Gaspillage alimentaire

Supprimer les dates, la fausse bonne idée

Des politiciens européens proposent de ne plus indiquer la durée de conservation minimale pour certaines denrées non réfrigérées. Une solution simpliste et inefficace.
Alimentation Nourriture et boissons Emballages et étiquetage

Archive · 13 août 2014

Sans repère, on risque de jeter encore plus d'aliments pourtant comestibles. Shutterstock

Tous les pays européens se sont engagés à limiter le gaspillage alimentaire. Parmi les nombreux aspects à améliorer, et sur lesquels de nombreux acteurs, dont la FRC, ont commencé à agir: la taille trop standardisée des portions, la gestion inefficace des stocks, les normes de calibrage surfaits, la surproduction et la difficulté des consommateurs à comprendre les dates limites.

Las, sur ce dernier point, quelques politiciens européens ont imaginé une solution en trompe-l’œil: la suppression pure et simple des dates de conservation minimale de denrées non réfrigérées comme les saucissons secs, les conserves, les pâtes, le riz, les fromages à pâte dure ou le café. Or, ne plus indiquer "à consommer de préférence avant le..." est loin d'être une mesure efficace, comme l'ont démontré des études menées en Allemagne et en Autriche.

Car la date de conservation minimale fournit des renseignements et garantit qu'un produit correspond au prix et à la qualité promise au moment de l'achat. Sans repère, le risque de jeter l'aliment avant même l'échéance de péremption est multiplié! De plus, cette information aide les consommateurs à gérer leurs stocks d’aliments en consommant d'abord les plus anciens. Ce qui limite également la migration de résidus de l’emballage aux aliments, un problème que la FRC a notamment mis en évidence avec certaines boîtes de conserve et le bisphénol A.

Rendre les dates plus compréhensibles

La FRC et ses collègues des associations de consommateurs européens du BEUC ont dès lors protesté contre cette mesure simpliste qui ne réduit en rien le gaspillage alimentaire et ne s'attaque pas au fond du problème. Pour l'association, il s'agit plutôt de mieux informer les consommateurs et de rendre le système de datation plus compréhensible; un test publié en 2012 avec l'ACSI ayant notamment révélé le flou qui règne dans la fixation de ces dates.

Développer des solutions constructives pour lutter contre le gaspillage alimentaire au lieu de cacher des informations, voilà le chemin  pris par la FRC qui a participé à l'élaboration du guide de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) destiné aux fabricants alimentaires.

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