24.2.2015, Nadia Thiongane / Photo: Jean-Luc Barmaverain
Vous ne voulez pas entendre parler du paiement sans contact, mais avez-vous encore le choix ? Le point sur les pratiques des établissements bancaires.
Lorsque votre carte de crédit arrive à échéance, ou si vous en commandez une pour la première fois, vous recevez d’office une carte avec une puce NFC, pour Near Field Communication – littéralement, communication en champ proche, que vous reconnaissez grâce à un sigle de quatre ondes. Celle-ci vous permet de payer des montants jusqu’à 40 francs sans introduire de code pour approuver la somme à prélever sur votre compte.
Pour les émetteurs de cartes, on comprend vite l’intérêt: cette «facilité» de paiement augmentant les transactions de petits montants, elle est génératrice de revenus. Mais, du côté des consommateurs, la fonction sans contact est loin de faire l’unanimité. D’ailleurs, son utilisation peine à décoller.
Risques et zones d’ombre
Beaucoup de clients s’inquiètent en effet des risques que cette technologie, imposée, leur ferait courir. Y a-t-il un danger réel de fraude ou de vol de données personnelles sensibles? Les avis divergent encore, même si la possibilité de capter certaines données «à la volée» – numéro de la carte, nom du détenteur, dernières transactions – a déjà pu être démontrée. Les banques auraient donc tout intérêt à lever certaines incertitudes, concernant notamment la responsabilité des consommateurs.
Le plus simple ne serait-il pas de laisser aux clients le choix d’activer, ou non, la fonction de paiement sans contact? A notre demande, banques et émetteurs répondent d’une seule voix: c’est impossible. La réponse surprend d’autant plus lorsqu’on sait que les établissements bancaires français offrent cette option aux clients les plus réticents. Il n’y a donc pas d’impossibilité technique. Mais même en cas de désactivation, la puce NFC reste physiquement sur la carte, tout comme les données qu’elle contient. Demander une carte sans puce serait donc la seule façon d’assurer à 100% ses arrières.
Les cartes de débit aussi
Interrogés par la FRC, la plupart des établissements suisses nous ont affirmé proposer encore des cartes sans fonction NFC. Cette «fleur» va-t-elle durer? Rien n’est moins sûr. Selon Urs Knapp, du service de presse de Swisscard, «les émetteurs de cartes de crédit équipent progressivement toutes leurs cartes pour le paiement sans contact. Par conséquent, la puce NFC sera omniprésente dans un proche avenir.» Un avis que partage Michel Gauthier, à la Banque Cantonale de Fribourg (BCF): «Les cartes sans fonction NFC encore en stock sont en sursis. Toutes les nouvelles cartes sont équipées de manière standard, et les émetteurs de cartes, à l’affût des dernières nouveautés, ne vont certainement pas revenir en arrière.»
Le fondé de pouvoir de l’établissement fribourgeois ajoute que les cartes de débit – type Maestro – seront, elles aussi, équipées à terme. Au sein de la banque, cela pourrait intervenir cette année déjà. Chez PostFinance, le lancement d’une carte dotée d’une puce NFC est prévu pour cet été. Inexorablement, l’étau se referme sur les consommateurs.
Dans le milieu bancaire, beaucoup balaient les critiques, considérant que les mécontents peuvent ne pas utiliser cette fonction et continuer à introduire leur code PIN. Mais cela ne résout ni le problème de l’utilisation de la carte en cas de vol ni la question du piratage des données.
La FRC monte au créneau
D’autres semblent plus réceptifs: Michel Gauthier précise que, sous la pression des clients, la possibilité de désactiver la fonction sans contact est à l’étude à la BCF. Quant aux clients de la future PostFinance Card, ils pourront désactiver la fonction NFC. La FRC vient donc de s’adresser aux banques et aux émetteurs de cartes pour qu’ils proposent systématiquement ce choix à leur clientèle.
La banque et les émetteurs qui proposent encore une carte de crédit sans NFC:
UBS | Basic Card à 40.- par année. Elle n’est pas proposée dans les paquets bancaires. |
Viseca | Carte Basic à 30.- par année. |
CornerCard | Diners Card gratuite la première année puis 150.- par année. |