Îlot de cherté

Le contre-projet à l’initiative Fair Preise, une proposition alibi

Le Conseil fédéral vient de transmettre au Parlement sa proposition de contre-projet à l’initiative «Stop à l’îlot de cherté – pour des prix équitables». Même s'il a pris conscience du problème, son texte ne satisfait pas. Explications.
Enjeux collectifs Argent

Archive · 29 mai 2019

Le Conseil fédéral a pris conscience du problème de l'îlot de cherté. Malheureusement, son contre-projet à l’initiative «Stop à l’îlot de cherté – pour des prix équitables» passe à côté du sujet. En réponse à la consultation, la FRC avait déjà fait savoir que deux aspects principaux manquaient: l’interdiction de la géodiscrimination (pratiquer un prix plus élevé pour un consommateur suisse) et l’exclusion des entreprises actives uniquement sur le marché intérieur.

Premier problème: le Conseil fédéral reste attentiste et ne se préoccupe pas des intérêts des consommateurs et des PME qui doivent acheter plus chers des produits en ligne. En comparaison, l’Union européenne a pris des mesures pour contrer la discrimination au pouvoir d’achat. Par exemple, des cas nous sont parvenus concernant Zalando, où le même manteau était bien plus cher sur la plate-forme en .ch que sur la version en .fr. Il coûte parfois deux fois plus cher, mais son prix est en général 30% plus élevé: exemple suisse et pendant français. Notons encore que le produit, dans les deux cas, part du même entrepôt, en Allemagne.

Deuxième problème: seules les entreprises en concurrence avec l’étranger peuvent dénoncer des abus à la Commission de la concurrence (Comco). Or, de nombreuses entreprises ou administrations suisses se voient facturer des prix bien plus élevés sans être actives à l’étranger. C’est le cas du commerce de détail et des hôpitaux. Or, rien que pour les hôpitaux universitaires, les économies pourraient se chiffrer à plusieurs centaines de millions si les dispositifs médicaux ne coûtaient pas 2 à 4 fois plus chers qu’en Suisse!

Le contre-projet du Conseil fédéral rate donc sa cible. C’est désormais au Parlement de montrer qu’il a à cœur de défendre les intérêts des consommateurs et des PME suisses. Rappelons que les prix restent sensiblement plus élevés en Suisse qu’à l’étranger, comme l’a montré notre Baromètre des prix effectué en avril 2019.

Fausses actions
Conforama passe à la caisse

12 mois d'enquête et 6 ans de procédure judiciaire. L'enseigne versera 1,5 million à la collectivité pour des fausses promotions repérées et dénoncées par la FRC.
SI

Continuer ma lecture

Sucreries aux caisses - hero

Sucreries aux caisses

99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés par l’OMS

Les caisses des supermarchés exposent massivement les consommateurs, en particulier les enfants, à des produits malsains. La FRC a analysé plus de 2500 denrées situées près des sorties de 30 magasins en Suisse romande. Face à l’augmentation préoccupante du surpoids et de l’obésité chez les jeunes, il est urgent de prendre des mesures afin de modifier ce marketing irresponsable.
04 mars 2026 Sucreries aux caisses, stop!
Conforama

Prix barrés

1,5 million de francs pour de fausses actions: les dessous d'une saga judiciaire

Le public suisse est friand d'actions et d'offres promotionnelles, d'autant plus qu'elles sont fréquentes. Ce qu'il ignore souvent, c'est qu'elles sont peu régulées. Mais quand elles se révèlent fausses, elles deviennent aussi l'une des sources principales de plaintes à la FRC. Au point de pousser l'association à enquêter dès 2016 pour mettre fin à ces pratiques. Un effort qui aboutit à une condamnation de Conforama, sur le point de verser un montant historique de 1,5 million de francs à l'État de Vaud pour compenser les gains indus réalisés via des promotions trompeuses. À l'occasion du 15 mars, la Journée des droits des consommateurs, la FRC raconte les coulisses d'une saga judiciaire inattendue de plus de dix ans et pleine de rebondissements.
14 mars 2026 Fausses actions