Enquête

Les pharmaciens peu réveillés face aux insomnies

Septante pharmacies romandes ont été testées afin de jauger la qualité de leurs conseils face à des problèmes de sommeil. Les résultats se révèlent peu satisfaisants.
Santé Médicaments

Archive · 05 juin 2012

Photo: Francesca Palazzi

C’est l’un des maux les plus courants dans les sociétés industrialisées: l’insomnie. Des nuits blanches qui, si elles restent isolées, ne nécessitent pas forcément une consultation chez le médecin. Le plus souvent, on commence par recourir à la pharmacopée, les remèdes étant nombreux, à en juger par l’offre abondante dans les rayons des officines.

Mais qu’en est-il du conseil dispensé par les pharmaciens? Consacrent-ils du temps à l’écoute de la personne venue chercher de quoi juguler son manque de sommeil? Quel type de médicaments, et surtout quels conseils privilégient-ils? Au total, 70 pharmacies, réparties dans toute la Suisse romande, indépendantes ou faisant partie d’une chaîne, ont été scrupuleusement visitées par 21 enquêteurs bénévoles de la FRC durant le mois d’avril, et ce de manière anonyme.

Au préalable, un scénario d’enquête élaboré avec la complicité de pharmaciens et le soutien de PharmaSuisse, la faîtière de la branche. Pour nos candidats à la somnolence, il s’agissait de suivre un protocole précis. A savoir évoquer des problèmes de sommeil survenus depuis une dizaine de jours, sans difficulté à s’endormir mais avec des réveils nocturnes fréquents, dont la conséquence est de compter longuement les mouches au plafond… En cause, une situation particulière: examen, hospitalisation d’un proche, nouvel emploi... Etat général de santé bon. Aucun symptôme de dépression. Et afin d’éprouver toute la palette des traitements, l’enquêteur a prétexté être dubitatif quant aux vertus des médecines «douces». Enfin, pour corser le tout, du Benocten, un antihistaminique, aurait été utilisé par le faux insomniaque durant cinq ou six jours, sans effet!

Précisons-le aussi: cette enquête ne préjuge pas de l’aspect purement médical du traitement censé apporter un sommeil réparateur. L’objectif de la FRC étant d’observer la qualité et la véracité des conseils du pharmacien, quel que soit le produit proposé en définitive, ainsi que sa propension à utiliser la marge de manœuvre que lui confère la loi. Car celui-ci, s’il estime que la situation l’exige, a le droit de vendre des médicaments de liste B (avec ordonnance), comme c’est le cas pour les somnifères ou les tranquillisants, même si le client n’a pas la bénédiction du médecin.

Recours massif aux antihistaminiques

Parmi les réflexes sains, soulignons que les premiers conseils des pharmacies débutaient par des propositions soft (tisanes, homéopathie, phytothérapie). Mais le reste de nos résultats est peu satisfaisant. En particulier en ce qui concerne le peu d’enseignes (31 sur 70) s’étant enquis au préalable de l’hygiène de vie, de simples mauvaises habitudes pouvant nuire au sommeil. Autre mauvais point: le recours massif aux antihistaminiques (35 ventes); 20 pharmacies ont même conseillé de forcer la dose, ce qui n’est d’aucune utilité, sauf pour les problèmes d’endormissement, ce qui n’est pas le cas ici. Cela dénote un certain manque d’empressement de la part de ces professionnels à tout mettre en œuvre pour aider un client. Ou quand l’empathie fait défaut…

Nos enquêteurs seraient-ils tous tombés sur une assistante, forcément moins à même de les conseiller? Dans ce cas, et au vu de notre scénario, la bonne pratique aurait été que celle-ci sollicite l’avis du pharmacien. Seules 23 assistantes l’ont fait, et sept pharmaciens ont pris le relais, ce qui représente de trop faibles proportions. De plus, sur un total de 70 officines, seules 17 ventes ont été effectuées par le pharmacien lui-même, dont plus de la moitié pour un produit non pertinent (antihistaminique). Et si 66 officines ont refusé de vendre des somnifères ou des tranquillisants, quatre pharmaciens ont finalement accepté. Le hic, c’est que les conseils accompagnant la vente n’ont pas été à la hauteur des standards professionnels. Aucun pharmacien n’a, par exemple, mis en garde contre la prise simultanée d’alcool! Et seul un pharmacien sur quatre a apposé la posologie, geste pourtant exigé par la loi, ou a évoqué les problèmes de dépendance induits par une trop longue consommation de benzodiazépines.

Télécharger le tableau complet des pharmacies visitées
Enquête pharmacies, résumé des résultats

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