Enquête : Lingettes pour bébé

Trop chimiques pour être douces

3.12.2013, Anne Onidi

Idéales pour nettoyer vite fait les fesses des petits, les lingettes humides séduisent les parents. Pourtant, toutes celles que nous avons testées contiennent au minimum un ingrédient peu recommandable.



Elles trônent sur la majorité des tables à langer et se logent dans presque tous les sacs de change. Les serviettes humides ont, depuis une bonne dizaine d’années, remplacé la ouate et l’eau. Leur atout numéro un: prêtes à l’emploi, elles restent toujours mouillées et ne nécessitent pas de point d’eau. Un sacré avantage pour voyager léger. Mais qui dit humidité, dit aussi prolifération des bactéries. Pour s’en prémunir, Nivea, Pampers, Penaten et compagnie ont recours à divers conservateurs. Si l’on y ajoute les parfums, la liste d’ingrédients s’allonge: souvent une dizaine de composants… en plus de l’eau. Ces additifs sont-ils inoffensifs pour la peau fragile et la santé des tout-petits? C’est la question que nous nous sommes posée avec nos confrères français de Que Choisir.

L’eau, c’est mieux

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Nous avons sélectionné dix variétés de lingettes pour bébé, ainsi que deux papiers de toilette humides pour les plus grands, en demandant à notre laboratoire de chercher une vingtaine de molécules problématiques dans les solutions qui les imprègnent. Résultat: toutes contiennent au moins un ingrédient indésirable. Le plus problématique est le phénoxyéthanol, présent dans la quasi-totalité des échantillons. En France, selon l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité des médicaments (lire ci-dessous), cette substance inquiétante ne devrait pas entrer dans la composition de produits destinés à la zone du siège, dont la peau est particulièrement sensible. Ce d’autant plus qu’ils ne sont pas destinés à être rincés. Mais comme aucune législation n’interdit tout bonnement le phénoxyéthanol, nos échantillons sont donc considérés comme… conformes. Reste que dix produits sur douze – en rouge sur le tableau – sont à déconseiller. Par ailleurs, ces lingettes ne sont ni biodégradables ni recyclables, et représentent un budget conséquent.

Papier de toilette humide à proscrire

Autre marché destiné aux plus grands, les serviettes humides qui se substituent au papier de toilette classique. Elles seraient plus faciles à utiliser (la lotion permettrait un meilleur nettoyage) et plus pratiques (pas besoin de déchirer le papier!), prônent les fabricants. De surcroît, avancent-ils toujours, elles faciliteraient l’acquisition de la propreté. Mais leur composition reste tout aussi chimique, et comme elles sont jetables dans les toilettes, les produits qui les imprègnent rejoignent lacs et cours d’eau – intoxiquant, pour certaines, le milieu aquatique. Ajoutons à cela leur coût prohibitif: plus de 5 centimes l’unité…

CORRECTIF

Aldi nous a signalé que les résultats de nos analyses des lingettes Mylove ne correspondaient pas aux résultats des analyses que la chaîne de magasins avait commanditées. Nous avons donc procédé à de nouvelles analyses sur les composés allergènes. Contrairement à ce que nous annoncions, les lingettes Mylove d’Aldi n’en contiennent pas. Le laboratoire avait détecté la présence d’Evernia furfuracea (une mousse d’arbre), substance naturelle pouvant provoquer des réactions cutanées. La seconde analyse a finalement démontré que ces lingettes en étaient exemptes. Le produit obtient ainsi un nouveau score final de 39% et remonte de deux rangs, passant à la huitième position.

Le tableau corrigé se trouve ici.

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