Article : Pesticides

Champ libre pour le glyphosate

Glyphosate

27.11.2017, Laurianne Altwegg

Faisant fi des conclusions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’herbicide pourtant classé comme «probablement cancérogène» par l’instance de l’OMS restera autorisé en Union européenne comme en Suisse. Des décisions qui vont à l’encontre du principe de précaution prôné par la FRC.



Après un combat de longue haleine, l’autorisation du glyphosate a finalement été prolongée de 5 ans par les États membres de l’Union européenne le 27 novembre 2017. En Suisse, le Conseil fédéral n’a pas attendu la décision européenne pour renoncer à interdire la substance. Dans sa réponse à une motion du Groupe des Verts demandant d’édicter une interdiction de l’utilisation du glyphosate et des produits contenant du glyphosate valable au moins jusqu’en 2022, le Conseil fédéral coupe court à tout débat, estimant que la substance «ne présente pas de risque pour la santé humaine». Cette conclusion découle de l’analyse des denrées alimentaires effectuée par l’Office de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), réalisée pour déterminer l’exposition de la population à l’herbicide. Le Conseil fédéral en conclut que «les résidus mesurés sont très faibles et donc inoffensifs pour la santé».

De son côté, la FRC est loin d’être convaincue: d’une part parce que les résultats définitifs de l’étude ne sont pas encore publiés, mais surtout parce que les résultats partiels révèlent que 40% des aliments testés contenaient des résidus. Certes, les limites légales demeurent respectées, mais celles-ci ont été fixées sans tenir compte de l’évaluation du CIRC. De plus, l’effet cocktail lié à la consommation d’autres résidus de pesticides via l’alimentation reste inconnu à ce jour. La prudence reste donc de mise.

Pour les consommateurs qui souhaitent éviter les résidus de glyphosate dans leur assiette, il reste à opter en priorité pour des produits bio. Ils peuvent également se tourner vers les produits suisses puisque l’agriculture indigène n’utilise pas le glyphosate avant la récolte pour favoriser la maturation des cultures. Toutefois, de nombreux produits transformés ne mentionnent pas l’origine des matières premières qu’ils contiennent. Pour le savoir et pouvoir ainsi opter pour des ingrédients provenant de pays dont les pratiques agricoles sont les plus recommandables, les consommateurs peuvent signer la pétition lancée par la FRC. Ils soutiendront ainsi son action visant à demander aux fabricants et distributeurs suisses de déclarer la provenance de l’ingrédient principal sur leurs produits.

Par ailleurs, la FRC estime que le risque pour les jardiniers amateurs, souvent peu conscients des dangers lors de l’utilisation de produits de jardinage, est important. C’est pourquoi elle continue de défendre une interdiction de ce produit dans les rayons des jardineries, ainsi que de son utilisation dans les espaces verts publics où il est peu contraignant de s’en passer. Sur du plus long terme, elle estime également que l’agriculture aurait tout intérêt à réduire son utilisation et si possible à y renoncer. C’est pourquoi elle continuera de faire pression pour qu’une réflexion soit aussi menée de ce côté, par exemple dans le cadre du plan de réduction des pesticides de la Confédération.

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Interpellation des grands distributeurs

 
Nous demandons aux distributeurs

  • cesser le marketing agressif sur les fraises, mais également sur d’autres denrées hors saison, que ce soit en rayon ou dans les différentes publications destinées à vos clients (catalogues, magazines, journaux, newsletter, etc.) ;
  • renoncer à disposer les fraises espagnoles aux endroits stratégiques de vos points de vente, à savoir en face de l’entrée, sur des ilots dédiés, ou en tête de gondoles ;
  • ne pas recourir à des mises en scène pour vendre la fraise hors saison (à savoir jusqu’en avril), en l’associant par exemple à de la crème et des tartelettes. Une demande valable aussi pour d’autres denrées, comme les asperges du Pérou associées à de la mayonnaise, viande séchée ou autre ;
  • indiquer clairement, de manière bien visible et transparente le pays de provenance ainsi que les noms des producteurs de fraises importées, que ce soit sur les affichettes qui accompagnent ces fruits en rayon, dans les publicités ou sur le dessus des barquettes ;
  • ne plus utiliser de formulations qui peuvent induire en erreur le consommateur sur la saison de la fraise en Suisse. Une demande valable pour la mise en rayon, ainsi que toute publication ;
  • être en mesure de prouver toute allégation de durabilité concernant l’assortiment.

Les dates de la tournée romande #Ramènetafraise

29.05.21Marché de Boudry (NE)
01.06.21Marché de Neuchâtel (NE)
02.06.21Marché de La Chaux-de-Fonds (NE)
04.06.21Marché de Fleurier (NE)
05.06.21Gare de Lausanne (VD)
12.06.21Gare de Genève (GE)
08.06.21Place fédérale (BE)
12.06.21Marché de Delémont (JU)
15.06.21Gare de Delémont (JU)
19.06.21Marché de Fribourg (FR)
27.09.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
28.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
29.08.21Festi’Terroir Genève (GE)
29.08.21Objectif Terre Lausanne (VD)
09.09.21Semaine du goût Sion (VS)
25.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
26.09.21Concours suisse des produits du terroir Courtemelon (JU)
05.10.21Les Jardins du Flon, à Lausanne (VD)
16.10.21Epicerie fine Côté Potager, à Vevey (VD)