Métaux lourds

Cadmium: où en sommes-nous?

En France, une part croissante de la population française présente dans les urines une quantité trop importante de cadmium, métal lourd toxique. Qu'en est-il en Suisse?

Alimentation Agriculture Nourriture et boissons Sécurité alimentaire

20 avril 2026

champ de céréales

Les médias ont largement fait état de la contamination massive de la population française au cadmium. Qu'en est-il de la Suisse? État des lieux.

Pourquoi le cadmium est-il problématique? 

Le cadmium est classé comme cancérogène, mutagène (susceptible de provoquer des mutations de l'ADN) et toxique pour la reproduction. En cas d’exposition prolongée, il provoque des atteintes rénales, avec le risque à terme d’une insuffisance rénale et d’une fragilité osseuse. D’autres effets indésirables ont aussi été identifiés au niveau neurodéveloppemental et cardiovasculaire.

Comment sommes-nous exposés?

Principalement par l’alimentation, l’environnement, le tabac et les objets de consommation courante – par exemple des bijoux fantaisie, des protections menstruelles ou plus récemment des verres en plastique.

Pourquoi certains aliments contiennent-ils du cadmium?

En ce qui concerne les produits céréaliers, on sait qu’en France, ce sont principalement les engrais phosphatés qui sont à l’origine de la contamination des sols: ces fertilisants sont fabriqués à base d’une roche qui contient parfois naturellement beaucoup de cadmium. Le cadmium issu de la pierre se retrouve alors dans l’engrais, puis dans les champs et enfin dans les denrées alimentaires en bout de chaîne. Pour d’autres denrées comme le chocolat, dans certains pays où sont cultivées les fèves de cacao, les sols sont naturellement riches en cadmium, ce dernier migrant directement dans la plante. S’agissant des objets usuels comme les bijoux, ce sont là les procédés industriels qui peuvent engendrer la contamination. 

Quelle est la situation en Suisse?

La présence de cadmium est strictement réglementée dans les sols, dans l’eau, les denrées alimentaires et les objets usuels. Mais trop peu de données existent pour évaluer précisément la problématique du cadmium en Suisse. Dans le cadre de la phase pilote de l’Etude suisse sur la santé en 2023, les autorités sanitaires estiment que «la population suisse est exposée dans le même ordre de grandeur que les habitants d’Italie et d’Allemagne». Faute de financement, cette étude, qui ambitionnait de suivre une large cohorte à l’échelle nationale, a malheureusement été annulée en 2025. Via son observatoire des sols, l’OFEV relève en juillet 2025 que la concentration de cadmium dans les sols suisses «affiche une tendance à la baisse globale, c'est-à-dire sur l’ensemble des sites». L’office précise toutefois que la principale voie de d’introduction dans les sols est l'utilisation d'engrais phosphatés, comme en France. 

Que faire au niveau individuel pour limiter son exposition?

Nos confrères de l'UFC Que Choisir donnent quelques pistes, certaines concordant avec les recommandations nutritionnelles suisses:

  • Arrêter ou réduire le tabac
  • Limiter sa consommation de produits très contaminés par le cadmium: coquillages, algues, abats, chocolat
  • Réduire sa consommation de produits sucrés à base de blé tels que biscuits, gâteaux, céréales du petit-déjeuner 
  • Réduire sa consommation de biscuits salés et chips
  • Privilégier le label bio pour les produits végétaux
  • Adopter un régime équilibré, assurant de bons apports en fer et en calcium (qui protègent l’organisme des méfaits du cadmium), en particulier: 
    • en augmentant sa consommation de légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs…) 
    • en mangeant 2 à 3 portions de produits laitiers et une poignée de graines, noix, noisettes ou amandes chaque jour
    • en intégrant à son alimentation les poissons gras (sardine, anchois, harengs, maquereau…) 

Qu’en dit la FRC?

Au vu des sources et des modes de contamination décrits en France, il est peu probable que la Suisse soit totalement «hermétique» au problème du cadmium dans l’alimentation et les sols. Mais il est impossible de connaitre l’ampleur de la situation: les données manquent, et les financements qui auraient permis de les produire ont été supprimés. Nous avons interpellé les autorités sanitaires sur cette question pour les exhorter à donner un état des lieux factuel et complet.  

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