Seconde main

Que faire des vêtements que l'on ne met plus?

Les Suisses renouvellent leur garde-robe tous les deux ans en moyenne et aiment offrir une deuxième vie à leurs vêtements usagés. Mais laquelle ?

Enjeux collectifs Impact environnemental Maison et loisirs Textiles

Archive · 31 mai 2016, Mis à jour le 27 janvier 2025

Quand vient l’heure du tri, pas simple de savoir si le fait de déposer ses vêtements dans un conteneur est une réelle bonne action. A qui cela profite-t-il vraiment? nous demande un membre. Le geste soulage-t-il ceux qui en ont besoin? Oui, mais pas forcément comme le consommateur l’imagine. Dans certaines formules, les ONG ne profitent pas des habits mais du produit de leur vente pour leurs projets. Globalement, les grands perdants restent les industries du textile des pays pauvres qui souffrent de la concurrence de nos fringues sur leurs marchés.

Mise à jour du 27.01.2025: Depuis la publication de cet article en 2016, les connaissances concernant les filières de seconde main ont évolué. On sait en particulier que si 40% des habits collectés dans les conteneurs restent en Europe et sont revendus d’occasion, 20% sont réexportés en Asie ou en Afrique. S’agissant des pièces de moindre qualité, le risque est grand de les voir terminer leur vie dans des décharges à ciel ouvert, affectant grandement l’environnement et la vie des populations locales. C’est pourquoi il est recommandé de privilégier les dons en direct à des associations caritatives et de jeter les habits qui ne peuvent être valorisés en seconde-main. Plus d’informations dans le sujet de notre série « écolo ou pas ».

➧ DON À DES OEUVRES CARITATIVES

QUI | Les grossistes Texaid, Contex et Tell-Tex collectent 50 000 tonnes par an notamment via leurs conteneurs, acheminées vers un centre de tri en Suisse. Ils revendent la plupart des vêtements et reversent la majeure partie de leurs bénéfices à des organisations caritatives.

DEUXIÈME VIE | 65% sont revendus en Europe de l’Est, en Asie et en Afrique comme seconde main; 15% sont transformés en chiffons de nettoyage; 15% sont mélangés à d’autres matériaux pour produire des isolants notamment, et les 5% restants sont détruits. Peu de vêtements en bon état restent en Suisse, à l’exception de quelques pièces mises de côté en faveur de l’Aide Suisse aux Montagnards.

AVANTAGE CONSOMMATEUR | Il gagne du temps (collecte rapide) et contribue à financer des actions sociales puisque les oeuvres d’entraide bénéficient de cette manne financière.

POUR LA FRC | L’objectif d’entraide locale n’est qu’indirectement atteint, hormis des initiatives comme celle de la Croix-Rouge fribourgeoise qui a mis en place sa propre filière. Privilégiez cette solution pour recycler un vêtement abîmé, mais pas pour ce qui est encore en bon état.

➧ RETOUR EN MAGASIN CONTRE BON D’ACHAT

QUI | I:CO collecte, depuis 2013, des vêtements usagés auprès d’enseignes de prêt-à-porter (H&M, Vögele Shoes). Elle n’est affiliée à aucune oeuvre d’entraide à qui elle fait concurrence. Le tri s’opère ensuite en Allemagne.

DEUXIÈME VIE | Les textiles sont revendus et transformés en Europe comme chiffons ou rembourrage pour sièges automobiles.

AVANTAGE CONSOMMATEUR | Il gagne du temps, de l’argent… mais reste captif de ces enseignes qui en ont fait un business.

POUR LA FRC | Cette solution lèse les oeuvres sociales qui pourraient bénéficier de ces dons et ne valorise pas les habits en bon état à leur juste valeur.

 

➧ DON AUX BOUTIQUES DE SECONDE MAIN

QUI |De très nombreuses boutiques de seconde main existent en Suisse, dont beaucoup sont dédiées à des oeuvres sociales: le Centre Social Protestant, l’Armée du Salut ou les magasins Picpus de Textura (Vaud), Caritas, etc. Cette dernière offre par exemple des réductions aux personnes dans le besoin (aide sociale, AI, chômeurs) sur présentation d’une carte de légitimation. Trouvez un lieu proche de chez vous dans nos bonnes adresses textiles. Faites aussi don de vos vêtements sur les sites de petites annonces en ligne ou à l’occasion d’une gratiferia (marché gratuit).

DEUXIÈME VIE | Si les habits ne sont pas revendus, les boutiques se chargeront elles-mêmes de les confier à un grossiste. Dans le cas d’une gratiferia ou d’une annonce en ligne en revanche, chacun garde ses invendus…

AVANTAGE CONSOMMATEUR | Il ne gagne ni temps ni argent, mais a la liberté de choisir à qui offrir ses vêtements.

POUR LA FRC | La FRC recommande cette solution pour les habits en bon état. De cette manière, le don bénéficie directement à l’organisation de son choix qui touchera davantage qu’en étant affiliée à un grossiste, ainsi qu’aux personnes nécessiteuses qui ont accès à des habits de qualité à moindre coût. Le tout, sans intermédiaire ni transport inutile. En outre, cette solution permet de s’assurer que les vêtements auxquels on tient ne finiront pas en chiffons. Opter pour les boutiques de seconde main, c’est aussi participer à la création d’emplois locaux.

➧ REVENTE

QUI |Boutiques de dépôt-vente, vide-dressing, bourses-échanges, sites d’enchères en ligne, petites annonces. Autant d’options pour confier ses vêtements usagés de qualité ou s’atteler soi-même à leur revente. La FRC participe à ce mouvement depuis une trentaine d’années avec ses Bourses aux habits, à repérer dans l’agenda.

AVANTAGE CONSOMMATEUR | Il gagne de l’argent mais la revente demande du temps et de l’organisation.

POUR LA FRC |  Cette solution est intéressante pour les habits auxquels on est attaché. Eux non plus ne finiront pas en chiffons. La vente en direct permet de rencontrer la personne qui lui offrira une deuxième vie, et de tirer un revenu de vêtements qui ont été onéreux à l’achat. Les perdants de cette formule restent les oeuvres d’entraide et leurs bénéficiaires, mis à l’écart de cette filière.

 

➧ POUBELLE 

Uniquement pour les habits très sales, car même abîmés ils servent encore sous forme de chiffons de nettoyage. La matière première et toutes les ressources nécessaires à la fabrication d’un simple T-shirt en coton sont bien trop précieuses pour être simplement incinérées. La chaleur et l’électricité valent peu de chose face à l’eau et aux produits chimiques utilisés, ainsi qu’aux kilomètres parcourus.

Fausses actions
Conforama passe à la caisse

12 mois d'enquête et 6 ans de procédure judiciaire. L'enseigne versera 1,5 million à la collectivité pour des fausses promotions repérées et dénoncées par la FRC.
SI

Continuer ma lecture

Sucreries aux caisses - hero

Sucreries aux caisses

99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés par l’OMS

Les caisses des supermarchés exposent massivement les consommateurs, en particulier les enfants, à des produits malsains. La FRC a analysé plus de 2500 denrées situées près des sorties de 30 magasins en Suisse romande. Face à l’augmentation préoccupante du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, il est urgent de prendre des mesures afin de modifier ce marketing irresponsable.
04 mars 2026 Sucreries aux caisses, stop!
Conforama

Prix barrés

1,5 million de francs pour de fausses actions: les dessous d'une saga judiciaire

Le public suisse est friand d'actions et d'offres promotionnelles, d'autant plus qu'elles sont fréquentes. Ce qu'il ignore souvent, c'est qu'elles sont peu régulées. Mais quand elles se révèlent fausses, elles deviennent aussi l'une des sources principales de plaintes à la FRC. Au point de pousser l'association à enquêter dès 2016 pour mettre fin à ces pratiques. Un effort qui aboutit à une condamnation de Conforama, sur le point de verser un montant historique de 1,5 million de francs à l'État de Vaud pour compenser les gains indus réalisés via des promotions trompeuses. À l'occasion du 15 mars, la Journée des droits des consommateurs, la FRC raconte les coulisses d'une saga judiciaire inattendue de plus de dix ans et pleine de rebondissements.
14 mars 2026 Fausses actions