Article : Produits laitiers

Yogourt: à la recherche de la fraise perdue

Observatoire du sucre

31.5.2011, Barbara Pfenniger
Mise à jour le 05.12.2017

Que contient le yogourt préféré des Suisses? Un peu de fruit, du lait, des arômes, des colorants, des épaississants, parfois, et du sucre, toujours!



Mise à jour
En novembre 2017, les testeurs FRC sont retournés voir comment avait évolué l’assortiment des yogourts à la fraise. Pour constater que 19 des 33 produits trouvés en 2011 ont disparu et qu’une multitude de nouveautés sont apparues. Leur recette n’est pas plus saine. Mais quelques fabricants ont su renouer avec la simplicité… En savoir plus

Le Suisse aime les yogourts. Juste derrière le Scandinave, il est même le plus grand amateur de ces produits laitiers fermentés. En 2010, il en a mangé plus de 18 kilos, soit la bagatelle de 120 pots! D’ailleurs, les rayons des produits laitiers frais s’allongent un peu plus chaque année, et ce depuis les années 1970, lorsque les producteurs ont décidé de miser sur ce secteur prometteur, symbole de la nouvelle manière de consommer: un aliment toujours prêt et facile à manger. Parmi l’infinie variété de yogourts, ceux aux fraises font partie depuis de nombreuses années du hitparade des yogophiles.

A boire et à manger

Du lait, des fraises et un peu de sucre: c’est la composition que l’on attend de ce produit-là. La réalité répond-elle à cette attente? Pour le savoir, la FRC a analysé l’étiquette et le contenu en fruits de 19 yogourts et spécialités laitières vendues dans le grand commerce. Au final, seuls quelques produits y répondent.
Commençons par les bons élèves: tous les yogourts bio ainsi que ceux de la gamme pour enfants JaMaDu, de Coop, ne sont parfumés que par l’adjonction de fruits. Selon le règlement de Bio Suisse, les yogourts bio ne doivent en effet contenir ni colorant, ni jus colorant, ni arôme. Ils ne peuvent donc pas laisser croire à une teneur plus élevée en fruits. Etonnamment, cette qualité ne se paie pas réellement plus cher. Trois de ces produits se situent en dessous du prix moyen de 48 ct./100 g, alors que pour les yogourts importés il faut débourser 60 ct./100 g. Voilà de quoi contrer le préjugé selon lequel consommer suisse est plus onéreux.

Un fruit pour trois pots!

« De 5 à 15% de fraises », promettent les étiquettes, certaines mettant même l’accent sur les « bons morceaux de fruits » (Danone). Pourtant, nous avons trouvé plutôt 5,6 grammes en moyenne, ce qui correspond à un tiers de fruit exactement pour tout un yogourt… Il n’y a pas vraiment de quoi s’offrir « le plaisir d’un fruit dans un yogourt », comme le clame Yoplait.
Dans deux produits, nous avons trouvé un sépale. Nous voilà rassurés sur l’origine du fruit! D’autant que les morceaux gélatineux et transparents trouvés dans un autre y ressemblaient déjà beaucoup moins, sans parler du fragment d’abricot bien jaune trouvé dans un troisième. Notons tout de même que la fraise peut tout à fait être présente sous forme de purée ou de jus, des ingrédients que nous n’avons pas quantifiés.
En attendant, pour pallier le manque de fruits, presque tous les industriels ont misé sur des colorants et des arômes pour doper le produit final. Certains se satisfont de jus de betterave pour donner la couleur « fraise ». D’autres contiennent jusqu’à cinq colorants. Parmi ces derniers, certains sont connus pour déclencher des allergies chez les personnes sensibles, mais aucun produit ne contient de colorant azoïque mis en cause dans l’hyperactivité des enfants.

Trop de sucre

Quatorze articles sur dix-neuf contiennent des épaississants pour améliorer la sensation en bouche. Cela va du tapioca dans un produit bio à une panoplie de cinq additifs dont la plupart sont anodins, sauf deux (E412, E407) potentiellement problématiques pour les personnes sensibles. Pour rendre leur texture plus onctueuse, onze produits renferment de l’amidon modifié. Il s’agit d’un additif à base de maïs chimiquement ou thermiquement amélioré. Ce qui ne signifie pas maïs OGM, ce dernier devant être clairement déclaré comme « génétiquement modifié ».
Tous les gobelets de notre échantillon contiennent entre 9 et 12% de sucre. Les consommateurs avalent sans ciller l’équivalent de trois morceaux et demi de sucre en moyenne, selon la taille du pot.
Parlons enfin de leur provenance: notre sélection comporte douze articles provenant d’entreprises suisses, quatre de France, deux d’Allemagne et un de République tchèque. La plupart des yogourts helvétiques se parent d’un drapeau rouge à croix blanche pour se démarquer de la concurrence étrangère.


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