Article : Alimentation de proximité

Un mois sans supermarché: facile avec la coopérative dans l'hypercentre à Neuchâtel

3.3.2017, Laurianne Altwegg

Elles sont trois collègues de la FRC à avoir répondu à ce défi qui tournait sur les réseaux sociaux. Chacune a fait son carnet de bord, semaine après semaine. Laurianne raconte l'expérience en duo.



Le premier défi quand on ne vit pas seule, c’est de convaincre Monsieur d’y adhérer. Faisant les courses tous les deux, cela n’aurait aucun sens sans lui. Ouf! Il accepte. Sans grand enthousiasme, mais l’expérience peut commencer.

Semaine 1 | Habitant en plein centre-ville de Neuchâtel, les épiceries et autres petits magasins ne manquent pas. Coopérative de producteurs bio, fromager, boucherie, poissonnier, épicerie italienne ou fine: tout est à proximité et accessible à pied. D’ailleurs, nous les connaissons tous déjà, mais les fréquentons en général le week-end, quand nous avons le temps de flâner un peu. Habitués à faire nos courses au quotidien ou presque, on se dit que ça ne devrait pas être trop difficile. Effectivement, à part quelques foulées supplémentaires (il faut dire qu’une enseigne orange est sur notre pas de porte…), on trouve de tout et pouvons même continuer à privilégier le bio et le local. En revanche, il va falloir faire attention au budget: ouille !

Le hic pour moi c’est sur mon lieu de travail, à Lausanne: j’ai l’habitude d’aller chercher de quoi me faire à manger au supermarché du coin si je n’ai pas de restes de la veille. Pour le premier jour de défi, je n’ai rien prévu et n’ai aucune envie d’aller acheter de la junk food ou de manger au restaurant juste pour éviter le supermarché. Heureusement, ce 1er février tombe un jour de marché. Problème réglé, je pars en quête de nourriture sous un soleil radieux. Le défi commence bien! Mais il faudra que je m’organise mieux pour mes pauses de midi…

Semaine 2 | Après une semaine d’achats hors supermarché, la bonne surprise réside dans la découverte de nouveaux produits. Je ne me prends plus la tête à savoir ce qui est de saison ou non et à chercher l’origine sur les étiquettes: la coopérative ne propose que du Suisse bio et local (à part quelques produits exotiques dans un coin bien séparé). Et quand il n’y a pas ce que je cherche, je vais à l’épicerie fine. Surtout, ça fait du bien de casser la routine, de prendre le temps de parler avec les vendeurs de ces petites enseignes: je n’irai pas jusqu’à dire que faire les courses est toujours un plaisir (surtout quand il pleut!), mais c’est en tout cas moins une corvée. En plus, la qualité est au rendez-vous: Monsieur et moi découvrons des produits au goût incomparable, comme ce délicieux beurre bio des Reussilles (miam!) que nous ne pensions jusqu’ici pas disponible dans la quantité qui nous convient (100g). C’est décidé, plus jamais de beurre de supermarché! Idem pour le pain: ayant l’extrême luxe de disposer de trois enseignes différentes vendant de véritables produits de boulangerie – et qui se conservent donc d’autant mieux – on serait fous de ne pas en profiter. Après, c’est vrai, le choix n’est pas toujours au rendez-vous lorsque l’on fait ses achats en soirée. C’est d’ailleurs la seule vraie contrainte quand on fréquente une petite enseigne: parfois, le rayon est vide et il faut changer de «crèmerie». En même temps, on se console en se disant que marcher, c’est bon pour la santé…

Semaine 3 | Le rythme est pris. Nos habitudes n’ont pas foncièrement changé, si ce n’est que j’emporte davantage de produits depuis la maison pour préparer mes repas de midi. Parfois, j’oublie une partie des choses et je reste frustrée sans ma pomme, mon yogourt ou mon lait pour le café. Pour le reste, les contraintes sont rares, même s’il faut avouer que les nombreuses réserves de nos tiroirs ou de notre frigo nous dépannent aussi. En même temps, on ne va pas gâcher ce qu’on avait acheté avant février non…? En revanche, je commence à réaliser les limites de l’expérience: je me demande vraiment pourquoi payer plus dans le petit commerce pour un produit similaire comme une conserve de maïs ou des mouchoirs. D’autant que certains produits tels le papier de toilette ne sont pas évidents à trouver ailleurs. Sans dire qu’ils n’ont aucune valeur ajoutée et ne font que grever le budget, du fait qu’ils sont plus chers. Ça ne vaut franchement pas la peine: on renonce. On décide aussi de faire une incartade pour nos bêtes à poils qui risquent fort de ne pas du tout apprécier le défi si on change leur nourriture et leur litière…

Semaine 4 | Dernière semaine: on y a pris goût. Non seulement celui de certains produits, mais aussi des contacts presque quotidiens avec les employés des commerces que nous fréquentons plus assidûment. Nous commençons tous les deux à mieux connaître les prix entre les différentes enseignes, ce qui allège un peu l’impact du défi sur notre budget. Bien que sceptique au départ, Monsieur est assez convaincu par l’expérience et gardera lui aussi certaines de ses nouvelles habitudes.

Sans trop s’en rendre compte, on est déjà le 1er mars. Alors, où est-ce qu’on va faire les courses aujourd’hui? Aïe, on a oublié que tous les magasins sont fermés à Neuchâtel, où va-t-on acheter ce qu’il nous manque pour souper? On aurait pu aller en grande surface à Lausanne puisqu’on y travaille. Mais non, on a opté pour des enseignes hors grande distribution sans se poser de question. Pourquoi? Peut-être parce que le défi nous a permis de réaliser que nous fréquentions plus le supermarché que nous ne le pensions. Trop en fait. Peut-être aussi parce que c’est agréable de soutenir le petit commerce local. Pour ma part, c’est surtout parce que les commerces que j’ai choisis de fréquenter davantage travaillent en direct avec les paysans de la région qui font d’excellents produits. Et dans la situation difficile que vivent beaucoup des producteurs suisses, je me dis que c’est le meilleur moyen de les soutenir et que chaque litre de lait acheté dans un circuit court compte.

Lire les carnets de bord de Sandra et de Laurence

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