Médecine générale

Pénurie de médecins: vers un renforcement bienvenu des soins de premier recours

Face au vieillissement de la population et à la pénurie de généralistes, le Conseil fédéral envisage de prendre des mesures. En ligne de mire: garantir la relève et octroyer davantage de prérogatives à d'autres personnels de la santé.

Santé Prestataires de soins

19 juin 2026

Vieillissement de la population et pénurie de personnel qualifié: le système de santé suisse est sous pression. Face à ce constat, le Conseil fédéral a lancé en 2024 l’agenda Soins de base. Sur la base du rapport qui en est issu, le Gouvernement vient de fixer des priorités pour ces prochaines années. Deux axes sont concernés: la relève médicale et le renforcement de la médecine de famille. 

Quelques chiffres illustrent les enjeux. Malgré un nombre croissant de médecins, les universités suisses peinent toujours plus à assurer la relève. Conséquence: en 2025, 43% des praticiens exerçant dans le pays possédaient un diplôme étranger. En outre, l’âge moyen des médecins est de 50 ans et un quart d’entre eux a passé 60 ans. Ce n’est pas tout. Si le nombre général de praticiens est suffisant – 4,2 par tranche de 1000 habitants –, le nombre de généralistes ne l’est pas, avec un taux de 0,9 pour 1000 personnes.

Un tiers des cabinets de médecine générale serait dans l’incapacité d’accepter de nouveaux patients. Une enquête de la FRC avait d’ailleurs mis en lumière la difficulté de décrocher un rendez-vous chez un généraliste. Au Locle, il fallait ainsi en moyenne 2,92 appels, à Delémont 14,48 et à Fribourg 30,54!

Il y a donc urgence à garantir que toutes les personnes en Suisse aient accès à des soins médicaux de base de qualité. C’est en tout cas l’objectif du Conseil fédéral, objectif que salue la FRC. Le Gouvernement souhaite en effet «étendre l’assise des soins de base et (…) encourager la collaboration interprofessionnelle. Pour ce faire, il faut notamment mieux exploiter et développer les compétences des professionnels non médicaux», explique le Conseil fédéral dans son communiqué de presse.

Décharger les généralistes

Dans la pratique, il s’agit de «faire évoluer le rôle des assistants médicaux pour qu’ils puissent encore mieux décharger les médecins généralistes et les pédiatres». Autre objectif: améliorer les soins médicaux et pharmaceutiques dans les établissements médico-sociaux. Enfin, le Conseil fédéral souhaite développer le conseil en pharmacie, notamment pour les personnes présentant des problèmes de santé aigus ou ayant des questions urgentes. Cela permettra de décharger les cabinets généralistes.

Pour la FRC, c’est un pas dans la bonne direction. Développer les soins de premiers recours est essentiel, car ils permettent une meilleure prise en charge globale de la population et contribuent à freiner la hausse des coûts de la santé. Notre association plaide donc pour un modèle soutenant la médecine générale et octroyant davantage de prérogatives au personnel infirmier qualifié et aux pharmacies, gage d’une politique cohérente qui contraste avec des propositions délétères comme la taxe aux urgences hospitalières de 50 francs.

L'urgence d'assurer la relève

Concernant la relève en médecine générale, le Conseil fédéral ambitionne de renforcer la formation. Il indique que «le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation pilote actuellement des analyses sur la manière d’augmenter le nombre de places d’études en médecine humaine. Un rapport consacré à l’avenir de la formation médicale postgrade est aussi en cours de rédaction. Il servira de base pour faire évoluer la formation médicale postgrade en médecine interne générale, en pédiatrie, en psychiatrie, en psychothérapie et en psychiatrie et psychothérapie d’enfants et d’adolescents.»

Là aussi, c’est une nouvelle encourageante, mais il y a urgence à agir. En 2024, la Société Suisse de Médecine Interne Générale alertait déjà sur le manque de relève. Pour maintenir le nombre de généralistes au niveau de 2023, il faudra 2321 nouveaux équivalents plein-temps d’ici à 2033. La FRC espère donc que le Conseil fédéral proposera rapidement des solutions concrètes sur la base des analyses qu’il mentionne pour garantir une relève suffisante.

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