Voiture

Zone euro : des prix pas toujours francs

Avec le franc fort, acheter à l’étranger n’est plus forcément une bonne affaire.
Argent … Prix

Archive · 05 mai 2015

Pouvoir d’achat renforcé, capacité de négociation accrue: les rabais pleuvent. Shutterstock / Rawpixel

Le cours du franc suisse vis-à-vis de l’euro donne un sérieux coup de fouet au marché des véhicules de tourisme neufs. Selon Auto-suisse, l’association faîtière des importateurs automobiles, plus de 30 000 voitures neuves ont été immatriculées en mars, un chiffre record en cette période de l’année.

Le consommateur helvétique profite de son pouvoir d’achat renforcé pour acquérir des véhicules en provenance directe de la zone euro, mais aussi d’une capacité de négociation plus grande auprès des concessionnaires suisses. Rabais et remises pleuvent comme jamais. Du coup, la question: où vaut-il mieux faire ses emplettes?

Pour le consommateur, il existe trois moyens d’acquérir un véhicule neuf: en l’achetant en Suisse chez un concessionnaire agréé, en l’important d’un autre pays par ses propres moyens ou en faisant appel à des spécialistes de l’importation parallèle, lesquels ont littéralement fleuri dans tous les cantons frontaliers.

Pratiques peu transparentes

Car ces derniers attirent un nombre croissant de futurs acquéreurs, en affichant des prix semblant défier toute concurrence. «Les importations directes représentent désormais quelque 6 à 6,5% du marché des véhicules neufs, précise François Launaz, président d’Auto-suisse. Une situation que nous acceptons, pour autant que ceux qui ont recours à l’importation parallèle respectent les règles de la saine concurrence. Ce n’est pas toujours le cas.»

Il montre du doigt certaines pratiques peu transparentes, voire mensongères: des véhicules présentés comme neufs alors qu’ils ont déjà roulé, une garantie d’usine qui court déjà au moment de la vente, des rabais indiqués par rapport à des prix bruts prétendument pratiqués en Suisse, alors que le modèle de voiture n’est pas vendu sur le marché indigène... Résultat: certains consommateurs croient faire une très bonne affaire alors que leur bénéfice est moindre.

Négociez !

Reste que les conditions pour l’achat d’un nouveau véhicule sont actuellement exceptionnelles, quel que soit le canal de vente. «Avec la baisse de l’euro, les concessionnaires suisses pratiquent déjà des conditions tout à fait concurrentielles, avec 15 à 20% de rabais accordés systématiquement par rapport au prix catalogue, sans compter d’autres avantages comme le rabais de flotte, par exemple», estime François Launaz. Un récent article du magazine alémanique Beobachter montre que, sur les dix modèles les plus vendus, le différentiel de prix n’est plus que de 3% environ.

Et n’oublions pas que tout achat comporte sa part de négociation. Votre véhicule actuel peut-il être repris, et à quel prix, par le vendeur? Pouvez-vous négocier d’autres avantages, comme un train de pneus neufs ou des équipements supplémentaires? Au final, c’est bien la somme de tous ces éléments, et non la seule comparaison avec un prix catalogue théorique, qui vous dira si l’affaire est bonne.

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