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IA, dévoile-moi mes amours

Payer pour percer à jour les trahisons de son partenaire, un service qui a existé de tout temps. Mais on est bien loin des méthodes des détectives privés et de leurs appareils photo à téléobjectif Aujourd’hui, les suspicions de tromperie se vérifient sur fond de révolutions technologiques.

E-commerce … Protection des données

11 décembre 2025

Des sites, notamment Cheaterbuster, utilisent l’intelligence artificielle pour piller les données et photos partagées sur des applis de rencontres connues (Bumble, Hinge, Tinder, etc.).

Il suffit de fournir photo, nom, âge ou adresse de la personne recherchée. L’IA scanne toutes les bases de données de tous ces réseaux à la recherche de profils concordants. La plateforme fournit ensuite au client une analyse du profil (date de connexion, changements de profil, etc.). Elle offre également la possibilité d’interagir sous une fausse identité avec la personne visée grâce à un robot dans le but de la piéger. L’abonnement est facturé une vingtaine de francs.

Si le site existe depuis plusieurs années, des vidéos louant l’efficacité de l’outil pullulent sur les réseaux sociaux et lui ont récemment redonné un nouveau souffle. Pourtant, la démarche fait franchement froid dans le dos pour qui se préoccupe de la protection des données.

En s’inscrivant sur ces applications de rencontres, les membres consentent à publier des photos dans l’univers de la plateforme. En revanche, ils et elles n’ont pas consenti à leur stockage sur les serveurs de services tiers et à leur détournement. D’autant que le danger est bien réel. N’importe qui peut solliciter une recherche en quelques clics: un ex violent, un futur employeur déplacé ou un harceleur en possession de peu d’informations.

Une enquête du site 404 Media a par ailleurs confirmé que les localisations précises des personnes visées étaient divulguées. Des témoignages font état de faux positifs, interrogeant l’efficacité même du système. Selon les dernières informations, Tinder n’a pas réagi à cet usage détourné de ses bases de données.

Tinder puise dans les galeries photo

Tinder a introduit progressivement l’IA dans son interface. Avec la fonctionnalité «Chemistry», l’application de rencontres analyse, avec l’autorisation des utilisateurs, la galerie photo personnelle afin de «présenter des partenaires plus compatibles» et parer au désintérêt du swipe, à savoir le fait de pouvoir zapper rapidement entre les différents profils présentés. Une nouveauté qui soulève des questions concernant la vie privée, puisque Tinder ne précise pas l’avenir de ces informations: comment seront interprétées les données de la galerie? Où seront-elles stockées et pour combien de temps? Qui y aura accès?

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