Article : Dermatologie

Boutons et démangeaisons: qu’est-ce qui m’a piqué?

31.5.2016, Elodie Lavigne – planetesante.ch / Photo: Jean-Luc Barmaverain

Se poser les bonnes questions

  • Comment se présente la lésion?
  • Quelles sont les parties du corps touchées?
  • Suis-je le seul à présenter ces symptômes dans mon entourage?
  • Cela me gratte-t-il plus le jour ou la nuit?
  • Les symptômes sont-ils apparus après une rencontre, un voyage, une baignade, une balade en forêt?

Le point, par bestiole

Avec Sylvie Maître, médecin en allergologie et immunologie au CHUV.

La puce de canard

QUI | Le cercaire de trichobilharzia, un parasite du canard, sévit dans les lacs d’eau douce, quand leur température dépasse 22 °C.

CE QU’ELLE FAIT | La puce , se trompant d’hôte , passe sous notre peau et y meurt. Elle cause des boutons ressemblant à des piqûres d’insecte qui démangent.

L’ÉVITER | Se doucher immédiatement à la sortie de l’eau et se sécher énergiquement avec une serviette. Eviter les eaux chaudes et peu profondes.

BIEN RÉAGIR | Ne pas se gratter. En cas de démangeaisons intenses, un médecin peut prescrire un antihistaminique.

La guêpe et l’abeille

QUI | Les femelles sont pourvues d’un aiguillon venimeux. Sous nos latitudes, la guêpe sévit principalement de juillet à octobre, l’abeille de mai à juillet.

CE QU’ELLES FONT | Une inflammation locale, qui disparaît rapidement. Sauf pour les allergiques à leur venin, chez qui la réaction peut être grave, voire dangereuse selon le stade de gravité: urticaire, œdème du visage, asthme, diarrhée, choc anaphylactique).

LES ÉVITER | Ne pas marcher à pieds nus: la guêpe nidifie souvent dans le sol et l’abeille raffole du trèfle fleuri des prés. Se tenir à l’écart du bois mort (guêpe), des plantes à fleurs et fruits en décomposition, des ruches (abeille).

BIEN RÉAGIR | Rester tranquille. Avec les ongles ou une pincette, enlever le dard de l’abeille (contrairement à la guêpe, qui ne le laisse pas). Approcher une source de chaleur (50- 60 °C) de la piqûre favorise l’inactivation du venin. Mettre du froid après quelques heures pour lutter contre l’œdème. En cas d’allergie sévère, prendre les médicaments d’urgence.

La chenille processionnaire

QUI | La chenille du pin et du chêne, une forme larvaire d’un papillon de nuit, sévit dans les forêts éparses et ensoleillées, parcs et jardins au printemps. En Suisse, les régions les plus exposées sont l’arc lémanique, la vallée du Rhône, le Tessin et les Grisons.

CE QU’ELLE FAIT | Les poils, très irritants, rentrent dans la peau et les muqueuses par contact direct ou transportés par l’air. Ils provoquent des plaques rouges qui grattent, une allergie généralisée avec conjonctivite, des bronchospasmes et, parfois, un choc anaphylactique.

L’ÉVITER | Les cantons suppriment les nids l’hiver, aménagent des nichoirs à mésanges et utilisent des pièges à phéromone l’été pour les papillons.

BIEN RÉAGIR | Savonner minutieusement la peau, rincer les yeux à l’eau claire et laver les vêtements à 60 °C. Un médecin peut prescrire des antihistaminiques, une crème à la cortisone et, si besoin, un bronchodilatateur. En cas d’allergie généralisée, consulter sans tarder.

Le moustique-tigre

QUI | Présent uniquement au Tessin, il est originaire d’Asie du Sud-Est. Zébré noir et blanc, il est plus petit que ses congénères indigènes. Méfiance: plusieurs espèces locales ont une coloration similaire.

CE QU’IL FAIT | Il démange. Il pourrait transmettre des virus comme la dengue, le chikungunya ou le zika, mais seulement en ayant piqué au préalable une personne déjà atteinte. Ce qui est rare.

L’ÉVITER | Utiliser produits anti-moustiques, moustiquaires, répulsifs et vêtements couvrants.

BIEN RÉAGIR | Eviter de gratter, soulager la démangeaison, par exemple avec du froid ou des compresses de vinaigre. Montrer aux autorités une photo ou le spécimen du moustique que l’on croit être un moustique-tigre.

La tique

QUI | Ce parasite se nourrit du sang d’animaux, dont l’homme. Elle sévit davantage du printemps à l’automne, attendant au niveau du sol, sur une herbe ou un buisson, le passage d’un hôte auquel s’agripper.

CE QU’ELLE FAIT | Elle peut transmettre la maladie de Lyme (borréliose), une bactérie touchant différents organes, ainsi qu’un virus qui peut causer une méningite ou l’encéphalite à tiques (FSME).

L’ÉVITER | Porter des vêtements à manches et jambes longues et des chaussures fermées. Et éviter sous-bois et hautes herbes. L’efficacité des produits anti-tiques n’est pas bien étudiée, prévient Sylvie Maître, médecin en allergologie et immunologie au CHUV. Il existe un vaccin contre la FSME, utile pour les personnes actives dans les travaux forestiers ou les randoneurs. La borréliose se traite par antibiotiques; il n’existe pas de vaccin contre cette maladie non contagieuse.

BIEN RÉAGIR | Ne pas utiliser de produit sur la tique , la retirer avec des pincettes et désinfecter ensuite. Noter la date de la piqûre. Consulter en cas de rougeur, de pus ou si un état grippal apparaît.

L'aoûtat

QUI | Une larve d’acarien qui sévit de juillet à octobre à la surface des sols couverts d’herbe.

CE QU’IL FAIT | Il pique, laissant un bouton qui démange et est parfois enflé, le plus souvent dans les endroits humides et couverts: pli de l’aine, aisselle, derrière du genou, dessous du sein ou au niveau des parties génitales.

L’ÉVITER | Se couvrir ou utiliser une couverture lorsqu’on est en contact avec de l’herbe.

BIEN RÉAGIR | Bien désinfecter les lésions. Un antihistaminique peut être prescrit pour lutter contre les démangeaisons intenses.

La punaise de lit

QUI | Sous nos latitudes, la punaise parasite de l’homme depuis des siècles. L’infestation est en forte augmentation dans tous les pays industrialisés, surtout dans les villes.

CE QU’ELLE FAIT | Elle sévit toute l’année, se dissimule la journée dans les anfractuosités (coutures de matelas, table de nuit, boiseries, livres, derrière les cadres ou les prises de courant, etc.). Elle se déplace la nuit pour se nourrir sur l’homme (ou l’animal), dont elle mord les parties découvertes du corps (bras, jambe, cou, visage). Les piqûres sont souvent groupées ou en ligne et démangent beaucoup.

L’ÉVITER | Ne pas ramener par inadvertance de punaises chez soi: inspecter prioritairement bagages, objets ou meubles d’occasion. En cas de doute sur une contamination pendant un voyage, traiter immédiatement l’ensemble des affaires suspectes: lavage à plus de 55°C, congélation des effets personnels à -20°C pendant plus de 24 heures, désinfection.

BIEN RÉAGIR | Un médecin peut prescrire un antihistaminique et une crème à la cortisone pour soulager les démangeaisons. En cas d’infestation, procéder sans attendre à une éradication car la punaise se multiple rapidement et peut envahir l’ensemble du logement. Le recours à des professionnels est généralement nécessaire (lire notre précédent reportage ici).

La gale

QUI | Un acarien, appelé Sarcoptes scabiei, dans sa variante spécifique à l’homme.

CE QU’ELLE FAIT | Elle sévit principalement pendant la saison froide et touche tous les milieux sociaux avec prédominance dans les milieux précarisés. La femelle de la gale pond des œufs dans la couche supérieure de l’épiderme. Les déjections des insectes et les œufs créent des démangeaisons intenses à des localisations typiques: espaces interdigitaux, poignets, aisselles, fesses, aréoles (femme) et organes génitaux (homme).

L’ÉVITER | La transmission se fait par contacts directs rapprochés (relations sexuelles ou contact mère-enfant). Il faut donc limiter la promiscuité avec une personne atteinte et porter des gants lors des soins au patient.

BIEN RÉAGIR | Il n’y a pas de guérison spontanée, il faut consulter un médecin qui prescrira un traitement adéquat, avec désinfection de linge et literie. Inspecter l’entourage.

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