Téléphonie

Le sort de l’analogique bientôt fixé ?

Swisscom passera au «tout numérique» d’ici à 2017. Un mouvement qui soulève des questions sur l’avenir du service universel.

Archive · 07 juillet 2015

2015 sonne le glas de l’analogique: une transition qui a un coût. Shutterstock / vita khorzhevska

Sale temps pour l’analogique. Après Cablecom qui a tiré la prise de la TV analogique ce printemps, c’est au tour de Swisscom de raccrocher: le géant bleu abandonnera la téléphonie fixe analogique et passera au «tout IP» d’ici à fin 2017. L’opérateur invoque l’évolution technique au niveau mondial. La fin de la concession de service universel attribuée à Swisscom en 2007 sonnera donc le temps des remises en question.

La concession sera remise au concours pour 2018. Et le message du géant bleu est clair: la téléphonie fixe analogique doit sortir du service universel. Du côté de l’OFCOM, on reconnaît que l’évolution technologique va dans ce sens, mais on ajoute que rien n’a encore été décidé. «Le contenu du service universel en 2018 n’est pas encore dessiné, souligne Caroline Sauser, porte-parole de l’OFCOM. On va se poser la question de sortir ou non de l’analogique, en tenant compte des arguments de Swisscom.» La décision finale est entre les mains du Conseil fédéral.

Des coûts en cascade

Outre la «tendance mondiale» en faveur de l’IP, des questions se posent. Comme la sécurité, la fiabilité du service: passant par un routeur, la téléphonie par IP est plus sensible aux bugs. Elle est dépendante de l’électricité, et sera donc aux abonnés absents en cas de panne de secteur.

Il y a aussi la question économique: même si Swisscom assène que la fin de l’analogique n’est pas une grande révolution, beaucoup vont devoir s’adapter. A commencer par les prestataires de téléphonie, comme Sunrise, forcés de suivre le mouvement. «Nous avons encore un grand nombre de clients en analogique, relève Fabrice Allegro, directeur marketing. Nous allons devoir investir dans de nouveaux produits, voire de nouveaux appareils.» Conséquence de ces investissements, Sunrise va augmenter ses coûts: dès le 1er août 2015, la taxe d’établissement de la communication passera à 20 centimes pour les clients sans forfait.

Autre effet collatéral, des milliers de systèmes d’alarme vont devoir être adaptés pour fonctionner sous IP, ce qui peut générer plusieurs centaines, voire des milliers de francs de frais. Notons que Swisscom s’est opportunément positionné sur le marché de la sécurité en mai, avec le lancement d’un kit de surveillance et un partenariat avec Securitas Direct. Les systèmes de télé-alarme, type Secutel dans le canton de Vaud, seront eux aussi impactés. Swisscom assure travailler à des solutions avec les acteurs de la branche.

Vieux téléphones épargnés

Reste le consommateur final. Selon Thomas Martinson, product manager voix chez Swisscom, plus d’un million de clients auront opté pour le «tout numérique» d’ici à fin 2015. Dans ce cas, le routeur devient l’élément central, distribuant les services. Pour ces clients, abonnés à des packs intégrant internet, TV et téléphone, la migration vers la téléphonie par IP sera transparente.

Et pour ceux qui n’aurait besoin que du téléphone? Swisscom prépare un petit boîtier ad hoc pour l’automne 2015. L’opérateur le fournira gratuitement aux clients qui en feront la demande: «Il n’y aura pas besoin de changer de combiné, il suffira
d’y brancher votre vieux téléphone.»

Quant au prix, il ne bougera pas par rapport à l’offre actuelle: 25 fr. 35, comme pour le raccordement EconomyLINE. Du moins jusqu’à fin 2017. Et après? «C’est le Conseil fédéral qui définit les prix plafonds», relève Thomas Martinson.

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