Article : Nouilles chinoises

Pesticides et additifs dans le bol

30.9.2014, Lionel Cretegny / Photo: shutterstock.com/Sarunyu_foto

Nous avons tracé 70 molécules indésirables dans les produits instantanés. Verdict: leur composition a de quoi donner des aigreurs d’estomac.



Nourriture de l’homme pressé ou de l’étudiant au petit budget, la nouille chinoise instantanée rencontre un fort succès, avec une touche d’exotisme. Mais ce produit à l’allure toute simple cache une redoutable composition, complexe et désagréable de surcroît. Nous avons pisté plus de 70 substances chimiques agricoles – pesticides et engrais, ainsi que des médicaments – susceptibles d’être retrouvées dans les eaux d’arrosage, puis dans les denrées. Le laboratoire chargé de les détecter a trouvé principalement des insecticides (diazinon), des herbicides (difenoconazole et fenpropidine) et des fongicides (propicinazole et tebuconazole). Toutes nos soupes asiatiques contiennent des substances indésirables, même si aucune ne dépasse les législations en vigueur en Suisse et en Europe. S’il n’y a pas de quoi s’inquiéter pour notre santé, nous aurions tout de même préféré ne rien trouver. Comme la composition de ces produits en sachet contient de nombreux ingrédients, il est donc difficile de déterminer précisément si les pesticides sont présents dans les céréales, les légumes, voire les fruits de palme pressés pour leur huile.

En tenue de camouflage

Nous avons aussi évalué les échantillons selon leur étiquetage et leur teneur en additifs. C’est ainsi que les exhausteurs de goût ont retenu toute notre attention, car ces substances sont destinées à masquer des ingrédients de mauvaise qualité, en améliorant artificiellement la saveur du produit. Pas une de nos nouilles n’y échappe. On y trouve du glutamate monosodique, un allergène connu, et, surtout, des ribonucléotides de sodium (E635, E627 et E631), responsables du développement de la goutte, une maladie chronique fréquente. Leur présence n’est donc pas souhaitée.

Pour les remplacer, l’industrie agroalimentaire utilise parfois de l’extrait de levure. L’appellation est séduisante car qui lit «levure» pense à un produit naturel, ayant en tête des champignons. Erreur! L’ingrédient a été largement transformé pour en tirer un maximum de glutamate et pour en faire un exhausteur de goût. Avec une subtilité: bien qu’il soit utilisé comme tel, légalement, il est considéré comme un simple ingrédient.

Poulet: que le goût et l’odeur

Parmi nos échantillons, huit sont au poulet. Les emballages montrent de belles cuisses de volaille prenant leurs aises sur un lit de nouilles, sauf que cinq n’en contiennent pas une trace! L’indication «arôme de poulet», voire «aromatisé au poulet», signifie en fait que l’on est en présence d’un arôme tout ce qu’il y a de plus artificiel. La tendance est de plus en plus marquée à imprimer sur l’emballage de belles photos de plats qui n’ont aucun lien avec le contenu. Il faut être armé de bonnes lunettes, voire d’une loupe, pour repérer la mention «suggestion de présentation» inscrite sur le sachet. Et se souvenir qu’il faudra ajouter pas mal d’ingrédients pour reproduire ces images parfois appétissantes et avoir quelque chose à se mettre sous la dent.

Ces soupes sont considérées comme bon marché. Mais en convertissant le prix du sachet au kilogramme, certains bols coûtent jusqu’à 46 fr./kg. Une somme bien trop élevée pour un concentré d’arômes et d’additifs. Nous ne le dirons jamais assez, rien ne remplace le fait maison.

Et si l’inspiration vous manque, retrouvez de nombreuses recettes sur notre site ou dans notre guide Bien manger pour ma santé, à paraître en novembre.

Voir notre comparateur de produits

Devenez membre

Notre association tire sa force de ses membres

  • Vous obtenez l’accès à l’ensemble des prestations FRC
  • Vous recevez notre magazine FRC Mieux choisir
  • Vous pouvez compter sur notre équipe d’experts pour vous défendre
Devenez membre