Enquête : Bien-être

Des déodorants qui tiennent leur promesse

22.6.2011, Huma Khamis

Les sprays représentent près de la moitié du marché des antitranspirants. Généralement sans conservateurs, donc moins irritants, ils sont plus hygiéniques.



Dans le dur monde de la sueur, madame et monsieur sont logés à la même enseigne: tous deux perdent en moyenne près d’un litre de transpiration par jour. Il s’agit là d’un mécanisme essentiel pour la santé, qui permet au corps de maintenir une température stable. Mais tant madame que monsieur cherchent désespérément à camoufler les signes qui trahissent cette perte de sang-froid. Et, étonnamment, la moiteur axillaire pourrait bien passer inaperçue, car la sueur est essentiellement formée d’eau et ne sent rien. Hors dame Nature est cruelle: elle a parsemé sur la peau des êtres humains une flore bactérienne essentielle pour maintenir son équilibre mais qui transforme aussi de manière sournoise la sueur inodore en odeur traîtresse de transpiration.

Pour contrer ces effluves désagréables, on opte en général pour une même stratégie qui s’avère assez efficace: hygiène quotidienne et déodorants. Ces derniers contiennent différents ingrédients qui agissent en diminuant, d’une part, la transpiration et en empêchant l’apparition de mauvaises odeurs, d’autre part. Mais lorsqu’il s’agit de choisir son produit, madame et monsieur se retrouvent souvent dans deux rayons différents du magasin. Sur l’emballage, certains produits s’adressent en effet plus particulièrement aux femmes, d’autres aux hommes, et, enfin, une troisième catégorie de produits unisexes lutte contre cette forme de discrimination. Mais quelle est la principale différence entre un article pour homme ou pour femme? Aucune, nous répondent les experts de notre laboratoire, si ce n’est les parfums utilisés, qui sont plus musqués pour lui, plus fleuris pour elle, et relativement neutres pour les produits annoncés unisexes. Quant aux substances actives, elles ne sont pas plus destinées à un sexe qu’àl’autre et agissent pareillement selon le genre. Nous avons donc envoyé au laboratoire 14 sprays, dont le prix varie du simple au sextuple.

24 heures chrono, c’est un peu trop! 

Sur l’étiquette, une grande partie des déodorants annoncent d’entrée de jeu 24 heures voire 48 heures de protection. Bonne nouvelle: aucun des produits n’a provoqué d’effets indésirables au bout de 24 heures d’application, et tous tiennent à peu près correctement durant une journée complète. Néanmoins, en principe, il vaut mieux nettoyer les résidus de déodorant le soir avant de s’endormir et laisser la peau respirer durant la nuit. Une deuxième couche de déo sur une aisselle non nettoyée ne fait en général qu’empirer la situation: en prévision d’une soirée mouvementée, il vaut mieux appliquer de nouveau du produit après un bref nettoyage de la peau.

L’efficacité antitranspirante est assurée par différents moyens. Elle est due avant tout aux sels d’aluminium, qui bloquent les canaux des glandes sudoripares (lire encadré) et, dans certains cas, au talc, qui absorbe l’excédent d’humidité. La formule fonctionne bien, puisque tous les produits en test assurent une diminution de la transpiration. Le meilleur déo du lot, Rexona Woman Crystal Clear, fait baisser de plus de 44% la transpiration initiale. A titre de comparaison, les résultats de M budget sont bien plus modestes, avec une valeur proche des 23%, mais qui reste encore acceptable. A noter qu’une trop grande efficacité antitranspirante dessècherait la peau de manière fort désagréable. Pour ce qui est de l’action désodorisante, tous les articles font un sans-faute. Seul Narta invisible et Nivea Dry Impact pour homme ont montré de légers signes de faiblesse au bout de 24 heures.

On le constate, les déodorants se révèlent relativement efficaces. Afin de bénéficier d’une protection maximale, il est essentiel d’appliquer le produit à environ 15 cm de distance durant environ 2 secondes sur l’aisselle uniquement, ce que les fabricants omettent souvent de préciser. Attention à ne pas sprayer le déo, comme on le voit dans certaines publicités, tout autour du corps, au risque de vous asphyxier!

Attention aux allergènes

Pour optimiser les performances, il faut aussi l’appliquer sur une peau propre et bien séchée au préalable. Dans le cas contraire, il ne tiendra pas sur la peau ou absorbera l’excédent d’humidité, et peut même tacher les habits.
Contrairement aux sticks ou aux roll-on, les sprays ne devraient pas contenir de conservateurs, puisque le produit qui reste dans le flacon n’entre pas en contact avec la peau. Un avantage non négligeable, car les conservateurs sont la cause la plus fréquente d’allergies. Attention toutefois aux autres allergènes présents dans les substances parfumantes comme le limonène ou le linalool, ou le citronellol.
Les sprays contiennent près de 60% de gaz propulseur. Longtemps composés de CFC qui détruisent la couche d’ozone, les gaz propulseurs actuels qui maintiennent les aérosols sous pression, comme le butane ou le propane, sont inoffensifs pour l’homme et son environnement. Pour les faire durer, il est préférable d’appuyer de manière brève plusieurs fois de suite plutôt que d’exercer une longue pression. En termes de ratio emballage-produit, les 200 millilitres semblent être les meilleurs, car plus écologiques. Hélas, ce sont aussi les plus rares sur le marché, et les marques qui offrent ce format ont tendance à s’évaporer.

Antitranspirant et cancer du sein Un amalgame hasardeux

L’information revient de manière régulière, souvent par courrier électronique, et, comme toute rumeur, elle est tenace. Et pourtant les spécialistes santé d’Euroconsumer se sont largement penchés sur la question et ont épluché la littérature scientifique à ce sujet. Aucun lien de cause à effet n’a été à ce jour mis en évidence entre l’utilisation des déodorants et le cancer du sein chez la femme.
Au banc des suspects, les sels d’aluminium contenus dans les déos, qui bloquent en effet les conduits d’évacuation de la sueur et empêchent la transpiration. Mais ils agissent sur les glandes sudoripares, qui ne sont pas en lien avec les ganglions lymphatiques, généralement touchés lors de cancer du sein. De plus, contrairement aux idées reçues, le blocage de la transpiration n’empêche en aucun cas l’évacuation des toxines, puisque celles-ci sont éliminées au niveau des reins et du foie. Cette première piste est donc a priori fausse.
Autres ingrédients mis en cause, et plus inquiétants, les parabènes. Mais ils ne sont de loin pas toujours présents dans les déos. Ils sont en revanche présents dans d’autres cosmétiques et dans de nombreux médicaments. Toutefois, leur implication en tant que tels dans le cancer du sein n’a pas pu être identifiée par les chercheurs. En revanche, ceux-ci ont effectivement une activité de perturbateurs endocriniens. Le mieux est donc de choisir un déodorant qui ne contient pas de parabènes, d’autant que ces conservateurs sont inutiles dans les aérosols: puisque les emballages sont étanches, il est impossible de contaminer le contenu!

Télécharger l’article et le tableau comparatif des déodorants testés

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