Article : Santé

Perturbateurs endocriniens: les enfants massivement touchés

26.4.2017, Anne Onidi / Photo: Shutterstock.com

Dans une enquête, nos confrères français de 60 millions de consommateurs publient les résultats accablants d’analyses chimiques réalisées sur les cheveux de 43 enfants et adolescents.



Ils se cachent dans l’alimentation, dans l’air pollué intérieur et extérieur, dans les meubles, les produits cosmétiques, les emballages et même sur les animaux de compagnie. Les perturbateurs endocriniens interviennent dans tous les gestes habituels du quotidien. Pour rappel, il s’agit de substances chimiques qui, en se comportant comme des hormones dans le corps, dérèglent le système hormonal. Dans un contexte où la baisse de la fertilité masculine et la hausse de certains cancers dans la population jeune inquiètent, le rôle des perturbateurs endocriniens est depuis longtemps sérieusement envisagé.

Une longue liste de contaminants

Porte-drapeau de cette grande famille de composés problématiques: le Bisphénol A, perturbateur endocrinien ayant fait l’objet de nombreuses études scientifiques. La Suisse a interdit l’utilisation de ce durcisseur de plastique dans la fabrication des biberons, mais continue à l’autoriser dans les emballages «en raison des faibles doses d’exposition». Or, la liste des perturbateurs endocriniens auxquels l’être humain est confronté est bien loin de se résumer à cette molécule.

Combien d’entre eux pénètrent réellement dans l’organisme? La revue française 60 millions de consommateurs s’est posé la question. Nos confrères ont recherché 254 substances déréglant le système hormonal, ou suspectées de le faire, dans des mèches de cheveux de 43 enfants âgés entre 10 et 15 ans. Résultat: tous les sujets, qu’ils vivent en milieu rural ou urbain, présentent des traces d’en moyenne 34 substances différentes.

Détection de substances interdites depuis des décennies

Parmi les composés décelés, des produits bannis depuis vingt, voire trente ans, qui polluent l’environnement de manière persistante. Certaines familles de polluants contaminent plus largement que d’autres. C’est le cas des phtalates, présents dans les revêtements de sols, les plastiques et les cosmétiques, dont des molécules ont été retrouvées chez tous les enfants. Idem pour les métaux lourds, présents dans la totalité des mèches analysées. 60 millions de consommateurs, comme la FRC, demande aux autorités compétentes de tenir compte de l’effet cumulé des substances, appelé aussi «effet cocktail». C’est l’exposition globale qui doit impérativement être réglementée. Et non, comme c’est le cas actuellement, les substances prises individuellement.

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