Alimentation
Le comparatif des petit pois
Onze produits - frais du marché, en conserve, surgelés et secs, des conditionnements qui permettent d’en profiter toute l’année et pas uniquement au début de l’été - ont été envoyés en laboratoire. La FRC y a fait analyser la teneur en vitamines, fer, protéines et fibres, tout en décryptant les étiquettes pour connaître leur origine.
08 septembre 2026
Un test fondateur pour la FRC en 1966, reconduit 60 ans plus tard.
Image: Jean-Luc Barmaverain
Grégory Mathez
Scientifique Tests comparatifs
Il est l’un des légumes préférés des enfants: tout rond, tout joli, légèrement sucré, il met de la couleur dans l’assiette, il roule sur la table et croque sous la dent. Frais, il entre dans la catégorie des légumes; sec, il devient légumineuse. Il possède plusieurs déclinaisons: «moyen», «fin» ou «extra-fin», termes désignant sa taille et sa qualité gustative. L'assortiment est pour moitié indigène. L'autre parcourt le continent avant de finir dans l'assiette. Il existe sous divers conditionnements: conserve, surgelé, frais du marché et sec.
Le surgelé conserve-t-il les vitamines du légume frais inversement à la boîte de conserve? C’était une des questions auxquelles le laboratoire mandaté par la FRC avait à répondre.
Effectivement, il y a plus de vitamines B1 et B9 au congélateur que dans le placard. Dans une conserve, la B1 diminue de 60%, les folates (B9) de 26%. Certaines vitamines (B1, B9, C) sont plus sensibles que d’autres (D, E, K). Le petit pois sec est, lui, un concentré de vitamines, surtout de B1. Dicifood, vainqueur du test, explique récolter ses pois lorsque la plante a mûri et séché. Un séchage naturel et sans traitement après récolte limite ainsi la perte en vitamines. Faute de manger un produit frais dans les 48 heures, mieux vaut privilégier le surgelé. Dominique Truchot-Cardot, médecin nutritionniste responsable du Source Innovation Lab, recommande toutefois de manger des légumes avant tout, même en conserve! Ils devraient représenter plus du tiers de l’assiette.
Du côté des oligo-éléments, la FRC s’est penchée sur le fer. Comme il est plus résistant que les vitamines, la stérilisation ne l’affecte pas. Il est aussi plus concentré dans un pois sec (5 mg/100 g) que dans un frais du marché (1,5 mg). L’apport en fer journalier recommandé est de 10 à 15 mg. Bémol, le petit pois, comme d’autres légumineuses, contient des phytates, qui freinent l’absorption du fer. Le trempage est idéal pour en réduire la teneur.
Le petit pois est une excellente source de protéines et de fibres. En moyenne, l’analyse a montré 5,8 g de protéines et 7,5 g de fibres aux 100 g dans les produits frais et en conserve. La variante sèche est plus riche, comparable aux autres légumineuses.
Si les valeurs protéiques annoncées sur l’étiquette respectent les tolérances européennes admises, la déclaration des fibres, optionnelle, s’avère souvent en deça de la mesure trouvée par le laboratoire. Elle s’approche des recommandations de l’OMS (25 g au moins). Ainsi, chez Aldi, 26,4 g de fibres ont été mesurées dans un produit sec (l’emballage annonce 9,4 g). Seule exception, chez Aldi toujours, une conserve contient 4,3 g de fibres de moins qu’annoncé. Des écarts justifiés par des variations naturelles liées à la variété et à la maturité.
Entre Suisse et Kazakhstan
Dernier critère évalué, l’origine. La moitié de l’échantillon est suisse et conditionnée dans le pays. L’autre a parcouru parfois de longs trajets: des espagnols surgelés en Suisse, des suisses mis en conserve au Liechtenstein, ou des pois du Kazakhstan conditionnés en République tchèque. À l’opposé, Dicifood propose un pois 100% local. Le bilan écologique des articles varie donc fortement.
Le chaland qui achète romand au marché sera déçu, le pois suisse ayant presque disparu. L’Union suisse des paysans explique que le produit frais se conserve mal, que sa récolte n’est pas simple: même si elle ne nécessite pas d’engrais et qu’elle est bonne pour les sols, la culture du petit pois est sensible à la météo et ne peut revenir sur un même champ que tous les neuf ans.
Dans le rétroviseur
À la FRC, on aime le petit pois car il raconte un pan de notre histoire associative et de la genèse des tests comparatifs. Si aujourd’hui, le laboratoire analyse l’infiniment petit, dans les années 1960, les pionnières de la FRC pesaient la matière première. La distinction entre poids net et poids égoutté, c'est par ici!
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Préserver les vitamines
- Privilégiez une conservation courte et limitez l’exposition à l’air, à la lumière, au frigo et à la cuisson.
- Gardez l’eau de cuisson contenant les vitamines hydrosolubles pour une soupe et ainsi conserver les nutriments. Optez pour une cuisson douce et rapide à la vapeur.
- En cas d’anémie, privilégiez le fer d’origine animale, mieux absorbé, que celui d’origine végétale.
- Concernant les fibres, augmentez progressivement leur apport afin d’éviter des troubles gastro-intestinaux, rappelle la Drsse Dominique Truchot-Cardot.
Carences d’hier et d’aujourd’hui
Si la FRC a porté son attention sur les vitamines et oligo-éléments, c’est qu’ils sont essentiels au fonctionnement du corps. «Ils participent à l’équilibre cellulaire», rapporte Dominique Truchot-Cardot, médecin nutritionniste responsable du Source Innovation Lab. L’organisme ne les fabrique pas. Ainsi, il a continuellement besoi d’apports extérieurs. L’histoire passée a montré certaines carences: le scorbut (manque de vitamine C) ou le crétinisme (iode). Aujourd’hui, on observe des «carences dans un pays d’abondance», liées notamment aux aliments ultratransformés. «En Suisse, on peut manquer de vitamine D car on ne s’expose pas assez au soleil, d’iode car nous avons peu accès aux produits de la mer et mangeons moins de sel enrichi en iode, ou encore de zinc et sélénium car nos sols en sont pauvres», explique l’experte. Ces déficits se traduisent en symptômes tels que troubles de la santé mentale, de l’immunité voire malformations lors de grossesses. Si certains médicaments, régimes, maladies ou l’âge modifient les besoins, il n’est pas nécessaire de se ruer sur des compléments coûteux et parfois sous-dosés. Mangeons en couleurs!
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