Accords commerciaux
Mercosur et Malaisie: les consommateurs n’y gagnent rien!
Le Parlement s’est prononcé le 17 juin sur deux traités de libre-échange qui concernent de près les consommateurs. Pourtant, leurs intérêts semblent n’intéresser personne! Enjeux.
30 juin 2026
D’une part, l’accord de libre-échange avec la ne part, l’accord de libre-échange avec la Malaisie vient d’être définitivement adopté par le Parlement. De l’autre, celui avec le Mercosur a été rejeté par le Conseil national, mais la décision n’est que provisoire.
Le premier ouvre le marché à 12 500 tonnes d’huile de palme bénéficiant de droits de douane réduits. Un produit que nous sommes nombreux à vouloir éviter du fait de ses effets sur la santé ou de ses conséquences sociales et environnementales délétères. Les détaillants l’ont compris, eux qui la remplacent souvent par d’autres ingrédients dans les denrées depuis qu’elle doit être déclarée. Elle n’en est pas moins présente dans de nombreux produits cosmétiques ou ménagers, sans possibilité de la déceler. L’accord pourrait en accentuer la présence.
La matière importée devra respecter certains standards de durabilité – comme pour l’accord avec l’Indonésie via une certification. Le problème? Les critères n’ont pas été définis! À ma question au Conseil fédéral demandant comment le Parlement pouvait se prononcer sans connaître la certification de durabilité de l’huile de palme, il a laconiquement promis qu’il veillerait «à ce que seules les normes les plus rigoureuses» soient retenues, restant muet sur la pertinence de demander à l’Assemblée de se prononcer sur un texte dont elle ne peut évaluer la portée réelle.
La FRC invite ses membres à signer le référendum contre l’accord avec la Malaisie.
Sophie Michaud Gigon
Secrétaire générale
Concernant le Mercosur, la seule avancée que l’accord aurait permise – la reprise du règlement européen visant à exclure les produits issus de la déforestation – a été balayée. Ouvrant la porte à l’importation sans droits de douane de milliers de tonnes de bœuf et de poulet notamment. Les milieux paysans s’y sont certes opposés, faisant pencher la balance en faveur du non. Mais leur stratégie est d’exiger des centaines de millions de compensation étatique pour accorder leur soutien final.
Comme élue fédérale membre de la Commission de l’économie, je tiens à trouver des marchés d’exportation pour les PME suisses. En revanche, que l’on transporte à travers le globe des aliments que l’on produit déjà chez nous dans de bien meilleures conditions me dérange.
Report de responsabilité
Pour les consommateurs, ces accords n’offrent aucune plus-value: celui du Mercosur mènera à davantage de poulet brésilien aux antibiotiques et autres viandes issues d’élevages industriels dans la restauration, là où la déclaration est déjà lacunaire. Un point parfaitement démontré par deux enquêtes de la FRC. Que compte faire le Conseil fédéral pour régler ce problème? Rien! Le président de la Confédération m’a répondu que c’était aux cantons de sanctionner les manquements.
On parle des concessions demandées à l’agriculture pour conclure des accords de libre-échange. On oublie celles imposées aux consommateurs, que trop peu d’élus défendent à Berne. La FRC continue à faire entendre leurs voix, au Parlement comme lors de référendums qui les touchent.
Fausses actions
Conforama passe à la caisse
Continuer ma lecture
Évaluation secrète
Score de solvabilité: tous fichés
High-Tech
Quel est le meilleur traceur GPS Bluetooth?