Santé sexuelle
Achat de préservatifs: les bons réflexes
L’Office européen de lutte antifraude a démantelé un réseau qui aurait écoulé plus de 200 000 préservatifs contrefaits. Tous provenaient d’un fournisseur chinois qui a prétendu exporter des jouets. L'occasion de rappeler quelques préceptes.
08 septembre 2026
Pas de préservatif sans certification «OK»! Ce label est gage d'une sécurité élevée.
Image: Shutterstock.com
Juliette Ivanez
Responsable Prévention
L a nouvelle est passée presque inaperçue. Des préservatifs contrefaits ont été saisis en Roumanie, en Serbie et en Espagne. Ils étaient vendus sous
le nom et le logo d’une marque très populaire. Le client, lui, n’a aucune garantie qu’un produit frauduleux réponde aux normes de sécurité (étanchéité, conservation, etc.). Et il s’expose à un risque d’infections sexuellement transmissibles (IST) ou de grossesse non planifiée. «En cas d’utilisation inadéquate, une rupture ou un glissement peuvent aussi survenir avec un préservatif conforme», prévient Alain Léo Pfammatter, conseiller
en santé sexuelle à la fondation Profa.
On reconnaît un produit sûr au marquage CE sur la boîte. Il garantit la conformité à la norme européenne. En Suisse, l’Association pour le label de qualité
des préservatifs décerne en sus le logo «OK» aux marques testant leurs produits avec des exigences plus renforcées.
La date de péremption et l’intégrité de l’emballage doivent aussi être vérifiées. «Mais, à eux seuls, ces éléments n’excluent pas la contrefaçon, précise l’expert. Laquelle peut reproduire des éléments de l’emballage original.» Si l’achat en ligne n’est pas synonyme de fraude, mieux vaut privilégier des sites de confiance (pharmacies, enseignes de grande distribution). On le rappelle encore, ce n’est pas parce qu’une adresse est en «.ch» que le revendeur est forcément suisse.
Pour l’utilisation, deux conseils clés à adopter: choisir une taille adaptée et utiliser un lubrifiant compatible. Un produit à base d’eau ou de silicone diminue le
risque de rupture ou de glissement.
Dépistage intensifié
Le préservatif reste un moyen de prévention efficace contre la transmission du VIH et des autres IST. Les données disponibles montrent une augmentation importante de certaines IST en Europe; une situation à nuancer pour la Suisse: si 17,7% de plus de cas de gonorrhée ont été déclarés en 2024 par rapport à 2023, les infections à chlamydia sont restées stables, tandis que l’incidence de la syphilis a diminué de 7,9%. Ces chiffres s’expliquent en partie par l’intensification du dépistage: «On teste davantage de personnes, certaines plus fréquemment, sur plus de parties du corps», précise Alain Léo Pfammatter.
En cas de besoin, le site Lovelife.ch indique le centre de dépistage près de chez soi. L’assurance-maladie prenant les frais en charge sous certaines conditions, mieux vaut en parler avec le professionnel de santé. Le dépistage se fait aussi dans certaines pharmacies ou même à domicile (kit à commander sur
Check-at-home.ch). Mais il est alors non remboursé.
Retour sur une norme
En 1989, la FRC confie 16 préservatifs à l’Empa, laboratoire fédéral expert en sciences des matériaux. En pleines années sida, on ne peut tolérer de risquer sa santé. D’où la conception du label «OK» assurer la clientèle d'un achat fiable. Seuls les condoms répondant aux exigences de ce label peuvent être importés La FRC a joué un rôle précurseur dans sa création. L'histoire de l'introduction de ce produit de consommation est à retrouver dans les archives de l'Association Suisse de normalisation. La FRC a été l'un des membres fondateurs de l’Association pour le label de qualité des préservatifs, qui regroupe aujourd'hui l'Aide Suisse contre le Sida (AHS) et Santé sexuelle suisse.
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