’origine animale, produits exotiques, produits de la pêche et aquaculture.

 

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Accès au guide complet

Les résultats 2015 en bref
Le marché des labels a beaucoup bougé depuis 2010. L’importance de certains labels a diminué, d’autres ont vu le jour (aquaculture ASC), et d’autres encore se sont différenciés selon la provenance suisse ou importée (Aldi). Plusieurs labels ont progressé dans leur soutien de la biodiversité. Notamment les efforts d’IP-Suisse le placent nettement devant l’UE Bio dans ce domaine. En revanche, la catégorie d’impact «climat et énergie» nécessite encore des améliorations. Les labels ont seulement obtenu entre 14% et 43% des points à disposition, car la protection du climat et l’efficacité énergétique manquent ou sont formulées de manière trop vague.

Excellent et Vivement recommandé:
La moitié des labels évalués ont reçu les notes «excellent» ou «vivement recommandé», malgré l’évaluation plus exigeante en 2015. Cela démontre que les labels s’adaptent continuellement aux exigences écologiques et sociales toujours plus élevées. Les produits labellisés offrent donc une plus-value considérable pour l’environnement et la société.

Recommandé:
Dans la catégorie «Recommandé» se trouvent des labels comme MSC ou Naturafarm qui ont obtenu d’excellents scores  dans certaines catégories, mais seulement très peu ou aucun point dans d‘autres, où leur directive montre des lacunes.
Une série de labels comme UTZ Certified ou IP Suisse ont également été placés dans cette catégorie, puisqu’ils ont obtenu des résultats corrects dans presque tous les domaines, sans jamais atteindre les valeurs maximales.

Partiellement recommandé:
Les labels biologiques qui répondent uniquement aux exigences de la réglementation bio de l’UE se retrouvent dans la catégorie d’évaluation «partiellement recommandé». Car la réglementation bio de l’UE ne pose que très peu, voire aucune exigence dans les domaines de la biodiversité, de l’irrigation, du climat et du social. Par exemple, le bio sectoriel est autorisé, et l’usage des engrais et la rotation des cultures sont moins favorables.
Les labels obtenant des résultats inférieurs à la moyenne dans tous les domaines ont également reçu la note «partiellement recommandé».

Pas évalué:
Finalement, 30 labels ont réellement pu être évalués, car la marque Alnatura n’établit pas elle-même un cahier des charges, mais elle sert à mettre en valeur des denrées de production biologique labellisés par d’autres (p.ex. UE Bio, Demeter, Naturland ou Bioland).

Un label ne remplace pas la lecture de l’étiquette
Les labels ont été analysés concernant leur effet sur le développement durable. D’autres critères entrent en jeu lors du choix d’un aliment transformé, notamment sa composition, sa provenance et l’origine des ingrédients. Alors que l’usage des additifs est limité dans tous les aliments bio, certains labels limitent encore davantage les additifs autorisés (p.ex. Bourgeon: pas d’arômes, pas d’ingrédients colorants). La teneur en graisses, en sel et en sucres est importante pour la santé, cette information doit être recherchée sur l’étiquette. La provenance doit être indiquée sur toutes les denrées vendues en Suisse, dans certains cas également l’origine de l’ingrédient qui fait plus de 50%. La provenance détaillée des ingrédients est seulement donnée avec certains labels (Bourgeon).
Tous les labels analysés offrent une plus-value durable par rapport aux produits «standard», mais les consommateurs ont intérêt à lire également l’étiquette, en complément.

Le résultat synthétique est présenté dans un dépliant pratique à glisser dans le porte-monnaie et qui donne également des conseils pour mieux consommer. Le dépliant est disponible dans les bureaux FRC Conseil et au secrétariat de la FRC à Lausanne.

En savoir plus:

 

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