Alimentation
60 ans plus tard, le retour du petit pois
Ce légume vert a marqué durablement l’histoire des tests FRC. Il est le symbole d’une victoire: celle d’un étiquetage qui renseigne la clientèle sur la marchandise contenue dans une boîte de conserve. Les pionnières de la FRC avaient alors compté le nombre des petits pois et évalué leur forme. Depuis, on distingue poids net et égoutté. Chaque ménage a donc dans son placard au moins un exemplaire d'une victoire FRC!
08 septembre 2026
Grégory Mathez
Scientifique Tests comparatifs
Le petit pois, à la FRC, on l’aime. pas seulement parce qu'il est un des légumes préférés des enfants et qu'il croque sous la dent, mais aussi parce qu'il raconte un pan de notre histoire associative et de la genèse des tests comparatifs qui ont fait la notoriété de J’achète mieux, nom de notre magazine de 1966 à 1997. C’est grâce à lui – et aux analyses de toutes les conserves qui ont suivi – que le poids égoutté figure sur l’étiquette à côté du poids net. Aujourd’hui, il serait impensable d’imaginer que l’on puisse payer le jus au prix de la matière première. Mais dans un passé pas si lointain, cela n’a pas toujours été le cas. Et c’est à une poignée de femmes engagées à exiger une information transparente et qui ne s’en laissaient pas conter qu’on le doit!
1963: le test qui a forcé à la transparence
Au début des années 1960, les étiquettes ne disaient rien du contenu des produits et ne permettaient pas de juger si le prix payé était correct – le fameux raport qualité-prix. Les pionnières de la FRC, consommatrices militantes avant l’heure, ont donc pesé diverses conserves, égoutté les légumes, compté et analysé chaque petit pois, avant de les peser à nouveau. Le constat était clair: une boîte de 1 kg ne contenait que 550 g de matière première, et l’indication ne figurait nulle part! L’Association suisse des fabricants de conserves leur avait alors répondu qu’il était impossible de savoir quel serait le poids du légume après stérilisation. Celui-ci, mis cru dans les conserves, changeait de poids selon l’espèce et sa maturité, puis durant le conditionnement. La revendication, forte, a trouvé un très large écho populaire. Et en 1970, la FRC remportait l’une de ses premières victoires: depuis, le poids égoutté figure obligatoirement sur l’emballage. Une ordonnance fédérale précise en outre la méthode à respecter pour peser les aliments.
La FRC a sollicité la Swiss Convenience Food Association, l’actuelle association qui regroupe les aliments en conserve, mais aussi les surgelés et les produits frais. «Depuis les années 1960, l’industrie a réalisé de grands progrès techniques: dosage, remplissage et stérilisation sont plus précis, les revêtements intérieurs et l’assurance qualité ont été améliorés. Aujourd’hui, l’étiquetage offre plus de transparence avec les dates de péremption, le poids égoutté et le numéro de lot.» Et de conclure: «Avec le recul, il est frappant de constater que beaucoup de questions discutées à l’époque sont maintenant résolues. Les échanges étaient constructifs entre organisations de consommateurs, fabricants et autorités.» Sorte de poil à gratter dans une économie qui se développait à tout-va, les tests comparatifs ont apporté, au fil des décennies, une contribution significative à l’amélioration de certains processus industriels et
au déploiement d’une information plus transparente pour les consommateurs.
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