Responsabilité des plateformes
Les consommateurs ne sont pas protégés contre les arnaques financières en ligne
Google, TikTok et Meta ne luttent pas suffisamment contre la prolifération d’arnaques en ligne alors qu’elles en tirent des revenus colossaux, selon les conclusions d’une vaste enquête européenne. De son côté, la FRC interpelle les autorités suisses pour leur demander de renforcer la loi.
21 mai 2026
Aurélie Gigon
Responsable juridique
Sevan Pearson
Responsable Économie
Environ 4,2 milliards d’euros: c’est le montant estimé des pertes subies en Europe en raison de pratiques frauduleuses dans le domaine des services et conseils financiers en ligne. En plus des dommages pécuniers, ces escroqueries entament la confiance dans les systèmes de paiement numériques.
Fort de ce constat, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), en collaboration avec ses membres issus de 27 pays, dont la FRC, a déposé plainte le 21 mai 2026 auprès de la Commission européenne et des autorités nationales compétentes. La cible de cette démarche judiciaire? Meta, TikTok et Google auxquels le BEUC reproche de ne pas avoir pris les mesures de lutte nécessaires contre la prolifération des publicités frauduleuses dans le domaine financier sur leurs plateformes, comme l'exige la loi.
En vertu du Digital Services Act (DSA) européen, les plateformes en ligne sont en effet tenues d'évaluer et de limiter les risques découlant de contenus frauduleux, y compris les escroqueries en ligne. Cela implique, entre autres obligations, d'assurer la transparence concernant les publicités et les annonceurs, de fournir des moyens efficaces pour signaler les escroqueries, et de prendre des mesures rapides pour retirer les annonces suspectes de leurs services.
Plus de 200 millions de consommateurs touchés
L'opération du BEUC, appelée «Sponsored by scammers» («Sponsorisé par des arnaqueurs»), s’appuie sur une vaste enquête réalisée entre décembre 2025 et mars 2026. Les organisations de consommateurs participantes ont signalé près de 900 cas identifiés comme probablement frauduleux. Les résultats montrent que les escroqueries financières restent répandues sur ces plateformes et que celles-ci ont omis de prendre des mesures correctives efficaces. En effet, seules 27% des publicités jugées problématiques ont été retirées, tandis que 53% des signalements ont été rejetés ou tout simplement ignorés.
Les associations de consommateurs ont ainsi constaté de flagrants écarts entre ce que les plateformes déclarent publiquement faire et la réalité vécue par les utilisateurs sur leurs interfaces. Cela signifie que des centaines d'escroqueries financières sont toujours en cours, touchant chaque mois plus de 200 millions de consommateurs sur tout le territoire européen.
C’est pourquoi le BEUC demande des mesures fortes: accélération des enquêtes, obligation de mise en conformité immédiate des plateformes et sanctions financières en cas de non-respect persistant de la législation.
Sans régulation forte, les plateformes continueront à privilégier les revenus publicitaires plutôt que la protection des consommateurs.
Sophie Michaud Gigon
Secrétaire générale de la FRC
De son côté, la FRC rappelle que la Suisse n’est pas à l’abri de ces arnaques, comme le témoignent des témoignages concernant des pseudo-investissements étatiques garantis proposés en ligne ou encore des détournements de l’image de personnalités publiques pour inciter à placer son argent dans des établissements douteux.
La Suisse doit faire mieux
Pour notre association, la responsabilisation des plateformes est un combat phare depuis plusieurs années. Au cœur de ses préoccupations: les interfaces trompeuses, la sécurité des produits, les entraves à la liberté contractuelle, les pratiques commerciales déloyales et les insuffisances dans la protection des données personnelles. C’est pourquoi nous avons interpellé le Secrétariat d’État à l’économie (Seco) et le Département fédéral de justice de l'environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), en charge du projet de Loi sur les plateformes de communication (LPCom).
Les conclusions de cette enquête européenne sont autant d'enseignements pour la Suisse. Si notre pays veut se doter d'outils efficaces pour encadrer la publicité sur les plateformes de communication et responsabiliser ces dernières, il doit prendre en compte les expériences européennes et durcir son propre projet de loi.
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