Article : Crédit

Les jeunes, la pub et l'argent virtuel

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30.8.2009, Carole Pirker, Florence Bettschart

80% des personnes endettées ont contracté leur premier emprunt avant 25 ans



Avec l’apparition des cartes de crédit à bas coût, voire sans cotisation annuelle, le recours à l’argent virtuel s’est banalisé. En dix ans, le volume dépensé en Suisse par cartes de crédit a doublé, pour dépasser 22 milliards de francs en 2008.

Ces nouveaux sésames de la consommation sont venus s’ajouter à la publicité toujours plus agressive des instituts de prêt pour les crédits à la consommation et les leasings, dont la FRC réclame l’interdiction. En parallèle, le matraquage publicitaire incite le consommateur à changer souvent de portable, de lecteur MP3 ou d’ordinateur. Enfin, acheter est désormais accessible par un simple clic de souris.

Autant de facteurs qui expliquent pourquoi 80% des personnes endettées contractent leur premier emprunt avant 25 ans.

Cinq mille francs de crédit pour un gymnasien de 20 ans!

« Mon fils Mathias* a fait une demande de carte de crédit, témoigne la mère d’un jeune de 20 ans. Malgré l’absence de justificatifs de revenus, PostFinance lui en a accordé une, dont la limite a été fixée à 5000 fr. Or il est au gymnase, et le seul argent dont il dispose est son argent de poche. N’est-il pas inconscient de confier de l’argent virtuel à des gosses qui n’ont pas de revenu? Quand j’ai interpellé PostFinance, on m’a répliqué: « Mêlez-vous de ce qui vous regarde, votre fils est majeur! »

Aucun document exigé

« Normalement, un jeune doit avoir un revenu régulier pour qu’on lui octroie une carte de crédit, explique Marc Andrey, porte-parole de PostFinance, mais nous n’exigeons pas de documents à l’appui d’une telle demande. Le client est responsable des informations qu’il donne. S’il abuse de notre confiance, ce n’est pas de notre responsabilité. » Autrement dit, c’est à lui d’en supporter les conséquences. La mère de Mathias a donc décidé d’utiliser une partie de la pension alimentaire qu’elle reçoit pour son fils et rembourse 250 fr. par mois pour liquider sa dette. « On ne cesse de parler du surendettement des jeunes. J’ai toujours expliqué à mes enfants qu’on ne dépense que ce que l’on a. Visiblement, le message n’a pas passé, et je remercie PostFinance pour l’aide qu’ils m’ont apportée au niveau de ma crédibilité de maman », ironise-t-elle.

* Nom connu de la rédaction

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