Article : Ecogestes

On a tous quelque chose de Béa Johnson

Ecogestes

2.12.2015, Choix alimentaires, tri des déchets, transports, habitat et entretien: des écogestes, on en fait tous les jours, et depuis longtemps. Shutterstock

Le style de vie zéro déchet? Sans ascèse, et avec plaisir, c’est possible au quotidien. Nos collaborateurs partagent quelques-unes de leurs astuces.



Le buzz du moment, c’est Béa Johnson, Française exilée en Californie. Elle a réussi le pari de réduire ses déchets à moins de 1 kilo par an, une gageure aux Etats-Unis, fief de la démesure et de tous les excès. Ses recettes – 100 astuces pour alléger sa vie –, elle les a compilées d’abord sur un blog puis dans un ouvrage paru en 2013. Succès planétaire en librairie oblige, elle parcourt désormais le monde – en avion quand même –, donnant conférence sur conférence. La FRC, qui n’a pas attendu Béa Johnson pour réduire ses déchets et vivre en bonne intelligence avec l’environnement, vous livre ses propres astuces. La preuve par huit thèmes qui lui sont chers. L’année 2016 sera d’ailleurs celle des écogestes dans une nouvelle chronique.

Barbara, il y a dix ans, vous illustriez un article dans ce journal avec votre famille: six personnes et un chat. A l’époque, votre ménage générait un mètre cube d’emballages par semaine. Qu’est-ce qui a changé depuis?

A l’époque déjà, pas de PET chez moi, mais de l’eau du robinet. Je me suis rapprochée des producteurs, ce qui permet de diminuer la quantité des emballages. Les légumes que je reçois chaque semaine ne sont évidemment pas conditionnés en barquette de polypropylène. Je prends les oeufs à la ferme, toujours dans la même boîte. Mais, plus important à mes yeux que de diminuer les déchets, je soutiens la production durable et de proximité. En prime, mes légumes bio ont un goût authentique et mes oeufs la saveur des poules qui ont picoré des plantes et des vers dans un environnement naturel.

Nicole, vous vivez dans une maison écologique Minergie-P-Eco. De quoi s’agit-il concrètement? A quel point minimisezvous l’impact sur votre environnement?

Il s’agit d’une maison très bien isolée, respectant des critères écologiques stricts pour les matériaux de construction. Avec un stère de bois de chauffage à 170 francs, je passe l’hiver! Les panneaux solaires photovoltaïques produisent mon électricité, tandis que les thermiques fournissent 85% de l’eau chaude. J’ai aussi opté pour des WC à compost (WC secs), qui permettent d’économiser 25% d’eau potable. De plus, ils sont parfaitement adaptés aux standards d’une villa et sont très simples d’utilisation. Le jardin naturel favorise la biodiversité, qui y trouve abris et nourriture. Le potager et le verger fournissent légumes, fruits et baies sans pesticides.

Lionel, après le zéro déchet, le zéro voiture. Comment vivez-vous la mobilité en famille?

Habitant à dix minutes de la gare, nous avons vendu notre voiture il y a dix ans. Depuis, nous nous déplaçons en transports publics. Avec des enfants, les trajets en train sont bien plus agréables ainsi. Nous pouvons discuter, manger et jouer. Pas de souci d’entretien, ni de taxes ou de parcage. Seulement des horaires à respecter et de l’organisation: une journée de ski, c’est toute une expédition. Les écobilans sont excellents. Ils montrent clairement l’avantage des transports en commun et la réduction de l’impact environnemental est significative.

Laurianne, comment gérez-vous vos déchets en vivant au centre-ville, sans déchetterie?

Je ramène mes déchets à pied quand je vais faire des courses. Pour la plupart des recyclables, j’utilise les points tri communaux proches de chez moi. Les déchets verts finissent dans la poubelle à compost de l’immeuble, et je rapporte mes bouteilles en plastique à la Migros, qui les reprend désormais en plus du PET. Le reste finit à la poubelle: ma Commune incinérant le plastique, inutile de faire 11 km en voiture pour rapporter des gobelets de yogourt à la déchetterie, quitte à payer plus de sacs taxés.

Laurence, limiter les appareils électriques à l’indispensable, qu’est-ce à dire?

C’est surtout se donner le temps de faire les choses, de l’espace à avoir et de l’huile de coude à revendre. Mon linge sèche à l’air libre, été comme hiver, et j’ai une technique pour l’étendre sans passer par la fastidieuse étape du repassage. Avec du parquet partout, un coup de balai est aussi vite donné que passer l’aspirateur. J’emprunte le four à raclette si l’occasion se fait sentir, idem pour le taille-haie. A la cuisine, je me contente du mixer et de la bouilloire. Pour le reste, café ou carottes râpées, je fonctionne «à l’ancienne».

Thi Ngoc Tu, vous concoctez vos cosmétiques et produits d’entretien. Pourquoi?

Connaître la composition exacte de ce qu’on avale ou qu’on se met sur le corps m’est venu à l’arrivée des enfants. Côté cosmétiques, la campagne FRC sur les perturbateurs endocriniens m’a confortée dans l’idée que rien ne vaut des recettes maison rassurantes. C’est ainsi que je concocte mon savon liquide, mon shampoing et ma poudre à lave-vaisselle (consultez la recette). Dans mes formules, il y a deux types d’ingrédients: les EEE – pour écologique, économique et efficace – et les RRR – pour réduire les emballages en achetant en vrac, réutiliser flacons et pots, recycler les restes. On peut ajouter un R, pour rigolo à faire!

Anne, vous êtes une adepte du seconde-main. Pour quels types d’objets? Qu’y gagnez-vous?

L’idée d’acheter d’occasion m’est venue lors d’une période particulièrement difficile financièrement. J’ai été vraiment étonnée de l’offre énorme que proposent les boutiques de seconde main (Armée du Salut, Terre des hommes, etc.) et les sites internet ricardo.ch et anibis.ch. Je m’y ravitaille en meubles, vaisselle, petit électroménager, vêtements et jouets. Je ne vois presque que des avantages à ce mode de consommation: prix bas, réutilisation, pas d’emballages et, selon les produits, une certaine originalité. La seule contrainte étant qu’on ne trouve pas toujours ce que l’on cherche. Mais, dans les grandes lignes, le seconde- main, c’est tout sauf du second choix!

Camille, vous donnez de votre temps, trois jours par semaine au sein de FRC Conseil, aux consommateurs pour répondre à leurs questions, leurs inquiétudes. Que représente pour vous le bénévolat?

Je ne considère pas le bénévolat seulement comme un acte altruiste. C’est une activité qui profite autant à moi qu’aux autres, sur un modèle win-win. J’ai choisi d’être juriste bénévole à la FRC pour utiliser les connaissances acquises durant ma formation et en acquérir de nouvelles. Je vois mon expérience comme un moyen d’apprentissage tant au niveau juridique qu’au niveau humain. Le temps passé à la FRC m’enrichit, contribue énormément à mon équilibre et à mon bien-être. Je suis très fière d’enseigner à ma petite fille le don de soi de manière concrète, et j’espère qu’elle aura envie un jour d’aider les autres en donnant, elle aussi, de son temps.

 

Visionnez la conférence de Béa Johnson

Cette vidéo a été tournée au Forum suisse du développement durable en mars 2015. Elle reprend le même déroulé de la conférence organisée à Pully (VD) par Le Matin en novembre 2015 qui a réuni pas moins de 700 participants. (Durée: environ 1 heure)

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