Sécurité alimentaire
Lait infantile contaminé: la FRC demande des comptes
Les autorités suisses ont reçu une trentaine de signalements de bébés présentant des symptômes de maladie suite à la consommation de lait infantile en poudre. Comme les produits concernés ont été retirés du marché, les fabricants semblent considérer l’affaire comme terminée. Pour la FRC, le Conseil Fédéral doit se saisir du sujet.
04 mars 2026
Juliette Ivanez
Responsable Alimentation
En alerte depuis les premiers signalements européens, les autorités sanitaires suisses ont mené une campagne d’analyse, qui a confirmé la présence de la toxine dans deux produits Aptamil retirés du marché le 5 février dernier. L’OSAV a également testé 30 références n’ayant pas fait l’objet d’un rappel et toujours disponibles en magasin: aucune d’entre elles ne contenaient de céréulide. Les menaces immédiates à la santé semblent donc écartées. La vigilance reste toutefois de mise pour les familles possédant des boites de lait infantile achetées l’année passée ou tout début 2026: les numéros de lots doivent être vérifiés avant consommation.
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L’heure des comptes
Mais la FRC est d’avis que les fabricants ne devraient pas s’en tirer à si bon compte. Les autorités suisses enquêtent toujours sur 29 signalements de bébés présumés malades suite à la consommation de produits incriminés. Alors que s’ouvre la session de printemps, Sophie Michaud Gigon, Secrétaire générale de la FRC, a déposé le mercredi 4 mars une interpellation qui enjoint le Conseil Fédéral à faire toute la lumière sur les responsabilités dans le scandale des préparations pour bébés contaminées à la toxine céréulide. L’exécutif devra répondre aux interrogations suivantes: les fabricants ont-ils manqué à leurs obligations? Des sanctions seront-elles appliquées? Et surtout, comment mieux encadrer les substances dangereuses dans les denrées alimentaires destinées aux nourrissons? Alors que les articles concernés sont restés pendant des mois dans les supermarchés avant même que la toxine ne soit détectée, les leçons à tirer de cette crise sont nombreuses. Il s’agit de rétablir la confiance des consommateurs dans des produits de première nécessité, indispensables à de nombreuses familles.
La riposte juridique s’organise en France
De l’autre côté de la frontière, où trois décès suspects de nourrissons ont été signalés – un lien de causalité restant à établir avec la consommation du produit –, la réponse légale s’organise. Suite à de multiples plaintes de parents, et à une action en justice portée par l’association Foodwatch, le parquet de Paris a ouvert une enquête. L’investigation devra établir si les délits suivants ont été commis: tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme; inexécution par exploitant du secteur alimentaire de procédure de retrait d’un produit préjudiciable à la santé; mise en danger de la vie d’autrui par violation d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. Le 27 février, le ministère français de la santé a confirmé qu’un premier lien a été établi entre un nourrisson hospitalisé dans l’Hérault et l’ingestion de lait infantile contaminé.
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