Consommation durable

Mode de vie: le prêt vaut mieux que l’achat d’un objet occasionnel

La première coopérative de location en Suisse romande a ouvert ses portes.

Archive · 29 janvier 2019

Photo: shutterstock

Dégoter une scie sauteuse pour une journée? Emprunter une tente pour les vacances? Pour Robert Stitelmann, ce genre d’économie est possible, et non pas uniquement auprès de l’entourage. Si le site bernois Pumpipumpe se focalise justement sur l’échange entre voisins avec ses autocollants représentant les objets disponibles chez soi, le Genevois à la vision associative et managériale a, lui, récemment lancé une coopérative solidaire, après que son Freeshop – un garage autogéré où les articles inutilisés étaient déposés et récupérés gratuitement – a fermé ses portes.

Depuis décembre, la Manivelle propose des objets et des outils, sous forme de location, à chaque personne ayant souscrit une part sociale et un abonnement. Un genre de bibliothèque unique en Suisse romande, mais bien implantée au Canada, en Belgique, aux Etats-Unis.

Créer du lien social

A la Jonction, des boules de pétanque côtoient un chalumeau, des chaussures de ski, un four à raclette. Un peu à l’image des platesformes Tryngo ou E-Syrent (location de biens et services). «A la différence près que sur le web, on trouve une foule d’informations, on doit se déplacer assez loin, et cela prend un peu de temps», note Robert Stitelmann. Les avantages ici? «Notre catalogue en ligne permet de savoir immédiatement si l’objet est déjà pris et de le réserver le cas échéant. Et contrairement à internet, notre espace dispose d’un bar: on crée un lien social, une communauté», énumère-t-il.

Umer Ali, fondateur de Tryngo, approuve d’ailleurs ce «concurrent ». «Nous remarquons que les objets sont surtout échangés dans le voisinage; les gens ne se déplacent pas d’un bout à l’autre de la ville. La centralité a donc tout son sens.» Pour simplifier la vie de certains emprunteurs, l’équipe de la Manivelle songe à proposer un système de livraison à vélo.

Pour l’heure, plus de cent objets alimentent le catalogue, «des dons pour la majorité. Nous compléterons le stock avec de la seconde main, selon les besoins et les envies », explique Robert Stitelmann. Confiant dans l’accueil du projet et prêt à faire face à quelques désagréments, comme un objet cassé, il espère à terme pouvoir reproduire cette bibliothèque ailleurs. «Ce genre de projet pourrait exister dans chaque quartier, souligne Florian Candelieri, créateur du site E-Syrent. Il n’y a aucun doute là-dessus. Mais à quel rythme, à quelle vitesse cela se développera- t-il? Il y a six ans, l’économie de partage me semblait une évidence, si ce n’est que culturellement, ça ne bouge pas. Mais cela permet au moins de questionner certains sur notre rapport aux objets!»

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